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Poésie

Posts Tagged ‘embuer’

Dans un Chemin de Violettes (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Dans un Chemin de Violettes

DANS l’air la merveilleuse odeur de violettes,
Nos doigts entrelacés et nos lèvres muettes.

Les rosiers roux ont la couleur de tes cheveux
Et nos coeurs sont pareils… Je veux ce que tu veux.

Tout le jardin autour de nous, ma bien-aimée,
Et la brise embaumant ta face parfumée.

Nulle n’a la splendeur de tes cheveux flottants
Ni le charme de ton sourire, ô mon Printemps !

De tout mon coeur avide et chantant je te loue.
Nulle n’a le contour précieux de ta joue,

Nulle n’a ce regard incertain qui me plaît,
Mêlé de gris aigu, de vert, de violet.

Dans l’énorme univers nulle ne te ressemble,
C’est pourquoi près de toi mon désir brûle et tremble.

Je le sais, ton regard n’a pas de loyauté
Et ta bouche a menti… Que j’aime ta beauté !

Règne sur moi toujours, préférée et suprême…
Que tes plus petits pas sont charmants… Que je t’aime !

(Renée Vivien)

Illustration: Alexandre de Riquer

 

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La chanson désespérée (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



Illustration: Chantal Dufour
    
La chanson désespérée ne se laisse pas se dire.
La matière verbale errante ne cesse d’émaner
du centre qui n’est pas centre,
du vertige des fleurs aurifères
embues de l’or des chercheurs d’or.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Elle se souvient (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Elle se souvient de toutes ses premières fois :
la première fois en mer, la première fois sous terre,
la première fois qui dure et le premier échec.
Elle dit se souvenir de la première stupeur et du premier bonheur.
Elle ne raconte pas : elle est bien trop pudique.
Elle se souvient des hommes, elle se souvient des bras,
— elle se souvient des sexes, elle se souvient des bouches —
Elle en parle de si près que des haleines embuent les verres de ses lunettes.
Elle dit « de cette mémoire, je n’ai pas de mérite
je compte vingt mille jours
et comme j’ai peu vécu, mes souvenirs
sont des jardins en pente faciles à entretenir ».

(Karel Logist)

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

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Les mains demandaient d’être prises (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




    
Les mains demandaient d’être prises
Qui éclairaient, conscientes, plus que les mots

On eût dit qu’une neige
Embuait les paumes
Soulevait quelquefois un doute transparent

Les mains demandaient, au monde, d’être prises
À la voix déposée, au souffle qui maintient
Mais le temps ne les touchait pas

Qui les tenait ardentes près de nous.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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À Giacometti (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Alberto Giacometti
    
À Giacometti

Socles immenses
Pour le maintien d’un seul visage
Ni de parole ni d’absence
Car ces mots mêmes délivrent

Rien que la main
Qui recommence les yeux d’argile
jusqu’à se perdre
Et la grâce

Maigre d’un peu de terre qui chante
Près d’une épaule
Embuée de nos signes

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Avant que l’oubli n’ait tout embué (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




    
Avant que l’oubli n’ait tout embué
je veux un instant encore
retenir de ce jour qui s’enfuit
la lueur bleue détrempée
d’une brassée de lilas
que les assauts du vent malmènent

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Et la montagne (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017




    
Et la montagne
devient un grand épaulement de nuit,
une nuit dans la nuit
pour ceux qui attendent
se taisant, oh, se taisant,
tant que la chair embue de nuit
se mue en de la terre inviolable,
de la matière de silence.

Ce fut une nuit
à l’odeur de terre moisie,
à l’odeur de cachot ;
l’instant d’une seule étoile
indifférente
la nuit
de la Révélation du Rien.

Miasmes de temps
qu’exhalent
les tièdes obscurités végétales.
Dans le chevelu des étoiles
grésillent des « où ? » des « quoi ? »

Un glacis d’effroi
ourle
le champ du guetteur.

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

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Jour d’été (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



quel tendre brouillard tremble
autour du fleuve temps

tant de soie déchirée
embue la soie du cœur…

(Martine Broda)

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Le coucher du roi soleil (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2015



Le coucher du roi soleil

Les femmes se déshabillent lentement
Le soleil les suit dans sa course
Il les caresse de loin
Il sait quand leurs cheveux
Glissent sur leurs épaules
Si l’ombre qui revient est un baiser du vent
Il sait s’il faut fermer
Les yeux ou tendre l’or de ses miroirs
Lorsque leurs jambes
Emergent de la soie rêvante
Et s’il faut lentement
Embuer les vitres du soir
Lorsqu’elles sont prêtes pour l’amour

(Robert Momeux)


Illustration: Francine Van Hove

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Tremblant trouvère (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2015



Tremblant trouvère

Je pense à tes yeux qui trouent les nuages
Je pense à ton visage
N’oublie pas petite
Que les nuits et les jours sont mariés à jamais

Je pense à la marraine du vent
Qui a jeté sa coiffe au fond des mares noires
Je pense à tes yeux
Je pense à ton corps à sa soif d’orage à sa soif d’eau pure
Crois-moi petite les jours et les nuits
Ont même visage aux cendres de l’amour

N’oublie pas
N’oublie pas petite que l’amour est un fruit
Pour tant de mains tremblant dans le feuillage du soir
Je pense à tes seins qu’un sanglot gonfle encore
Je pense à tes yeux qui se ferment lentement

Crois-moi petite
Et n’oublie pas que l’amour vient vite
Et n’oublie pas ces nuits qui ne sont pas venues
Et n’oublie pas ces joies passées on ne sait où
Et n’oublie pas que l’amour s’en va vite

(Robert Momeux)

Illustration: Francine Van Hove

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