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Poésie

Posts Tagged ‘embellie’

Naufrage (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




    
Naufrage nie l’embellie
dont la rose est la trace.
Et tu fuis vers l’azur
que les mains recueillent
pour mieux nous ensevelir.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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L’homme-chêne (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




    
L’homme-chêne

Le temps pourtant était innocent
des blessures infligées au corps
battu de tempêtes et battant;
il connaît l’issue du combat

et l’embellie qui succède au gris.
Lui connaît la pluie, le noir,
l’éclair qu’appelle déjà la nuit.
Tapis dans la symbolique de sa mort
l’homme encore tentait sa vie

pour la clarté du jour et le brin
de lumière qu’allumait l’arbre rouge.
L’homme-chêne attaché au piquet
et que déracinerait le ciel.
Il lui resterait une phrase,
un mot à trouver

avant de se taire, il le dirait.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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MARÉES II (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018



Illustration
    
MARÉES II

A marée haute
Exécutant
Ses gammes
De gris ou d’embellies
L’océan versatile
Se joint au littoral

Témoins de ces manoeuvres
Les maisons se souviennent
De marins disparus

Un enfant pleure
Sa forteresse de sable

Et pour celui qui passe
Selon l’heure
Selon l’âme
La rade mène aux rivages
Ou dévoile l’inconnu

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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PESER (Béatrice Libert)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017



 

PESER

Ce soir nous dînerons de restes
Nous vivrons à l’étroit nous penserons peu dépenserons moins encore
n’ayant sou qui vaille en poche forcément cousue
Nous pèserons quelques noms très communs au coin de deux minutes éclair
Économisant les gestes il nous viendra peut-être un désir généreux
mais nous l’avalerons bien vite
Les vitres dessineront de faibles embellies embrochées par la nuit fatalement rapide
Et nous consumerons nos cris à la muette afin que rien de fort ou de miraculeux
ne nous arrive par un furieux hasard.

(Béatrice Libert)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Edouard Vuillard

 

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J’ai longtemps attendu (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Amedeo Bocchi
    
J’ai longtemps attendu sur le versant sud de la lumière
L’arrivée de l’aimée
Embellie des jours suspendus

J’ai imaginé sa voix
J’ai dessiné la grâce de ses mouvements
Je l’ai invitée dans mes rêves
Je l’ai habillée
Robes et kaftans d’Orient

J’ai marché sur le fil improbable du désir
Une rencontre c’est un peu de hasard
Le temps et le vide
La raison et l’absurde qui sourient

Il faut renoncer à comprendre
Prendre le train de la nuit
Les yeux fermés
Et la lumière au bout du tunnel

J’ai longtemps vécu d’espoir
Embarqué par l’illusion
Un doux mensonge à soi
Une promesse et du vent

Sur les lèvres gercées du temps
Sur le corps meurtri par l’attente
Dans la clarté des évidences
J’ai vu l’aimée
Avancer vers l’horizon où j’ai enfoui mon visage

L’ai-je vue ou imaginée
Je sais qu’elle existe
Je sais son sourire qui affole les regards
Je sais les yeux mouillés de brume
Les mains prêtes pour recevoir

Je sais qu’elle viendra un jour
Ramasser ce qui subsistera de mes solitudes
Elle m’emmènera là où on dépose
Les âmes et les armes.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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PREMIER BAISER (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017



    

PREMIER BAISER

tout doucement,
timidement

après une hésitation
et dans l’émotion

moment de magie
proche de l’embellie

ô … ce premier baiser

pareil à celui qu’Adonis
donna jadis à Astarté
dont le mythe nous dit
qu’il fut bien le premier

depuis
nuit et jour
je pense à ce baiser si doux
dont je garde le goût

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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LA VIE, COMME UN GLAÇON AMER (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



LA VIE, COMME UN GLAÇON AMER
A Louis Guillaume.

La vie, comme un glaçon amer
Qui n’en finit pas de fondre,
Se promène dans la bouche
La gorge et autres lieux d’ombre.

Impossible de savoir
Où s’en va cet équipage
Dont on se croyait le maître
Par la balle ou le couteau.

Impossible de savoir
Avant la grande embolie
Sur quelles plages de peau fine
Se lèvera l’embellie.

Mais tout de même on s’acharne
Dans les zones, les voiries
Et parfois, l’oreille au ventre
D’une femme, on croit entendre
Les phares tourner dans la nuit.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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Prière pour conjurer la pluie (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2017



Prière pour conjurer la pluie

La grenouille en rigole d’aise.
Il pleut sur la Seine et sur l’Oise.
Ô disciples de saint Nicaise, nés à Triel « emprès Pontoise »,

Saint Égobille et sainte Mille, intercédez auprès de Dieu,
pour qu’il nous chasse un peu des cieux, ces nues couleur de camomille.

On a l’onglée, cueillant la fraise, l’engourdie, cueillant les framboises.
Si cela continue, ma chaise saura trop ce « que mon cul poise ».

Sainte Mille et saint Égobille, natifs de Triel tous les deux,
je ne puis sortir ma famille, intercédez auprès de Dieu.

EXAUCEMENT

Une embellie ! — Soyons bons drilles.
Allons courir cette embellie. De tous côtés l’escargot brille.
Égobille et Mille — merci.

(Paul Fort)

 

 

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Invisible (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016



Invisible

elle approche ses mains de mon visage
ses mains nues
comme le vent.

Elle cherche du doigt
ma bouche mes paupières
elle écrit sur mes lèvres son nom de sang.

J’attends l’averse blonde,
l’orage,
l’embellie…

Rien d’autre que ses mains
qui volent
sous la lampe.

Son corps
est de l’autre côté de la terre,
de l’autre côté
du temps.

(Jean Joubert)

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Les ombellules (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



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Les ombellules

Les ombellules du cerfeuil sauvage
les mots appellent
nous entraînent derrière la fleur
jusqu’à son nom

volant vers l’ ombellule
l’esprit voyage
comme une libellule entre l’ombre
et le soleil
si belle
au-dessus des bulles
de l’étang

et du fond de quelles prairies
la berceuse
lullaby lullaby
sous les ombrelles fanées
de l’enfance

mais le cerfeuil sauvage
dresse sa tête couronnée
dont les yeux brillent soudain
dans les sombres forêts
de la mémoire
et entre les grands bois tordus
évidente
la croix

les mots s’éloignent
se mêlent
une embellie parmi les feuilles
et les ombelles
lullaby lullaby
le grand cerf au fond des âges
dont les yeux pleurent
quand une voix murmure
les ombellules du cerfeuil sauvage.

(Jean Mambrino)

 Illustration

 

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