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Posts Tagged ‘embaumée’

Oui ! c’était une fête (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



 

Armand Point  légende dorée via french-painters.blogspot.com [1280x768]

Oui ! c’était une fête, une heure parfumée ;
On moissonnait nos fleurs, on les jetait dans l’air ;
Albertine riait sous la pluie embaumée ;
Elle vivait encor ; j’étais encore aimée !
C’est un parfum de rose… il n’atteint pas l’hiver.

Du moins, n’irai-je plus dans l’enclos de ma mère ?
N’irai-je plus m’asseoir sur les tombes en fleurs ?
D’où vient que des beaux ans la mémoire est amère ?
D’où vient qu’on aime tant une joie éphémère?
D’où vient que d’en parler ma voix se fond en pleurs ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Armand Point

 

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Jasmin (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Jasmin

Le jasmin est la fleur que j’aime;
elle est embaumée comme l’haleine des houris.
Quand j’étais riche j’avais dans mes vastes jardins
des bosquets de jasmin qui s’arrondissaient en berceau.

Maintenant je suis pauvre, et le jasmin, mon ami,
entoure ma fenêtre et la protège contre les ardeurs du soleil.
Le jasmin est blanc comme le lis, il est rouge comme la grenade,
il est couleur d’or comme le soleil.
Le jasmin prend toutes les couleurs, pour se faire aimer.

Qui n’aimerait pas le jasmin!
C’est la tente des amants, la joie des abeilles,
le charme des yeux, le parfum des nuits sereines.
O Jasmin, tu as protégé mes jeunes amours,
tu verses ta fraîcheur sur ma vieillesse;
ton odeur me rajeunit, tes fleurs réjouissent ma vue!
Que les Péris te protègent et viennent elles-mêmes,
chaque matin et chaque soir, ranimer tes fleurs de leur souffle!

(J.J. Grandville)

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ODE D’AMOUR (Missak Medzarents)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



ODE D’AMOUR

La nuit est douce, la nuit est délicieuse
Ointe de hashish et embaumée ;
Par le chemin de lumière, moi je passe, ivre
La nuit est douce, la nuit est délicieuse…

Des baisers viennent, du vent et de la mer
Baisers de la lumière qui fleurit de tous côtés
Cette nuit est fériée, un dimanche pour mon âme
Des baisers viennent, du vent et de la mer.

Mais la lumière de mon âme peu à peu s’éteint
Ma lèvre n’a soif que de baiser…
C’est une nuit d’allégresse, de clarté lumineuse,
Mais la lumière de mon âme peu à peu s’affaiblit.

(Missak Medzarents)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Constantin Razoumov

 

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Aujourd’hui, je n’ai pas peur de la mort (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017



 

Aujourd’hui, je n’ai pas peur de la mort
Je ne saisis ni ce geste
ni ce regard
Je marche à l’ombre, sur la neige noire
embaumée par la chaleur des fleurs ensevelies
Tombe la pluie
comme les larmes de la mémoire
Ne sortez pas
restez chez vous avec la voix du tonnerre
et votre pénombre intérieure

Dans mes yeux, j’éteins la braise
Je n’ai peur ni de la mort ni de la douleur
car le bonheur ne se trouve
ni dans l’extinction ni dans l’éclosion de la vie

Le verre bleu recouvre les côtes
Avez-vous de l’encre noire
pour en façonner la mer
l’éclat des profondeurs ?

Je le connais bien
ce cri impossible, répété sans relâche
sous un ciel qui n’a jamais existé
Un enfant naît, l’absurde dure
et la guitare de la mémoire
s’acquitte des nouveaux impôts

(Aïcha Arnaout)

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

 

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Veilles-tu, ma senteur de soleil (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016



 

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Veilles-tu, ma senteur de soleil,
Mon arôme d’abeilles blondes,
Flottes-tu sur le monde,
Mon doux parfum de miel ?

La nuit, lorsque mes pas
Dans le silence rôdent,
M’annonces-tu, senteur de mes lilas,
Et de mes roses chaudes ?

Suis-je comme une grappe de fruits
Cachés dans les feuilles,
Et que rien ne décèle,
Mais qu’on odore dans la nuit ?

Sait-il, à cette heure,
Que j’entr’ouvre ma chevelure,
Et qu’elle respire ;
Le sent-il sur la terre ?

Sent-il que j’étends les bras,
Et que des lys de mes vallées
Ma voix qu’il n’entend pas
Est embaumée ?

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Duy Huynh

 

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Ah, comme j’ai de peine à songer (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



Ah, comme j’ai de peine à songer que demain
la peine d’aujourd’hui dont je croirais mourir
sera morte, embaumée en vivant souvenir
d’un vivable chagrin !

(Robert Mallet)

Illustration

 

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Vous pour qui j’écrivis (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2016



Vous pour qui j’écrivis

Vous pour qui j’écrivis, ô belles jeunes femmes !
Vous que, seules, j’aimais, relirez-vous mes vers
Par les futurs matins neigeant sur l’univers,
Et par les soirs futurs de roses et de flammes ?

Songerez-vous, parmi le désordre charmant
De vos cheveux épars, de vos robes défaites :
« Cette femme, à travers les sanglots et les fêtes,
A porté ses regards et ses lèvres d’amant. »

Pâles et respirant votre chair embaumée,
Dans l’évocation magique de la nuit,
Direz-vous : « Cette femme eut l’ardeur qui me fuit…
Que n’est-elle vivante ! Elle m’aurait aimée… »

(Renée Vivien)

Wikipedia: Renée Vivien

 

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SOIR (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016




SOIR

Je viens de voir ma bien-aimée
Et vais au hasard, sans desseins,
La bouche encor tout embaumée
Du tiède contact de ses seins.

Mes yeux voient à travers le voile
Qu’y laisse le plaisir récent,
Dans chaque lanterne une étoile,
Un ami dans chaque passant.

Chauves-souris disséminées,
Mes tristesses s’en vont en l’air
Se cacher par les cheminées,
Noires, sur le couchant vert-clair.

Le gaz s’allume aux étalages…
Moi, je crois, au lieu du trottoir,
Fouler sous mes pieds les nuages
Ou les tapis de son boudoir.

Car elle suit mes courses folles,
Et le vent vient me caresser
Avec le son de ses paroles
Et le parfum de son baiser.

(Charles Cros)

Illustration: Alex Alemany

 

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Le jardin clos de ma soeur (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2015




Le jardin clos de ma soeur
est un verger retiré
et l’on n’y voit point descendre
l’eau de roche bien scellée.
Mon verger brille de fruits
pleins de suc, de fruits dorés,
Mon verger ruisselle d’eaux
chantonnantes, pures, vives.
L’aloès, le cinnamome
et le nard sont lourds d’odeur.
Vienne à souffler l’aquilon —
La pluie en est embaumée.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

 

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