Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘embrasée’

AUTOBIOGRAPHIE 29 (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

AUTOBIOGRAPHIE 29

« Celui qui entrevoit l’énigme du nihilisme
pourrait entrevoir aussi une étoile
qui file, et acquiesce. »
(K. Axelos, le Jeu du monde)

Chaque étoile
soudain embrasée
flamboie
ou file
traçant un arc de lumière fugitive
par-dessus le souffle du néant
et me laisse
seul près du roc
ou trébuchant
cherchant mon chemin à tâtons
par les sous-bois
avec
pour seul sentiment de l’existence
le frémissement d’un ventre animal

*

AUTOBIOGRAPHY 29
« The man who sees into the enigma of
nihilism, might also see a shooting star, and acquiesce. »
(K Axelos, le Jeu du monde)

Each star
in its own sudden fire
blazes
or shoots
in a fast fine curve of light
over the breathing emptiness
and leaves me
alone by the rock
or stumbling
groping my way
through the undergrowth
with only
the feeling of existence
as it trembles in an animal’s belly

(Kenneth White)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SUR L’ILE AUX OISEAUX (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



 

first_light_beaufort_island

 

SUR L’ILE AUX OISEAUX

Né du moi confus
du corps troublé et de l’esprit dément
né des pages du savoir
jetées au vent
né du vol de la mouette rieuse
et des échos de son cri
né des images embrasées
dans le sombre océan de la nuit
né de tant de contradictions
glace brûlante et feu gelé
le blanc, le vide, le nu
c’est cela que j’ai toujours recherché

***

Out of the personal chaos
the vagaries of body and mind
out of the leaves of knowledge
cast on the wind
out of the laughing gull’s throat
and the knife-edge of its flight
out of the blaze of images
in the black sea of night
out of the many contradictions
as of burning ice and frozen fire
the white, the empty, the naked
is what I desire

(Kenneth White)

Illustration
 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ils s’envolent, déjà ils sont en chemin, les mots de libération et d’amour (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



Ils s’envolent, déjà ils sont en chemin,
Les mots de libération et d’amour,
Avant les chansons, un trouble me prend
Et mes lèvres sont plus froides que glace.

Mais bientôt, là où des bouleaux gluants,
Se collant aux fenêtres, murmurent sourdement,
Les roses vont se tresser en couronne pourpre
Et j’entendrai les voix des invisibles.

Plus loin, une lumière généreuse à l’excès,
Comme un vin rouge qui brûle…
Déjà d’un souffle parfumé, chauffé à blanc,
Ma conscience est embrasée.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Ikenaga Yasunari

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

D’abord régnait la nuit (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



D’abord régnait la nuit. Des inconnus
bougeaient dans l’ombre, tu sentais
des ailes et des mains te questionner
dans un langage obscur.
L’oeil premier se leva.
De cette terre alors nul souvenir
hors d’une branche écarlate
embrasée sur le rivage.
Rien d’autre ne survit. Les témoins se sont tus.
La longue marche commençait,
le silence et l’effort contre le vent,
sous les plis de cette indestructible flamme.

(Jean Joubert)


Illustration: Sabin Balasa

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Nuage m’a dit (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2016




Le Nuage m’a dit : « Je m’évanouis »; la Nuit m’a dit : « Je plonge dans l’aurore embrasée. »

La Douleur m’a dit : « Je demeure dans le silence profond comme l’empreinte de ses pas. »

« Je meurs dans la plénitude », a dit ma Vie.

La Terre m’a dit : « Mes lumières baisent tes pensées à tout moment. »

« Les jours passent », a dit l’Amour « mais je t’attends ».

La Mort m’a dit : « Je mène la barque de ta vie sur la mer. »

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Odilon Redon

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

L’Héliotrope (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2016



L’héliotrope entr’ouvre à l’Orient sa fleur,
Où tremble en se jouant la lumière irisée,
Et sourit au travers de l’humide rosée,
Comme un bel oeil d’azur où se suspend un pleur.

Il est midi. La fleur par le soleil baisée,
Aspire avidement son ardente chaleur,
Le flamboyant amant, de sa lèvre embrasée,
La brûle et fait pâlir sa vivante couleur.

Enfin, toute flétrie, elle demande l’ombre;
Mais le Dieu, la criblant de ses flèches sans nombre,
Lui verse sans pitié son implacable jour.

C’est après ce destin que soupire mon âme,
Et dût-elle en mourir, ah! verse-lui ta flamme,
Soleil, ardent soleil de l’invincible amour!

(José-Maria de Heredia)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jardin d’ivresse (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016



Jardin d’ivresse

Amour Feu, mon brasier, ma déchirure, tu viens
d’en haut, tu viens d’en bas, de partout à la fois.
Je suis l’incendie, je suis la joie qui me consume.

Quel est ce Feu, cette combustion extatique et
sans Fin, cette ivresse embrasée ?

Au couchant de ma vie, tu jaillis ma folle
incandescence et la mort à l’horizon comme un
cri d’Amour exhale son triomphe. Quelle est cette
fusée qui explose en plein coeur et me donne
une puissance exaltante et cachée ?

Quand la peur de mourir, calcinée jusqu’à la
moelle n’est plus qu’une gerbe d’étincelles
enivrée de soleil, dans quels rires, dans quelles
transes, dans quelles Amours inconnues puis-je
encore me consumer ? Quand la mort se profile
et devient fleur au jardin de ma passion qu’ai-je
encore à découvrir, à cueillir ou donner ?

Danser la mort, danser la vie à tous les instants,
c’est danser la naissance d’un million d’éclats de
rire.

(Marianne Dubois)

son site ici

Illustration: Josephine Wall

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour comme (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2015


Comme un amas forestier la fille consentante.
Comme une source en haut de l’arbre la fille convoitée.

Comme une statue d’amiante une femme interdite.
Comme un ventre de jument une bouche embrasée.

Comme une rayure de quartz une femme attendant.
Comme un chaos de pierres une femme perdue.

Comme un cuivre qui luit l’épouse aimante.
Comme une branche reverdie la femme aimée.

(André Frénaud)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :