Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘embellir’

UN BEAU POÈME (Maurice Couquiaud)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

UN BEAU POÈME

Un beau poème peut offrir aux murs de la réalité le pouvoir
des mots grimpants.
C’est sa façon de les embellir qui aide à les franchir.

*

Si je pouvais glisser un message dans le poème,
ce serait celui d’un charme secrètement inclus
dans la beauté du geste qu’il ne peut faire,
… mais qu’il suggère.

*

La vérité est rarement nue.
Elle aime les vêtements régionaux et les modes historiques.
C’est en tressant des ombres qu’elle habille nos certitudes.

*

S’attacher au néant, c’est, par méconnaissance, refuser
d’accorder plusieurs pentes à l’avenir.

*

Les gestes et les mots peuvent avoir une lointaine portée d’ogive.
L’amour est une arme de construction massive.

(Maurice Couquiaud)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Recueillement (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Nikiforos Vrettakos
    
Recueillement

Mes biens, c’est le monde entier.
Je les rassemble dans ce livre comme
le berger ses moutons quand le crépuscule tombe
sur le pré. Non pas qu’il fasse nuit, mais
nos jours sont divins, ainsi que les heures, divines
les minutes, leurs secondes. Quant à moi,
je ne me souviens pas bien, j’ai pourtant
je ne sais pas,
toujours l’impression
que quelqu’un m’a demandé
d’embellir le monde.

***

Περισυλλογή

Τα υπάρχοντά μου, είναι όλος ο κόσμος.
Τα μαζεύω σ’ αυτό το βιβλίο καθώς
ο τσοπάνος τ’ αρνιά του καθώς πέφτει το σούρουπο
στο λιβάδι. Όχι πως βράδιασε, αλλά
είναι θείες οι μέρες μας, οι ώρες τους, θεία
τα λεπτά, οι στιγμές τους. Κ’ εγώ
δε θυμάμαι καλά, όμως έχω,
δεν ξέρω
την εντύπωση πάντοτε
πως κάποιος μου ζήτησε
να ομορφύνω τον κόσμο

(Nikiforos Vrettakos)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Mon soleil
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NOCTURNE (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



 

peinture-canal-martin-paris-hiver -3 [1280x768]

NOCTURNE

J’habite les reflets d’un vieux canal qui tremble
Fenêtres sans rideaux faites de frissons d’eau
Palpitations des murs couverts de grands lambeaux
De dentelle menue que percent les oiseaux
Hirondelles d’été qui deviendront mouettes

On a levé le pont pour que le soleil passe
L’horizon comme un mort laisse un monde d’encens
Quelques notes
des gouttes
lentes à nous atteindre
A travers les rumeurs mal éteintes du jour
Un remorqueur entraîne les dernières lueurs

On n’allume plus les fanaux tout autour
De l’endroit où viendra se refléter la lune
Quand les arbres éteindront leur torche dans la brume

Comme un coucher de voiliers noirs au fond des eaux
La nuit n’a plus de mâts pour promener ses lampes
On tend partout des chaînes dont sonnent les anneaux

C’est la nuit le canal déjà rêve plus haut
Des noyés de naguère atteignent la surface

O nuit je sais qu’au loin la houle infranchissable
Qui errait sur les mers est maintenant en rade
On ne peut plus partir le canal est réduit
A cette flaque étroite égout du clair de lune
Beaux bateaux échoués dans la boue du port
Vous êtes condamnés ne cherchez plus le nord
Grands coquillages noirs on entend dans vos cales
Non le chant du travail mais la rouille qui râle

Le désespoir est une retraite salutaire
Un sommeil volontaire aux rêves dirigés
On ferme les yeux le temps d’y voir plus clair
On ouvre les yeux le monde est transformé

L’abîme s’ouvre à pic au bord de la fenêtre
Le balcon ne domine que le vide ou peut-être
Deux fleuves l’un de nuit l’un de lait l’un est mort
L’autre naît à peine ce n’est qu’un brouillard qu’une haleine
De la mer traversant tout le pays qui dort

Ces fleuves sont unis où l’homme en lui les mêle
Pour t’embellir ô nuit d’un pavillon rebelle

(Ernest Delève)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jeunesses qui se délivrent (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Jeunesses qui se délivrent

1
Nous sommes prêts à prendre place
Au dur travail comme au soleil
À continuer toutes les tâches
Qui embellissent le réel.

Refrain
Jeunesses qui se délivrent,
Créons pour l’avenir
Un monde où tous puissent vivre
Dans la joie de s’épanouir!
Un monde où tous puissent vivre
Dans la joie de s’épanouir!

2
Aînés qui nous frayez la route,
Aînés généreux, bâtisseurs,
Ce qui pour vous fut lutte et doute
Pour nous devient exemple clair.

3
Les meilleurs hommes de pensée
Déjà nous montrent le chemin.
Esclaves des fauteurs de guerre
Venez, sans vous ils ne sont rien!

4
Pourquoi tuer, pourquoi détruire,
À l’heure où le génie humain
Peut tout engendrer, tout produire,
Rien qu’en entrouvrant ses deux mains.

