Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘embaumé’

Dans la rue (Bian Shoumin)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Dans la rue, soudain un étal de fleurs:
Printemps où alternent pluie et beau temps
Mes doigts, soudain embaumés, n’y tiennent plus:
Ils confient à l’encre le soin de retenir le fugitif éclat

(Bian Shoumin)


Illustration: Nita Bertaudière

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

IL Y A QUELQUES MORTS… (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



Henri Lebasque nu-sur-tapis-rouge-date-inconnue-henri-lebasque [800x600] 

IL Y A QUELQUES MORTS…

Il y a quelques morts en ville, mon aimée,
C’est pour te l’annoncer que je viens justement,
Là, sur leur catafalque, — accablante journée
Les corps décomposés pourrissent lentement.

Les vivants errent, vont, décomposés aussi
Leur corps, toute leur chair est moite, transpirée ;
Cela sent le cadavre, ô douce bien-aimée,
Et ce jour, ton sein même a l’air plus amolli.

Verse sur les tapis des parfums enivrants,
Je veux te recouvrir de roses embaumées ;
Il y a quelques morts en ville, mon aimée,
Les corps décomposés pourrissent lentement.

(George Bacovia)

 Illustration: Henri Lebasque 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

COMME SI NOUS ETIONS REVENUS (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



 

Oskar Kokoschka bride-of-the-wind-1914.jpg!HD

COMME SI NOUS ETIONS REVENUS

Comme nous nous souvenons ou bien nous taisons,
Une lueur, un éclat de lumière nous accompagne,
Venant de la terre, de la chair, des choses.

Comme si nous étions morts et revenus.

C’est la mer aux mille lumières
Qui nous entourait, pénétrait en nous-mêmes,
Jusque dans le sommeil, jusque dans la chair.
Mer ineffable comme notre âme.

Sous ce toit-ci, à cette heure,
Avec ces mains, avec ces corps,
Nous nous sommes donnés l’un à l’autre dans la nuit.

(C’est une heure, c’est une nuit, et elles ne cessent pas
Le sommeil ne cesse pas, l’amour n’a pas de fin.)

Sur ce bois, dans cette lumière,
Sur ce bois, tu t’es appuyée, tu as regardé
Le sens matinal de l’arbre sans feuilles,
L’arbre le plus solitaire et le plus silencieux entre tous les arbres.

(Les arbres auront-ils jamais à rendre compte ?)

Tu m’as regardé dans les yeux, tu me regardes,
Ton visage est resté sur mon visage.

Tout le temps s’est embaumé, l’air s’est embaumé.

(Georges Themelis)

Illustration: Oskar Kokoschka

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le chat (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018


IMGP3534

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu’un soir
J’en fus embaumé pour l’avoir
Caressé une fois, rien qu’une.

C’est l’esprit familier du lieu;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire;
Peut-être est-il fée, est-il Dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

(Charles Baudelaire)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 8 Comments »

Le réveil (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

Tranquillo Cremona   rl

Le réveil

Sur ce lit de roseaux puis-je dormir encore ?
Je sens l’air embaumé courir autour de toi ;
Ta bouche est une fleur dont le parfum dévore :
Approche, ô mon trésor, et ne brûle que moi.
Éveille, éveille-toi !

Mais ce souffle d’amour, ce baiser que j’envie,
Sur tes lèvres encor je n’ose le ravir ;
Accordé par ton coeur, il doublera ma vie.
Ton sommeil se prolonge, et tu me fais mourir :
Je n’ose le ravir.

Viens, sous les bananiers nous trouverons l’ombrage.
Les oiseaux vont chanter en voyant notre amour.
Le soleil est jaloux, il est sous un nuage,
Et c’est dans tes yeux seuls que je cherche le jour :
Viens éclairer l’amour.

Non, non, tu ne dors plus, tu partages ma flamme ;
Tes baisers sont le miel que nous donnent les fleurs.
Ton coeur a soupiré, viens-tu chercher mon âme ?
Elle erre sur ma bouche et veut sécher tes pleurs.
Cache-moi sous des fleurs.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Tranquillo Cremona

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Psyché, ma soeur (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne…
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux.
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor… Personne
N’est plus heureux, ce soir, n’est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l’ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s’apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d’or.

C’est notre heure éternelle, éternellement grande,
L’heure qui va survivre à l’éphémère amour,
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d’un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m’attendrez plus,
Quand d’autres, s’il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu’un soir nous vécûmes ensemble
L’heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche, à l’épaule qui tremble,
L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu’un soir, couchés sur notre couche
En caressant nos doigts frémissants de s’unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Psyché (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Psyché

Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne…
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor…Personne
N’est plus heureux ce soir, n’est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l’ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s’apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d’or.

