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Posts Tagged ‘émerveiller’

Il était monté tout en haut de Notre-Dame (Jean-Paul Labaisse)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Il était monté tout en haut de Notre-Dame,
Se tenant, essoufflé, près du lourd carillon.
L’infirme caressait le fabuleux bourdon
Et la vue de Paris émerveillait son âme…

Sous ses pieds s’étendaient la Seine et ses bateaux,
L’île de la Cité, ses places, ses venelles,
Les flèches et les tours, tranquilles sentinelles…
Plus loin, c’était Montmartre et ses charmants coteaux.

Quasimodo pencha la tête et regarda :
Sur le parvis dansait la belle Esmeralda,
Créoles, caraco doré, châle vermeil.

Et le bossu, parmi les gargouilles sévères,
Les griffons, les serpents, les guivres, les chimères,
Rêvait d’un peu d’amour et d’un rai de soleil…

(Jean-Paul Labaisse)

 

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L’aube blanche dit à mon rêve (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



Júlia Fernández Sánchez 0009

L’aube blanche dit à mon rêve :
Éveille-toi, le soleil luit.
Mon âme écoute, et je soulève
Un peu mes paupières vers lui.

Un rayon de lumière touche
La pâle fleur de mes yeux bleus ;
Une flamme éveille ma bouche,
Un souffle éveille mes cheveux.

Et mon âme, comme une rose
Tremblante, lente, tout le jour,
S’éveille à la beauté des choses,
Comme mon coeur à leur amour.

Il n’est rien qui ne m’émerveille !
Et je dis en mon rire d’or :
Je suis une enfant qui s’éveille
Jusqu’au moment où Dieu l’endort.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

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Les lobélies (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Les lobélies font partie de ces choses qui émerveillent la vie
– un sourire sans lèvres,
un passage secret,
une phrase parfaite.

(Christian Bobin)

 

Recueil: L’homme qui marche
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Je n’ose plus ouvrir mes secrètes armoires (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Je n’ose plus ouvrir mes secrètes armoires
Que vient bouleverser ma confuse mémoire.
Je lui donne une branche, elle en fait un oiseau,
Je lui donne un visage, elle en fait un museau,
Et si c’est un museau, elle en fait une abeille.
Je te voulais sur terre, en l’air tu m’émerveilles.

(Jules Supervielle)

Illustration: René Magritte

 

 

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AMIS D’AMOUR (Bernard de Naillac)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Illustration: Odile Wysocki-Grec
    
AMIS D’AMOUR

Restons amis, veux-tu? Rien qu’amis. L’attitude
En vaudra mieux, crois-moi, que de trouver un jour
Le premier abandon qui fait la solitude,
Nos sentiments fanés, d’anciens rêves d’amour !

Je suis émerveillé d’un rêve, que j’ignore…
Je crois en toi, mais davantage en l’amitié.
Restons ainsi, pour être un peu pareils encore :
N’est-ce pas suffisant, le bonheur à moitié ?

Amis, n’est-ce pas beau? Le soir ardent qui frôle
M’émeut profondément, ô mystère caché !
J’ai posé doucement ma tête à ton épaule :
Ton visage n’en est plus doux ni plus fâché…

Et c’est un geste las dont l’amour est complice ;
Tout bas, nous nous disons : un geste indifférent !
Cela parait une eau qui se sille et se lisse,
Quand le désir, parfois, apporte son courant.

Puis nous disons des mots quelconques… Nonchalance
D’un langage d’amour, dans les soirs éperdus.
Et nous nous comprenons avec des yeux d’absence,
Et ces mots — semble-t-il — étaient ceux attendus.

(Bernard de Naillac)

 

Recueil: Etincelles

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NEIGE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



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NEIGE

La neige nous met en rêve
Sur de vastes plaines,
Sans traces ni couleur.

Veille mon cœur,
La neige nous met en selle
Sur des coursiers d’écume.

Sonne l’enfance couronnée,
La neige nous sacre en haute-mer,
Plein songe,
Toute voile dehors.

La neige nous met en magie.
Blancheur étale.
Plumes gonflées
Où perce l’œil de cet oiseau.

Mon cœur ;
Trait de feu sous des palmes de gel
Fille de sang qui m’émerveille.

(Anne Hébert)

 

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Une myriade émerveille (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2018




    
une myriade émerveille
la foule d’une personne;
nouvelles tes pleines de joie
(toutes plus rien que toi)
suprêmes émanations
recréent la création

amoureusier!que rose
la moindre qui vive ose
trois et cinq fois(jusqu’à
n’être plus)proclamer cela:
nul destin n’est fatal
—un coeur est chaque pétale

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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RÊVES D’ENFANT (Jane Deny)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



 

Paul Signac_Le Magicien

RÊVES D’ENFANT

Paul

Moi, quand je serai grand, je serai chevalier.
J’aurai un château fort et plein de cavaliers.
J’inventerai des fêtes, ne ferai pas la guerre,
Mais de très beaux tournois comme il s’en fit naguère.
Vous viendrez à cheval ! A pied ! Ou en bateau !
Je vous inviterai un jour dans mon château.

Alex

Moi, quand je serai grand, je serai boulanger,
Car tout homme a besoin de boire et de manger.
Je mélangerai l’eau, le sel et la farine
Et un peu de levain pour les trous des tartines.
Comme il ne suffit pas de faire du bon pain,
Je le partagerai avec tous mes copains.

Pierre

Moi, quand je serai grand, je serai magicien.
Je sèmerai la joie avec des petits riens.
Je ferai tournoyer, en l’air, un livre ouvert
Et il en sortira un petit lapin vert.
J’inviterai, à cent, à mille lieues à la ronde,
Pour les émerveiller, tous les enfants du monde.

(Jane Deny)

Illustration: Paul Signac

 

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MARIA MARINA (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



MARIA MARINA

Tu es à la fois si jeune et si vieille,
Maria Marina, l’amour t’émerveille
et t’emporte au loin de sa voile blanche
sur la grande mer bleue où tu te penches.

On croit que tu rêves, mais ton esprit veille :
tu vois d’un coup d’oeil l’écueil qui sommeille
et la barque frêle et l’onde mouvante,
l’amant délié des bras de l’amante

Maria Marina

Les matelots chantent et tu appareilles,
le coeur tendu vers cette île vermeille,
sommet du bonheur sur la mer immense…
Mais tu sais la peur, l’ombre, le silence.

Tu es à la fois si jeune et si vieille,
Maria Marina, l’amour t’émerveille
et ta voile s’ouvre au vent toute grande,
mais tu sais bien les peines qui t’attendent…

(Christiane Barrillon)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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Quand je vois ma Lucresselette (Jean Godard)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016



Quand je vois ma Lucresselette,
Plus mignarde qu’une perlette,
Plus belle qu’un jour gracieux,
Je pense voir une prairie,
La plus belle qui soit fleurie
Dessous le grand manteau des cieux.

Son front qui mon tourment allège,
Et qui est plus blanc que la neige,
Semble être composé de lis,
De lis sont faites ses mains blanches,
Son col, ses bras, ses pieds, ses hanches,
Et ses autres membres polis.

Ses blonds cheveux dont les ondées
Sont deçà et delà guidées
Sur l’haleine d’un petit vent,
Font honte à la fleur de Clytie,
Lorsque sa robe elle déplie
Au Soleil qu’elle va suivant.

Quand sur son sein mon oeil je darde,
Et quand son beau sein je regarde,
Et la fraise de son téton,
Tout aussitôt je l’a compare.
A quelque rose la plus rare
Qui n’est encore qu’en bouton…

Sa belle lèvre couraline,
Sa belle lèvre cristalline,
Qu’on peut rouge et blanche appeler,
Est une marguerite franche
Qui fait, tant elle est rose et blanche,
Les regardants émerveiller…

Pour elle, je verse une pluie
Que jamais elle ne m’essuie,
Car toujours je jette des pleurs
Comme une Niobe insensée.
Ha ! C’est qu’elle aime la rosée,
Puisqu’elle est faite ainsi de fleurs.

(Jean Godard)

Illustration

 

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