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Poésie

Posts Tagged ‘émerveillement’

VEILLE de l’émerveillement (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019




    
VEILLE de l’émerveillement,
postériorité de l’émerveillement.
Entre les deux durées
uniquement un trou.
L’imminence et son couchant :
rives du vide.

Rien que le temps suspendu.
Rien qu’une clairière
dans la forêt du temps.

C’est la plus pure clarté :
s’étonner du rien.
Le rien s’étonne du rien.

***

VÍSPERA del asombro.
Posterioridad del asombro.
Y entre ambas duraciones
únicamente un hueco.
La inminencia y su ocaso:
orillas del vacío.

Sólo tiempo suspendido.
Sólo un claro
en el bosque del tiempo.

Es la más pura claridad:
maravillarse de la nada.

La nada se maravilla de la nada.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

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L’émerveillement du silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018


enfant

Seuls les êtres poreux
se laissent envahir
par l’émerveillement du silence
Il suffit d’un rien, d’un éclair

(Michel Camus)

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Le merveilleux (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018



Le merveilleux rôde autour de nous,
devant nos fenêtres fermées, le mur
d’angoisse de notre face, la chambre
obscure de notre coeur
Seulement les êtres poreux se laissent
envahir par l’émerveillement
du silence

Et l’horreur?
Et si l’horreur venait de l’homme
coupé du merveilleux?

(Michel Camus)

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La poésie n’aurait-elle plus rien à nous dire ? (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Zéno Bianu [800x600]

La poésie n’aurait-elle plus rien à nous dire ?
Ne serait-elle plus le lieu privilégié des interrogations humaines ?
D’Infiniment proche au Désespoir n’existe pas, dix ans ont passé.
Dix ans en prise avec le balancier de la vie.
Dix ans d’écriture.

Des poèmes de bord, comme autant de témoignages d’amitié, d’amour, d’admiration, de deuil.
Des poèmes animés par un pari farouche : transformer le pire en force d’ascension.
Des poèmes pour reprendre souffle et tenir parole.
Des poèmes pour ouvrir un espace aimanté, irriguer le réel dans une époque vouée à l’hypnose.

Transmettre quelque chose d’irremplaçable : une présence ardente au monde, une subversion féerique.
La poésie – ou la riposte de l’émerveillement.

(Zéno Bianu)

 

 

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MARCHAND DE BALLONS (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



le_marchand_de_ballons [800x600]

 

MARCHAND DE BALLONS

Au marché de petite banlieue
Un homme loquace fait l’article de ses ballons de couleur :
— « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Autour de lui, un cercle de petits enfants pauvres,
Regarde avec des yeux extasiés les grands ballons ronds.

Cependant le marché bat son plein.
Voici qu’arrivent les dames pauvres,
Et les servantes des dames riches,
Et les femmes du peuple, et les blanchisseuses des alentours.
Sur l’étal des poissonniers,
Dans les échoppes de céréales,
Auprès des paniers de légumes,
On marchande avec acrimonie pour un sou.

Les enfants pauvres ne voient ni les tendres petits pois
Ni les tomates écarlates,
Ni les fruits,
Ni rien.

On comprend bien que pour eux ici au marché
la seule marchandise utile et vraiment indispensable
ce sont les ballons de couleur.
Le vendeur infatigable bonimente :
– « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Et autour de l’homme loquace les petits enfants pauvres font
un cercle inamovible de désir et d’émerveillement.

(Manuel Bandeira)

Illustration

 

 

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Émerveillement (Oktay Rifat)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



 

Émerveillement

Que c’est beau ! Les cheveux ne dépassent pas la nuque,
Ils finissent à notre front ;
Les cils un par un
Les sourcils effilés !
Que c’est beau le visage de l’homme,
Os de la pommette, et dix doigts !
Ah, notre monde ! Toutes ces saisons,
Les nuages, le peuplier effilé,
Et Istanbul !

(Oktay Rifat)

Illustration: Keniz

 

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L’émerveillement (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Martin Dammann

L’émerveillement

Nos bouches d’ombres,
nos heures noires,
nos puits d’angoisse,
seul l’émerveillement
peut les combler
de lumière

(Michel Camus)

Illustration: Martin Dammann

 

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Le monde (Gilbert Keith Chesterton)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018



    

Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles
mais par manque d’émerveillement.

(Gilbert Keith Chesterton)

 

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Le jardin de la rive intérieure ou la Spirée (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Le jardin de la rive intérieure
ou la Spirée

Les branches fleuries de ma spirée respirent
doucement dans le vent.
Ce buisson éblouissant de beauté dessine dans
mon coeur la présence infinie de ma félicité.
Chaque fois que la spirée murmure sa joie
si tremblante et fragile dans le printemps,
je retrouve un passé qui s’impose et se fond
dans l’heureux aujourd’hui.
Il suffit de porter quelques instants son attention sur
elle, sur le cadeau qu’elle représente,
pour discerner sa parole, dissimulée en cet étincellement
glorieux qui s’offre sans condition.

Quand la reconnaissance s’établit un mur tombe
et laisse fleurir de merveilleuses retrouvailles.
Est-ce un passé lointain qui se rappelle à la mémoire
ou bien l’avancée vers un monde inconnu ?
Le voyage est sans direction et s’immerge dans le présent.

La beauté passagère et pourtant infinie de n’importe
quel organisme vivant parle un langage que nous avons
à découvrir ou bien à reconnaître.

Au jardin de la rive intérieure les espèces minérales,
végétales, animales ou humaines se rencontrent
dans le partage d’une même destinée.

Rien ne nous sépare si le coeur se réveille,
si l’âme s’ouvre à l’émerveillement de l’échange,
si la source jaillit dans la joie des origines.

(Marianne Dubois)

son site ici

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La Carte Du Tendre (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




    
La Carte Du Tendre

Le long du fleuve qui remonte
Par les rives de la rencontre
Aux sources d’émerveillement
On voit dans le jour qui se lève
S’ouvrir tout un pays de rêve
Le tendre pays des amants
On part avec le coeœur qui tremble
Du bonheur de partir ensemble
Sans savoir ce qui nous attend
Ainsi commence le voyage
Semé d’écueils et de mirages
De l’amour et de ses tourments

Quelques torrents de médisance
Viennent déchirer le silence
Essayant de tout emporter
Et puis on risque le naufrage
Lorsque le vent vous mène au large
Des îles d’infidélité
Plus loin le courant vous emporte
Vers les rochers de la discorde
Et du mal à se supporter
Enfin la terre se dénude
C’est le désert de l’habitude
L’ennui y a tout dévasté

Quand la route paraît trop longue
Il y a l’escale du mensonge
L’auberge de la jalousie
On y déjeune de rancune
Et l’on s’enivre d’amertume
L’orgueil vous y tient compagnie
Mais quand tout semble à la dérive
Le fleuve roule son eau vive
Et l’on repart à l’infini
Où l’on découvre au bord du Tendre
Le jardin où l’on peut s’étendre
La terre promise de l’oubli

(Georges Moustaki)

 

 

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