C’est notre heure éternelle, éternellement grande,
L’heure qui va survivre à l’éphémère amour
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d’un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m’attendrez plus,
Quand d’autres, s’il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu’un soir nous vécûmes ensemble
L’heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche,à l’épaule qui tremble,
L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu’un soir, couchés sur notre couche,
En caressant nos doigts frémissants de s’unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.

(Pierre Louÿs)

Illustration: François Gérard

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Médailles antiques (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



A sea nymph  *oil on canvas  *114 x 195.5cm  *signed b.r.: Falero / 1892

Médailles antiques

Celui-ci vivra, vainqueur de l’oubli,
Par les Dieux heureux! Sa main sûre et fine
A fait onduler sur l’onyx poli
L’écume marine.

Avec le soleil, douce, aux yeux surpris,
Telle qu’une jeune et joyeuse reine,
On voit émerger mollement Kypris
De la mer sereine.

La Déesse est nue et pousse en nageant
De ses roses seins l’onde devant elle;
Et l’onde a brodé de franges d’argent
Sa gorge immortelle.

Ses cheveux dorés aux flots embellis
Roulent sans guirlande et sans bandelettes;
Tout son corps charmant brille comme un lys
Dans les violettes.

Elle joue et rit; et les gais dauphins,
Agitant autour nageoires et queues,
Pour mieux réjouir ses regards divins
Troublent les eaux bleues.

II
Les belles filles aux pressoirs
Portent sur leur tête qui ploie,
A pleins paniers, les raisins noirs;
Les jeunes hommes sont en joie.
Ils font jaillir avec vigueur
Le vin nouveau des grappes mûres;
Et les rires et les murmures
Et les chansons montent en choeur.

Ivres de subtiles fumées,
Les vendangeurs aux cheveux blancs
Dansent avec des pieds tremblants
Autour des cuves parfumées;
Et non loin, cherchant un lit frais,
Éros, qui fait nos destinées,
A l’ombre des arbres épais
Devance les lents Hyménées.

III
Ni sanglants autels, ni rites barbares.
Les cheveux noués d’un lien de fleurs,
Une Ionienne aux belles couleurs
Danse sur la mousse, au son des kithares.
Ni sanglants autels, ni rites barbares:
Des hymnes joyeux, des rires, des fleurs!

Satyres ni Pans ne troublent les danses.
Un jeune homme ceint d’un myrte embaumé
. Conduit de la voix le choeur animé;
Éros et Kypris règlent les cadences.
Satyres ni Pans ne troublent les danses:
Des pieds délicats, un sol embaumé!

Ni foudres ni vents dont l’âme s’effraie.
Dans le bleu du ciel volent les chansons;
Et de beaux enfants servent d’échansons
Aux vieillards assis sous la verte haie.
Ni foudres ni vents dont l’âme s’effraie:
Un ciel diaphane et plein de chansons!

(Leconte de Lisle)

Illustration: Luis Ricardo Falero

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Nous

1
Sur la route de Vincennes
Par Grenoble et Montauban
Près du Havre et Valenciennes
J’ai rencontré des enfants
Qui m’ont accueilli
Par ces cris:

{Refrain}
Où allez-vous ? Où allez-vous ?
Qui êtes-vous
Parmi les autres ?
Avec les autres?
Ou avec nous ?
Nous vous tendons notre main,
Mais passez votre chemin,
Si vous avez besoin
D’une nounou,
D’un percepteur,
D’un directeur,
Pour votre goût!
Si vous aimez les coups
Sur votre jou(e)
Et tout et tout,
Si vous vous mettez à genoux
Devant les fous
Vous n’êtes pas avec nous!
Mais si vous avez du coeur
Et de l’ardeur
Si vous aimez vivre
Et si les vieux livres
Et si les gros sous
Ne sont pas tout
Pour vous
Vous êtes avec Nous.
Vous êtes avec Nous.

2
Plus loin près de la fontaine
Deux belles m’ont appelé
Le vent soufflait dans les chênes
L’air était tout embaumé
Et elles m’ont dit
À grands cris: {Refrain}

3
Au milieu des champs de vignes
Des vieillards à l’oeil joyeux
Qui me faisaient de grands signes
M’offrir’nt un vin délicieux
Ah! ça c’est gentil!
Ils m’ont dit: {Refrain}

4
Lorsque j’entrai dans la ville
J’aperçus des ouvriers
Jean, Jacques, Pierre et Emile
Avec qui j’ai déjeuné
Oui mais ils m’ont dit
Mon ami:

5
Et maintenant par le monde
Je marche avec des amis
Et le soleil à la ronde
Éclaire tous les pays
Mais à tous je dis
Mes amis: {Refrain}

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les roses de Saadi (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir;

La vague en a paru rouge et comme enflammée:
Ce soir, ma robe encore en est toute embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

(Marceline Desbordes-Valmore)


Illustration:
Fabienne Contat

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :