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Poésie

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AUTOPSYCHOGRAPHIE (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



AUTOPSYCHOGRAPHIE

Le poète est celui qui feint.
Et il feint si parfaitement
Qu’il fait enfin passer pour feinte
La douleur qu’il ressent vraiment.

Et les lecteurs de ses écrits
Ressentent sous la douleur lue
Non pas les deux qu’il a connues,
Mais la seule qu’ils n’ont pas eue.

Ainsi, sur ses rails circulaires
Tourne, embobinant la raison,
Ce si petit train à ressorts
Que l’on a appelé le cœur.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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Incantation (Denise Miège)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



Je t’enlise, je t’enrobe, je te love, je te veux
Je te vise, te bombarde, et je te prends d’assaut.
Je ne te laisse pas le temps, je t’invite,
Je t’emperle, je t’envoûte, je t’attends.
J’ai tellement envie de toi.
Je t’envahis, je t’environne, je suis partout à la fois.
Je suis de tous les départs
Que tu prendras au hasard
Pour ne plus m’entendre te répéter que je t’aime
T’enlise, te veux, t’attends,
Te vise, te prends, te laisse,
T’embobine à chaque pas, te frise, te lisse , te lèche,
T’use et ruse, charme et louvoie.
Et du plus loin que tu sois,
Je suis ta dernière demeure
Et tu chemines vers moi.

Donner le change,
Tu n’en finis pas, ma tendresse murée.
Toute gouaille dehors, pourquoi cacher profond
Ta douceur de pollen? Tu n’es pas fait pour la mêlée!
Des animaux gracieux dorment dans tes prunelles,
S’éveillent à la caresse.
Même blessé, je t’aime, t’imaginant parfois soleil
D’une contrée heureuse.
Pourtant c’est quand tu mords à dents de loup
Les mots mieux que personne,
Beau parleur, que tu donnes le change
D’une légende dont rien ne te délivre.

(Denise Miège)

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Et moi, derviche (Joseph Brodsky)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



 

Et moi, derviche tournant dans ma chambre,
j’embobine autour de moi
son vide, afin que mon âme sache
quelque chose de ce que sait Dieu.

(Joseph Brodsky)

Illustration

 

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