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Posts Tagged ‘émeute’

JE NE SAURAI JAMAIS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2018



 

Erik Johansson cutandfold

JE NE SAURAI JAMAIS

Je ne saurai jamais qui m’habite
Je ne saurai jamais qui me tient éveillé
Je ne saurai nommer l’appât
Ni dire comment s’évase la route
Mais la route s’évase
Et demain court vers mai

Je ne sais pourquoi
Les lunes mordent sur l’ombre
Ni de quelle mort renaissent les heures
Et je ne sais pour qui
Poussés par quelle émeute
Plus vifs de quelle blessure
Nous assiégeons demain.

(Andrée Chedid)

Illustration: Erik Johansson

 

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Je veux donner à ce dernier (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018




    
Quel maître, aujourd’hui, oserait dire cette parole du Seigneur?
J’entends les cris, l’émeute…

Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi.
Injustice… Injustice.

(Marie Noël)

 

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Il y a toujours ce visage (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018


visage

C’est à peine si je te vois à travers les feuillages
Visage aperçu dans un vieil autobus
Ces feuillages mortels où l’âme n’est plus
Qu’une pousière lointaine prête à rendre son secret

Tu es debout sur la brisée des herbes
Je ne sais te dire que l’enclos de mes bras
Le biais de ce coeur mal accompli
Et je suis là brutal comme un coup de fusil
Au coeur de la forêt

De mes mains j’attends que renaissent
Les chemins désunis
Mais tu sais que j’essaie de retenir ton visage
Comme la flamme petite de l’allumette

Je t’appelle avec des mots comme des granges
Mais la porte du fond a glissé
Les forêts sont seules à revenir
Pourrons-nous rejoindre à temps l’émeute des blés

Sur cette terre qui bouge où je m’avance à contre-jour
Il y a toujours un visage qui voit clair pour moi
Pareil à une fenêtre ouverte dans la rue vide et sans écho
Il m’interdit l’accès des ténèbres
Un visage en clair qui me précède sous le ciel noir
Il fait son nid dans la libre existence de mes mains
Il prend la même route que les oiseaux
Quand les oiseaux portent l’aube plus haut que la mémoire
Il y a toujours devant moi ce visage dressé dans son été
Il enserre mon domaine et s’enchâsse dans ma nuit
Il pèse à peine le temps d’une parole
Il est ma première neige mon unique sommeil
Ma part de récolte mon lierre et je suis l’arbre
Il y a toujours ce visage qui me regarde par dessus-bord
Quand je m’arrête à bout d’usure aux premières portes

(Georges Drano)

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Au travers (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
Au travers des émeutes et des guerres,
Au travers des ciels ensanglantés,
Je vois des rayons et j’entends encore
La voix de l’Homme Nouveau, sa ferveur.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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PARIS NAIT DE PARIS (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



PARIS NAIT DE PARIS

Paris des braseros, Paris des barricades,
Paris qui s’émerveille au bout de la journée
Quand l’amour fatigué des rideaux de cretonne
Respire à la fenêtre un air de liberté,
Paris qui ne dort pas quand le monde sommeille,
Paris naît de Paris dans son décor de suie.

Sous le vieux ciel rayé par le vent des émeutes,
Son grand bûcher troué de rires et de perles
Eclaire le sommeil paisible des amants.

Les objets oubliés au fond de la campagne,
Après le long travail des saisons de soleil,
Viennent toucher le coeur endormi de l’enfance,
Le bras des voyageurs étendus dans la nuit
Au pied du mur doré des avoines poudreuses.

En plein vent, la tête et les mains dans le silence,
Paris respire à peine et replie doucement
Sa songerie et ses longues jambes de pierre.

Alouette ou caille, on ignore le nom
De son bonheur, de ses soupirs, de ses fantômes,
Des boucles de la Seine entre les cils humides
Du matin, scintillante et fiancée au monde.

Mais je connais le bruit de son coeur de cristal
Et lis son nom parmi les étoiles mourantes.

L’été couvert d’oiseaux dans la force de l’âge,
L’été, les cheveux pleins de brindilles de feu
S’arrête sur Paris et se mouille les lèvres
Sur Paris qui écoute et rêve de bonheur.

(Albert Ayguesparse)

Illustration

 

 

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Le vin (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




    
Le vin, c’est le ferment de l’émeute.
Le comble de l’esprit d’insurrection, de civilisation.
L’alcool de vin, marc, fine, c’est le sommet de l’expérience mystique.
Comment pouvons-nous oublier que l’eau se change en vin?
Oublier que la rose et la vigne sont les ornements du jardin d’Allah?

(Jean-Claude Pirotte)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

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Ce coeur qui haïssait la guerre… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



Otto Dix  Painting 173

 

Ce coeur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce coeur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine
Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu’il n’est pas possible que oe bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c’est le bruit d’autres coeurs, de millions d’autres coeurs
battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,
Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre:
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans!
Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot: Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que
l’aube proche leur imposera.
Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme
même des saisons et des marées, du jour et de la nuit.

(Robert Desnos)

Illustration: Otto Dix

 

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