Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘émerveiller’

Quand je vois ma Lucresselette (Jean Godard)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016



Quand je vois ma Lucresselette,
Plus mignarde qu’une perlette,
Plus belle qu’un jour gracieux,
Je pense voir une prairie,
La plus belle qui soit fleurie
Dessous le grand manteau des cieux.

Son front qui mon tourment allège,
Et qui est plus blanc que la neige,
Semble être composé de lis,
De lis sont faites ses mains blanches,
Son col, ses bras, ses pieds, ses hanches,
Et ses autres membres polis.

Ses blonds cheveux dont les ondées
Sont deçà et delà guidées
Sur l’haleine d’un petit vent,
Font honte à la fleur de Clytie,
Lorsque sa robe elle déplie
Au Soleil qu’elle va suivant.

Quand sur son sein mon oeil je darde,
Et quand son beau sein je regarde,
Et la fraise de son téton,
Tout aussitôt je l’a compare.
A quelque rose la plus rare
Qui n’est encore qu’en bouton…

Sa belle lèvre couraline,
Sa belle lèvre cristalline,
Qu’on peut rouge et blanche appeler,
Est une marguerite franche
Qui fait, tant elle est rose et blanche,
Les regardants émerveiller…

Pour elle, je verse une pluie
Que jamais elle ne m’essuie,
Car toujours je jette des pleurs
Comme une Niobe insensée.
Ha ! C’est qu’elle aime la rosée,
Puisqu’elle est faite ainsi de fleurs.

(Jean Godard)

Illustration

 

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Cette impression (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2015



Carry Akroyd   'feeding' screen print

 

Cette impression, marchant, certains jours d’être
de la famille d’un poème et sa lumière sans
pouvoir franchir la cendre des mots vides
cependant que le chemin monte (lichens
vos beaux yeux peints) ainsi nous allons
toute herbe derrière nous refermée et qui bruit
par le travers des pentes (soleil
bousier qui saigne — hameau noir
dans le jour naissant) qu’est-c’ qui nous
émerveille plus que vous — fleurs plurielles

(Pascal Commère)

Illustration: Carry Akroyd 

 

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L’AMI MORTEL (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



L’AMI MORTEL
A Bernard Milleret.

Chaque matin son pas m’éveille
Dans cette poitrine de plomb
Où le soleil, grand fauve blond,
Se fait attendre et m’émerveille.

Tout le jour, son pas traîne long
Dans les couloirs. Je tends l’oreille :
Qui de nous deux l’autre surveille
Ou le désire ? — c’est selon…

Mais vainement à le surprendre
Je m’efforce : il a dû m’entendre :
Rien qu’une fleur sur le plancher…

Rien qu’une fleur au coeur de suie
Qui me parle de mon péché !
— Puis le soir ramène la pluie…

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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