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Poésie

Posts Tagged ‘embrouillamini’

On le prend sur le fait, le changement ruisselant des humeurs (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



 

On le prend sur le fait, le changement ruisselant des humeurs.
Tout à coup, la joie est là, révélée, avant qu’on ne l’ait sentie.
Il ne faut plus que la reconnaître. Mais quelques minutes plus tard,
sans se briser, elle ralentit, s’immobilise en quelque embrouillamini,
où elle trouve une attache forte et dont elle ne peut se défaire,
rôdant autour sans profit.
[…]
Lentement, une mélancolie, traversant une mélancolie, rencontre
plus loin une mélancolie qui se fond et se rallonge en une nouvelle mélancolie.
Les chars sont embourbés. Tout afflige. Tout « repousse ».
Mélancolie ne désemplit plus.

(Henri Michaux)

Découvert chez Lara ici

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Ophélie (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2016


 

Ophélie a laissé sombrer à pic ses nattes
Qui se sont peu à peu tout à fait dénouées
Ses yeux ouverts sur l’eau sont comme deux stigmates;
Ses mains pâles sont si tristement échouées;
Pourtant elle sourit, sentant sur son épaule
Ruisseler tout à coup sa chevelure immense,
Qui la fait ressembler au mirage d’un saule.
«Suis-je ou ne suis-je pas ? » a songé sa démence…
Les cheveux d’Ophélie envahissent l’eau grise,
Tumulte inextricable où sa tête s’est prise;
Est-ce le lin d’un champ, est-ce sa chevelure,
L’embrouillamini vert qui rouit autour d’elle ?
Ophélie étonnée a tâché de conclure :
«Suis-je ou ne suis-je pas ?», songe-t-elle, fidèle
Au souvenir des mots d’Hamlet, seigneur volage.

Ses cheveux maintenant se nouent comme un feuillage
Qui jusqu’au bout de l’eau, sans fin, se ramifie.
Ophélie est trop morte, elle se liquéfie…
Les bagues ont quitté ses mains devenant nulles;
Ses derniers pleurs à la surface font des bulles;
Ses beaux yeux, délogés des chairs qui sont finies,
Survivent seuls, au fond, comme deux actinies.
Et ses cheveux verdis, dont la masse persiste
Dans les herbes aquatiques qui leur ressemblent,
Sont si dénaturés d’avoir trempé qu’ils semblent
Un fouillis végétal issu de cette eau triste.

(Georges Rodenbach)

Illustration: John Everett Millais

 

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UN DOUX JEU (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



UN DOUX JEU

Un doux jeu
de lacets,
fils, noeuds, entrelacs,
aah, gorges,
pouls, chevilles,
merveilles du corps humain,
en plein embrouillamini,
aah, esprits légers,
elle ne libère pas, elle ne coupe pas,
la lame de la pensée.

***

UN LIEVE GIOCO

Un lieve gioco
di lacci
fili nodi intrecci
ahi Bole
polsi caviglie
meraviglie del corpo umano
cadute nell’imbroglio
ahi spiriti leggeri
non libera non taglia
la lama del pensiero.

(Bartolo Cattafi)

Illustration

 

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Dans l’embrouillamini (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2015


renoir

Dans l’embrouillamini de tes cheveux bouffants
tu avais des blondeurs d’enfant

(Louis Calaferte)

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