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Posts Tagged ‘embraser’

LE FEU DE TA MÉLODIE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
LE FEU DE TA MÉLODIE

Ce feu de mélodie que Tu as allumé dans mon coeur,
Ce feu a tout embrasé, partout.
Les flammes dansent tout en battant la mesure,
De branche en branche, sur des arbres croulants :
Qui appellent-elles dans le ciel
Les mains exaltées ?
Ébahies, les étoiles dévisagent le noir,
Affolé, un vent surgit d’on ne sait où,
Immaculé, au plus profond de la nuit
S’épanouit ce lotus d’or :
Personne ne peut sonder le sortilège de cette flamme.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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JE SUIS D’EAU ET DE TERRE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



 

JE SUIS D’EAU ET DE TERRE

Je suis d’eau et de terre comme les montagnes,
Les forêts impatientes qui attendent
Qu’un éclair subit embrase.

(Peut-être Dieu promet-il un éclair,
Nous l’attendons.
Un incendie dans les forêts.)

Mes mains ont été créées, ont été pétries
De terre et de rêve, comme
Les roses sans nom et les arbres.

Je cache l’amertume muette de la plante.

Quand tombera la dernière nuit,
Ombre immense couvrant la lumière,
Ne vous lamentez pas sur moi, ne me pleurez pas,
Allumez un grand feu et brûlez-moi.

Que la chair prenne des ailes de feu et s’envole.

(Georges Themelis)

Illustration: Bill Viola

 

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La vénus mathématique (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



venus

La vénus mathématique

Dans un journal à fascicules
J´ai lu en lettres majuscules
Qu´on ne peut vivre sans calcul
En ce siècle où les automates
Sont les grands rivaux des primates
Qu´on ne peut plus vivre sans maths

Comme d´ailleurs depuis toujours
Quel que soit l´homme et ses recours
On ne peut vivre sans amour

Moi qui tiens fermement à vivre
Et qui suis lucide autant qu´ivre
J´ai uni le lit et le livre

J´ai rencontré au point critique
La femme la plus érotique
Une Vénus mathématique
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

Au bal de l´Hôtel Terminus
Je vis soudain cette Vénus
Qui embrasa mes cosinus

C´était la folle nuit du rythme
Au bras d´un jeune sybarite
Elle exhibait ses logarithmes

C´était pour moi un jour de bol
La voilà qui me carambole
D´un grand sourire en hyperbole

C´était la grande nuit du rut
Le temps de pousser un contre-ut
Je l´attaquai comme une brute

Grâce à son triangle et son pis
Aussi rond que le nombre Pi
Elle augmenta mon entropie
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

Et moi, très vite, j´adorai
Cette enfant qui suivait de près
De toute science les progrès

Les manuels, les opuscules
Les courbes, les tests, les calculs
Lui tenaient lieu de crépuscules

Au saint nom des mathématiques
Elle appliqua ses statistiques
À nos étreintes frénétiques

Au diable les gens qui attifent
Leur passion de préservatifs
Ou de retraits intempestifs

Bientôt, nous réglâmes tous nos
Exercices abdominaux
Selon la méthode Ogino
Vive la nouvelle Vénus mathématique

Et la Vénus aux équations
Me fit goûter des sensations
D´une nouvelle dimension

Les entités humanoïdes
Aux formes hyperboloïdes
Charment les spermatozoïdes

Dans mon vieux grenier en spirale
Chaque soir, quel concert de râles
Quand je frôlais son intégrale

Elle avait uni sans histoire
La mécanique ondulatoire
Et les positions giratoires

Mes caresses venaient en troupe
Selon la théorie des groupes
Pour réunir jambes et croupes
Vive la nouvelle Vénus mathématique

Hélas, un jour, un jour funeste
Elle me fit passer un test
Qui lui démontra sans conteste
En comparant des numéros
Que j´étais un pauvre zéro
Elle prit la tangente au trot

Avec ses courbes inconnues
Dans l´espace discontinu
Elle s´en alla toute nue
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

(Guy Béart)

 

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FEMME FUSÉE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Carole Cousseau
    
FEMME FUSÉE

Flamme t’exaltes-tu
Les plumes de ton envolée
N’émouvront nulle cendre,
Mais si s’embrase ta nacre
Entre le corail et la touffe
Je poserai au point focal
De là où le plaisir bouillonne
Un galet poli comme toi
Par des remous de baisers,
Pour le faste et pour l’abondance
Pour le lest que tu jetteras
Femme fusée ma fleur
Quand tu t’enverras dans les verts
Bien plus tiens que le bleu d’en haut.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: Ecriture ineffable
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA maison calcinée par la lumière (Álvarez Ortega)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




    
LA maison calcinée par la lumière
En haut, près de la fenêtre qu’embrase le lierre,
le visage qui n’a pas été.
Et puis, quand le rêve se dépeuplera,
la douleur de n’être qu’absence.

Aveugle, la voix du jour.

(Álvarez Ortega)

 

Recueil: Genèse suivi de Domaine de l’ombre
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Le Taillis Pré

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Le dieu qui n’existe pas (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



Le dieu qui n’existe pas,
c’est lui qui embrase mon âme.
Qui fait de mon âme une terre désertique,
une terre fumante, une terre brûlée
qui fume après les flammes.
Parce qu’il n’existe pas.
C’est lui qui sauve mon âme en la rendant aride
et calcinée.
Le dieu qui n’existe pas.
Le dieu redoutable.

***

Den gud som inte finns,
det är han som tänder min själ i lågor
Som gör min själ ti ll en ödemark,
till en rykande mark, en svedjemark som ryker efter eld.
För att han inte finns.
Det är han som frälsar min själ genom att göra den utarmad
och förbränd.
Den gud som inte finns.
Den fruktansvärde guden.

(Pär Lagerkvist)

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Dans le ciel du néant avec presque rien (Katerina Anghelàki-Rooke)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Dans le ciel du néant avec presque rien

Par le trou de la serrure je guette la vie
je l’espionne pour comprendre
pourquoi c’est toujours elle qui gagne
tandis que nous perdons tous.
Pourquoi toutes les valeurs naissent et s’imposent
à ce qui pourrit d’abord :
le corps.
Je meurs en esprit sans trace de maladie
je vis sans nul besoin d’encouragement
je respire que je sois près ou loin
de ce qu’on touche
de chaud, qui embrase…
Je me demande quels autres arrangements
la vie va inventer
entre la débâcle d’une disparition définitive
et le miracle de l’immortalité chaque jour.
Je dois ma sagesse à la peur :
je jette
pétales, soupirs, nuances.
L’air, la terre, les racines je les garde –
je veux lâcher le superflu
pour entrer dans le ciel du néant
avec presque rien.

(Katerina Anghelàki-Rooke)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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DISCORDANCES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

hirondelle

DISCORDANCES

Je prononce Ténèbres
Pour mieux dire Hirondelle

Parce qu’elles se traversent
je dénombre les murailles

Je me serre contre l’ardoise
pour y graver poèmes

Et plonge dans les gouffres
pour embraser l’instant.

(Andrée Chedid)

 

 

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Nos désirs sont d’amour la dévorante braise (Théodore Agrippa d’Aubigné)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



 

Alexander Nedzvetskaya (15)

Nos désirs sont d’amour la dévorante braise,
Sa boutique nos corps, ses flammes nos douleurs,
Ses tenailles nos yeux, et la trempe nos pleurs,
Nos soupirs ses soufflets, et nos sens sa fournaise.

De courroux, ses marteaux, il tourmente notre aise
Et sur la dureté, il rabat nos malheurs,
Elle lui sert d’enclume et d’étoffe nos coeurs
Qu’au feu trop violent, de nos pleurs il apaise,

Afin que l’apaisant et mouillant peu à peu
Il brûle d’avantage et rengrège son feu.
Mais l’abondance d’eau peut amortir la flamme.

Je tromperai l’enfant, car pensant m’embraser,
Tant de pleurs sortiront sur le feu qui m’enflamme
Qu’il noiera sa fournaise au lieu de l’arroser.

(Théodore Agrippa d’Aubigné)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya

 

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Demande de baisers au printemps (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Demande de baisers au printemps

Tes lèvres de bronze, d’un baiser,
Marta, lentement, je les veux aspirer.
D’un odorant baiser maléfique.
Avec eux :
Tes cheveux !
Mon désir révolté t’en fait la supplique.
Il veut, ce désir,
Fasciné par l’amour, les saisir.
Les étreindre.
Et ces bras trop fidèles pour feindre,
Tremblants, amoureux,
Cependant que j’évoque tes chers beaux yeux
Vont vers tes genoux si doux – si j’ose –
Et jusqu’au nid de la rose.

Le feuillage frémit dans le vent.
Qu’elle est verte, la colline!
Nous y courons lestement,
Je t’y vois encline.
Il parle de baisers, il chante, le vent.
Quelle extase!
Il m’embrase.
Et mon sang, par-là, par-ci,
Autour de mon cœur, chante avec lui.
C’est fort bien ainsi.
Mais à présent, silence, petite.
Je veux un baiser de toi. Donne-le vite!

(Attila Jozsef)


Illustration: Carolus Duran

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