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Posts Tagged ‘embrasser’

A FORCE CE N’EST PLUS MAMAN (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021



A FORCE CE N’EST PLUS MAMAN

Maman est actrice de cinéma.
Elle est belle comme les images de chocolat
Et l’on voit souvent
Des hommes qui se tuent pour l’embrasser sur les dents!
Mais à force, ce n’est plus maman.
A force de la voir
Avec un tas de gens qui ont un tas d’histoires
Avec un tas de gens que je ne connais pas
Et qui ont toujours l’air de l’aimer plus que moi
A force, ce n’est plus maman.
Et les soirs qu’elle vient me border
Encore toute peinturlurée
Dans une robe avec des voiles comme un grand navire,
Vite je lui souris et fais semblant de dormir.

Alors elle s’envole sur la pointe des pieds
Et je puis tranquillement pleurer
Sous les draps
Pour que le monde entier ne m’entende pas.

(René de Obaldia)

Illustration

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A Aimée D’Alton (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



A Aimée D’Alton

Déesse aux yeux d’azur, aux épaules d’albâtre,
Belle muse païenne au sourire adoré,
Viens, laisse-moi presser de ma lèvre idolâtre
Ton front qui resplendit sous un pampre doré.
Vois-tu ce vert sentier qui mène à la colline ?
Là, je t’embrasserai sous le clair firmament,
Et de la tiède nuit la lueur argentine
Sur tes contours divins flottera mollement.

(Alfred de Musset)

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Les herbes de Thulé (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2021




    
Les herbes de Thulé ne disposent que d’un temps chichement mesuré.
Suspendues aux mamelles de l’instant, aux mains de la grâce
elles embrassent la détresse du papillon sur les grèves gelées,
et ressentent l’âge de l’éphémère, au mois de juin.

II n’est guère de plus grand miracle sur cette terre
que ces brins de verdure qui ornent notre été précaire.
Le paysan reste sans voix,
les poètes se délectent de mots
tandis que, dans les prés,
les herbes déploient leur grâce.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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Les roses blanches (Berthe Sylva)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021


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C’était un gamin, un gosse de Paris,
Pour famille il n’avait qu’ sa mère
Une pauvre fille aux grands yeux rougis,
Par les chagrins et la misère
Elle aimait les fleurs, les roses surtout,
Et le cher bambin tous les dimanche
Lui apportait de belles roses blanches,
Au lieu d’acheter des joujoux
La câlinant bien tendrement,
Il disait en les lui donnant:

« C’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aime tant
Va quand je serai grand, j’achèterai au marchand
Toutes ses roses blanches, pour toi jolie maman »

Au printemps dernier, le destin brutal,
Vint frapper la blonde ouvrière
Elle tomba malade et pour l’hôpital,
Le gamin vit partir sa mère
Un matin d’avril parmi les promeneurs
N’ayant plus un sous dans sa poche
Sur un marché tout tremblant le pauvre mioche,
Furtivement vola des fleurs
La marchande l’ayant surpris,
En baissant la tête, il lui dit:

J’ai pris ces roses blanches elle les aime tant
Sur son petit lit blanc, là-bas elle m’attend
J’ai pris ces roses blanches, pour ma jolie maman »

La marchande émue, doucement lui dit,
« Emporte-les je te les donne »
Elle l’embrassa et l’enfant partit,
Tout rayonnant qu’on le pardonne
Puis à l’hôpital il vint en courant,
Pour offrir les fleurs à sa mère
Mais en le voyant, tout bas une infirmière,
Lui dit « Tu n’as plus de maman »
Et le gamin s’agenouillant dit,
Devant le petit lit blanc:

« C’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aimais tant
Et quand tu t’en iras, au grand jardin là-bas
Toutes ces roses blanches, tu les emporteras »

(Berthe Sylva)


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La beauté (Radu Bata)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2021




    
La beauté

la beauté c’est marcher
sur le fil du soir
comme une lumière
sur une balançoire

courir les oiseaux
dans l’air doux de l’été
non pas pour les chasser
mais pour les chanter

ressusciter les fées
embrasser les chimères
dans les bras de Morphée
faire jouir l’éphémère

traverser les nuits
avec les hirondelles
jouer à la marelle
dans un champ d’étincelles

effacer en douceur
les peines de la mémoire
afin qu’elle trouve la paix
dans un miroir

jubiler comme un ange
avant le purgatoire
croiser fort les phalanges
dans le noir

(Radu Bata)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le blues roumain
Traduction:
Editions: Unicité

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La stratégie de l’extase (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021



Illustration: Nathalie Mounier
    
La stratégie de l’extase

Esprit, fais-toi mer pour franchir la mer, nature pour surmonter la nature,
Mortel et agonisant pour devancer la mort et l’agonie.
Embrasse le monde afin de traverser le monde, d’absorber en toi tout l’espace et son temps !
Ton cœur fait monde, esprit, sans rien en retenir,
Par la grâce du saut léger te voilà sauvé de toi-même.
Mais le don ne s’achève qu’en te livrant à ce monde triste avec joie,
En t’y abandonnant dès aujourd’hui au risque de ta perte totale.
Au cœur de l’orage il y aura peut être un instant de rencontre:
Un seul éclair suffit, avant la dispersion mortelle dans la nuit.

(Claude Vigée)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Âme dans l’Ignorance (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

Âme dans l’Ignorance

Âme dans l’Ignorance, éveille-toi de sa stupeur.
Flammèche du feu-du-monde, étincelle de Divinité,
exalte ton mental et ton coeur dans la splendeur.
Soleil dans l’obscurité, recouvre ton éclat.
Une, universelle, embrassant la création,
cesse de tourner sur la roue avec l’inconsciente Nature,
sens-toi née de Dieu, connais-toi immortelle.
Hors du temps, recouvre ton existence éternelle.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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DES CUISSES, DES CHEVEUX (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2021



Illustration: Pascal Renoux
    
DES CUISSES, DES CHEVEUX, cette femme est plongeuse
Plus lente que nature
Elle est enfouie comme une rose sous les verdeurs de la mer.

Elle fait pour moi un sourire extasié
Elle m’adresse des baisers faux et anormaux
Elle nage entre mes animaux les poissons miroirs
Elle a des mouvements aériens des jambes.

Elle suce, elle embrasse, elle épuise et remue.
Quand je suis entièrement brisé elle s’envole
Torrent de bulles bleues
Elle crache mes plus précieux souvenirs.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Les Noces suivi de Sueur de Sang
Traduction:
Editions: Gallimard

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Près du rail (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021



    

Près du rail, où souvent passe comme un éclair
Le convoi furieux et son cheval de fer,
Tranquille, l’aiguilleur vit dans sa maisonnette.
Par la fenêtre, on voit l’intérieur honnête,
Tel que le voyageur fiévreux doit l’envier.
C’est la femme parfois qui se tient au levier,
Portant sur un seul bras son enfant qui l’embrasse.
Jetant un sifflement atroce, le train passe
Devant l’humble logis qui tressaille au fracas.
Et le petit enfant ne se dérange pas.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Ô vie, ton souffle (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Ô vie, ton souffle

Ô vie, ton souffle n’est qu’un cri à la Lumière
immortelle, d’où a jailli ton plus vif délice,
ton étreinte.

En vain tes mains saisissent toutes choses ;
de la terre faiblit la musique, cessent les notes
ou grincent.

Tu en appelles au Destin aveugle, et t’exclames:
« Écarte l’obstacle, ouvre
le portail d’or. »

Mais jamais encore n’as-tu approché la fin
de ta course, adoré, embrassé
l’indicible Visage.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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