5
Jeunesse de partout, jeunesse!
Échappe à tes bourreaux menteurs,
Répands l’éternelle jeunesse
Des généreux et des sauveurs!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rêve d’une femme (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

John Byam Liston Shaw  1

Rêve d’une femme

Veux-tu recommencer la vie ?
Femme, dont le front va pâlir,
Veux-tu l’enfance, encor suivie
D’anges enfants pour l’embellir ?
Veux-tu les baisers de ta mère
Echauffant tes jours au berceau ?
– « Quoi ? mon doux Eden éphémère ?
Oh ! oui, mon Dieu ! c’était si beau ! »

Sous la paternelle puissance
Veux-tu reprendre un calme essor ?
Et dans des parfums d’innocence
Laisser épanouir ton sort ?
Veux-tu remonter le bel âge,
L’aile au vent comme un jeune oiseau ?
– « Pourvu qu’il dure davantage,
Oh ! oui, mon Dieu ! c’était si beau ! »

Veux-tu rapprendre l’ignorance
Dans un livre à peine entr’ouvert :
Veux-tu ta plus vierge espérance,
Oublieuse aussi de l’hiver :
Tes frais chemins et tes colombes,
Les veux-tu jeunes comme toi ?
– « Si mes chemins n’ont plus de tombes,
Oh ! oui, mon Dieu ! rendez-les moi ! »

Reprends-donc de ta destinée,
L’encens, la musique, les fleurs ?
Et reviens, d’année en année,
Au temps qui change tout en pleurs ;
Va retrouver l’amour, le même !
Lampe orageuse, allume-toi !
« – Retourner au monde où l’on aime…
O mon Sauveur ! éteignez-moi ! »

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: John Byam Liston Shaw

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dialogue (Adamis Jamyn)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



 

Adamov Alexey

Dialogue

Où sont tant de beautés que le printemps avait,
Ornement des jardins et des molles prairies ?
Où sont toutes les fleurs des campagnes fleuries ?
Où est le temps serein qui les coeurs émouvait ?

Où est le doux plaisir qui dans l’âme pleuvait
Durant les jeunes mois ? par qui les fantaisies
Des esprits généreux célestement nourries
Admiraient les effets que nature pouvait ?

Ces beautés maintenant mortes dessus la terre
Vivent en Artémis, qui les garde et les serre
Pour embellir ce tout de mille biens divers :

La face du printemps de là se renouvelle,
Le soleil y emprunte une clarté plus belle,
Et c’est le paradis de ce grand univers.

(Adamis Jamyn)

Illustration: Adamov Alexey

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MADRIGAL (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



Illustration: William Dyce
    
MADRIGAL

Non, jamais un chant plus flatteur
N’embellit deux lèvres de rose ;
La flûte avec moins de douceur
Vient chatouiller l’oreille qui repose ;

Ces accents que l’amour vous apprit à former
Se font entendre au cœur mieux qu’à l’oreille :
Heureux qui peut ouvrir cette bouche vermeille,
Et plus heureux cent fois qui peut vous la fermer !

(Evariste Parny)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon Dieu, que j’aime à baiser les beaux yeux (Pierre de Ronsard)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Mon Dieu, que j’aime à baiser les beaux yeux
De ma maîtresse, et à tordre en ma bouche
De ses cheveux l’or fin qui s’escarmouche
Si gaiement dessus deux petits cieux !

C’est à mon gré le meilleur de son mieux
Que ce bel oeil, qui jusqu’au coeur me touche,
Dont le beau noeud d’un Scythe plus farouche
Rendrait le coeur courtois et gracieux.

Son beau poil d’or, et ses sourcils encore
De leurs beautés font vergogner l’Aurore,
Quand au matin elle embellit le jour.

Dedans son oeil une vertu demeure,
Qui va jurant par les flèches d’Amour
De me guérir ; mais je ne m’en assure.

(Pierre de Ronsard)

Illustration: James Sant

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce qui embellit le désert c’est qu’il cache un puits quelque part… (Antoine de Saint-Exupéry)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



puits-desertjpg

J’ai toujours aimé le désert.
On s’assoit sur une dune de sable.
On ne voit rien.
On n’entend rien.
Et cependant quelque chose rayonne en silence…

– Ce qui embellit le désert, dit le petit prince,
c’est qu’il cache un puits quelque part…

(Antoine de Saint-Exupéry)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À Jenny (Napoléon Aubin)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2016



À Jenny

Je ne veux plus être fidèle,
Le changement fait le bonheur;
L’amour doit voltiger de belle en belle,
Le papillon de fleur en fleur.

J’avais, d’une trop aimable amie,
Fait choix pour embellir mes jours,
La croyant simple autant que jolie,
J’espérais être aimé toujours.
Mais ah! quel douloureux moment,
Lorsque je vis que bien souvent,
Le soir un autre amant
S’offrant,
Charmait celle que durant ma vie
J’aurais adoré constamment.
Je ne veux plus être fidèle,
Le changement fait le bonheur;
L’amour doit voltiger de belle en belle,
Le papillon de fleur en fleur.

Désormais, je n’aurai plus d’alarmes,
De transports, de soupçons fâcheux;
Mes yeux ne verseront plus de larmes,
Qu’au souvenir de jours heureux.
Oui, je suis sûr que chaque instant,
L’amour est un cruel tourment;
Pour un fidèle et constant
Amant,
Sa belle, à ses yeux, n’a de charmes,
Qu’autant qu’elle aime constamment.
Je ne veux plus être fidèle,
Le changement fait le bonheur;
L’amour doit voltiger de belle en belle,
Le papillon de fleur en fleur.

Cependant, si jamais l’infidèle
Revenait à moi quelque jour,
J’oublierais tout; car elle est si belle!
Toujours on pardonne à l’amour.
Mais je crains cet objet charmant :
Pourrais-je croire à ses serments?
Ne suis-je pas dès longtemps
Souffrant?
Je sais que jamais la cruelle
Ne saurait aimer constamment.
Je ne veux plus être fidèle,
Le changement fait le bonheur;
L’amour doit voltiger de belle en belle,
Le papillon de fleur en fleur.

(Napoléon Aubin)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :