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Poésie

Posts Tagged ‘embrassé’

La peine (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018



La peine

On vendit le chien, et la chaîne,
Et la vache, et le vieux buffet,
Mais on ne vendit pas la peine
Des paysans que l’on chassait.

Elle resta là, accroupie
Au seuil de la maison déserte,
A regarder voler les pies
Au-dessus de l’étable ouverte.

Puis, prenant peu à peu conscience
De sa force et de son pouvoir,
Elle tira d’un vieux miroir
Qui avait connu leur présence,

Le reflet des meubles anciens,
Et du balancier, et du feu,
Et de la nappe à carreaux bleus
Où riait encore un gros pain.

Et depuis, on la voit parfois,
Quand la lune est dolente et lasse,
Chercher à mettre des embrasses
Aux petits rideaux d’autrefois.

(Maurice Carême)


Illustration

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Un cygne (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2017



Un cygne à lui-même enlacé,
un cygne en l’eau s’est embrassé.

(Paul Fort)

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La Vie (Jean Rivet)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2017



La Vie

Le petit garçon est embrassé par sa mère.
C’est sa première rencontre avec l’amour.
Il pleure, c’est sa première rencontre avec la vie.
Une feuille d’automne tombe d’un arbre et le frôle, toute coloriée.
C’est sa première rencontre avec la mort.

(Jean Rivet)

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Ne me cherche jamais (Pierre Seghers)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2016



 
    
Ne me cherche jamais
Tu me cherchais?
Ne me cherche jamais,
je suis là,
embrassée du coeur aux chevilles
dans tes mains d’homme et ta mémoire.
Et nouée comme une pièce d’or
dans le trésor confidentiel de ta vie,
brigandée dans l’envers du temps…

Ne me cherche jamais,
je suis là,
la nuit peut bien sécher ses grands trains d’herbes fauves
et lancer sur ses rails le convoi des saisons,
elle peut bien passer de l’une à l’autre
sur ses passerelles d’orages ou le ventre sans ciel
des froids,
elle peut bien apporter ce qu’elle voudra,
ce qu’elle pourra,
sa rançon de fatigue ou sa ruée de rêves,
je suis où tu voulais que j’aille.

Ne me cherche jamais,
Nous allons là où ceux qui s’aiment vont ensemble,
épaule contre épaule,
dans le vent des solstices…

(Pierre Seghers)

 

 

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