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Poésie

Posts Tagged ‘emblème’

Il n’est pas de geste plus pur que de jeter quelque chose au vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



Il ne reste plus rien où aller.
Sommes-nous jamais allés quelque part?

Il ne reste qu’à sortir chacun de soi.
Ou à entrer comme si on sortait.

Ou à élever une parole neuve,
à se hisser sur elle
en attendant que le courant l’emporte.

Et si le courant lui aussi
nulle part n’emporte,
à jeter la parole au vide,
comme un emblème
de tout ce qui n’existe pas.

Il n’est pas de geste plus pur
que de jeter quelque chose au vide.

Au surplus, divers degrés d’inexistence
en se rencontrant peuvent éclairer peut-être
un peu d’existence où aller.

(Roberto Juarroz)


Illustration

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Le Diable Fait toujours bien tout ce qu’il fait! (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018


pyramide

Emblèmes nets, tableau parfait
D’une fortune irrémédiable,
Qui donne à penser que le Diable
Fait toujours bien tout ce qu’il fait!

(Baudelaire)

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Si nous hissons bien haut (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018



Illustration: Julia Perret
    
Si nous hissons bien haut notre emblème,
rien de brillant ne nous demeure étranger.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans les pierres (Roger Caillois)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
Dans les pierres ouvertes comme des livres,
je regarde des images sans légende,
comme celles du Mutus Liber,
dont les vieux alchimistes, fatigués des textes,
déchiffraient à la fin les emblèmes sibyllins.

(Roger Caillois)

 

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CÔTÉ JARDIN (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Illustration: Joy Laforme
    
CÔTÉ JARDIN

Dans le fond des jardins
Il y a mille sourires
Petits mots enfantins
Enrobés de soupirs.

Il y a mille parfums
Qui s’élancent en chantant
Dans l’air et les embruns
Silence et nuit au firmament.

Plaisir de l’aube qui s’évanouit
Et du bel astre tout silencieux
Dans le fond des jardins naquit
Un jour l’emblème du merveilleux

Fleurs et ronds d’eau
Choeur des oiseaux
Au fond des jardins
Tout est serein.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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ACCOMPAGNEMENT (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



 

Brad Kunkle   280

ACCOMPAGNEMENT

Les fifres de l’automne. Les eaux
vêtues pour un dernier bal
de robes chues, leur âme morte.

Notre mal
ailé — tremblant comme une abeille
toi, amour, et clé de la tombe
tous deux je vous brise, et recueille
au jardin que plus rien ne hante
sinon le geste de la vigne,
les ors ternis de vos emblèmes.

Mélodieux automne, si notre
course danse à tes fifres mêmes
et ne craint plus nulle atalante,
allons au bal des songes creux
pas à pas
pas à pas mon chien de silence.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Brad Kunkle

 

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La fleur d’eau (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Paul Chabas Painting 25

La fleur d’eau

Fleur naine et bleue, et triste, où se cache un emblème,
Où l’absence a souvent respiré le mot : J’aime !
Où l’aile d’une fée a laissé ses couleurs,
Toi, qu’on devrait nommer le colibri des fleurs,
Traduis-moi : porte au loin ce que je n’ose écrire ;
Console un malheureux comme eût fait mon sourire :
Enlevée au ruisseau qui délasse mes pas,
Dis à mon cher absent qu’on ne l’oubliera pas !

Dis qu’à son coeur fermé je vois ce qui se passe ;
Dis qu’entre nos douleurs je ne sens pour espace
Que ton voile charmant d’amitié, que toujours
Je puise dans ma foi les voeux que tu lui portes,
Que je les lui dédie avec tes feuilles mortes,
Frêles et seuls parfums répandus sur mes jours ;
Dis qu’à veiller pour lui mon âme se consume,
Qu’elle a froid, qu’elle attend qu’un regard la rallume !

Dis que je veux ainsi me pencher sous mes pleurs,
Ne trouver nulle joie au monde, au jour, aux fleurs ;
Que la source d’amour est scellée en mon âme,
Que je sais bien quelle âme y répondrait encor,
Dont je serais la vie, et qui serait ma flamme ;
Il le sait bien aussi : mais cette âme, elle dort ;
Elle dort dans l’absence où s’effeuille ma vie,
Où tu me dis pourtant que j’en serai suivie,
Et ranimée un jour. Mais qu’il nous faut encor,
Lui, brûler ; moi, languir pour contenter le sort.

Va donc comme un oeil d’ange éveiller son courage ;
Dis que je t’ai cueillie à la fin d’un orage ;
Que je t’envoie à lui comme un baiser d’espoir
Et que se joindre ainsi c’est presque se revoir !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Paul Chabas

 

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ATTENTE (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017




ATTENTE

Je l’ai guetté, ton pas, sur les marches du temple.
Le moindre bruit lointain résonnait dans mon coeur.
Est-ce Elle qui s’avance au-devant de mon ample
désir impérial de la prendre en vainqueur !

Ta chair est dans ma chair ; ton sang est dans mon sang.
De la synthèse naît l’âme des ordalies.
La neige fond avec l’ébène incandescent.
Contraste harmonieux ! Hautes anomalies !

L’antithèse a charmé l’augure hypnotisé.
Les rites de l’épreuve ont tout exorcisé.
Je suis l’élan jailli du flanc noir des Tropiques

Et toi, la fleur de serre au long des blancs frimas :
Le miracle nous vient de nos propres climats
D’avoir eu la beauté des rêves utopiques.

*

Nous voici de nouveau face au lac de nos rêves.
Au silence s’unit un crépuscule pur.
Ma main cherche ta main par des caresses brèves.
La lune est pleine à faire éclater tout l’azur.

Quelles vagues d’extase ensemble nous soulèvent
et nous transportent jusqu’au champ des astres d’or.
Sur terre et dans les cieux, tous les amants sont morts :
Il nous revient, ce soir, d’assurer la relève.

L’héroïne, c’est toi dont j’annonce le titre
aux siècles éblouis par ta fière beauté.
Notre amour remplit seul tout le dernier chapitre

du livre que les dieux pour l’homme ont inventé ;
et pour nous être aimés comme jamais l’on aime
ils nous marquent du sceau de leur plus bel emblème !

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Sabin Balasa

 

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NEUF MÉDITATIONS SUR LE BLANC (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Roman Scheidl   
    
NEUF MÉDITATIONS SUR LE BLANC

sur le blanc
un corps d’arc-en-ciel
s’offre au vide

sur le blanc
ni ciel ni terre
seul un sillage sans fin

sur le blanc
le cri du froid
en coup de foudre

sur le blanc
les bâtons de fée
prennent l’air au bond

sur le blanc
éclair et flèche
un crissement de vif

sur le blanc
un emblème de nerfs
les foulées en orbite

sur le blanc
une sphère de solitude
sourit aux avalanches

sur le blanc
la houle des corps
attend la collision

sur le blanc
deux signes se contemplent
à la vitesse de l’abandon

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Sceptre (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2017



 Illustration

    

Sceptre septentrional
sceau des sceaux
la lune pur emblème
est née brandie
coiffée de rien
la brandissant.

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

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