Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘émigré’

PLUS TRANSPARENTE QU’UNE GOUTTE D’EAU… (Marc Rombaut)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022



Illustration: Egon Schiele
    
PLUS TRANSPARENTE QU’UNE GOUTTE D’EAU…

Plus transparente qu’une goutte d’eau
tu brilles de ton sexe déployé.
Tu es un fleuve blessé, tu es le jour
qui dispense l’air, tu brûles les mots
morts et les mots tu les traverses avec ton ventre.
Tes seins se gonflent au vertige de mes mains. Jambes
ouvertes, tu dispenses le miel et la braise, je m’habille de
ta chair et je me répands en toi, femme. Nous habitons
une déchirure que le soleil et l’eau polissent lentement
pendant que nos corps émigrés dans les caresses s’inventent
leur écriture.

(Marc Rombaut)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chats de partout (Henri Monnier)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

Chats de partout

Je suis le chat de cimetière,
De terrain vague et de gouttière,
De haute-Egypte et du ruisseau
Je suis venu de saut en saut.

Je suis le chat qui se prélasse
A l’instant où le soleil passe,
Dans vos jardins et dans vos cours
Sans avoir patte de velours.

Je suis le chat de l’infortune,
Le trublion du clair de lune
Qui vous réveille dans la nuit
Au beau milieu de vos ennuis.

Je suis le chat des maléfices
Condamné par le Saint-Office;
J’évoque la superstition
Qui cause vos malédictions.

Je suis le chat qui déambule
Dans vos couloirs de vestibules,
Et qui fait ses petits besoins
Sous la porte cochère du coin.

Je suis le félin bas de gamme,
La bonne action des vieilles dames
Qui me prodiguent le ron-ron
Sans souci du qu’en dira-t-on.

Epargnez moi par vos prières
Le châtiment de la fourrière
Où finissent vos émigrés
Sans demeure et sans pedigree.

(Henri Monnier)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Janvier (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



 

Mathieu Triolet Oiseau mort sur la neige (2013)

Janvier

Songes-tu parfois, bien-aimée,
Assise près du foyer clair,
Lorsque sous la porte fermée
Gémit la bise de l’hiver,

Qu’après cette automne clémente,
Les oiseaux, cher peuple étourdi,
Trop tard, par un jour de tourmente,
Ont pris leur vol vers le Midi ;

Que leurs ailes, blanches de givre,
Sont lasses d’avoir voyagé ;
Que sur le long chemin à suivre
Il a neigé, neigé, neigé ;

Et que, perdus dans la rafale,
Ils sont là, transis et sans voix,
Eux dont la chanson triomphale
Charmait nos courses dans les bois ?

Hélas ! comme il faut qu’il en meure
De ces émigrés grelottants !
Y songes-tu ? Moi, je les pleure,
Nos chanteurs du dernier printemps.

Tu parles, ce soir où tu m’aimes,
Des oiseaux du prochain Avril ;
Mais ce ne seront plus les mêmes,
Et ton amour attendra-t-il ?

(François Coppée)

Illustration: Mathieu Triolet

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comble de femme (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Comble de femme

d’abord une guêpe
autre chose étend sa chaleur
et aube

soudain les bras apportent une mer
l’aveuglement la répartit en corps
les portes la reçoivent

entrouverte sur une éternité de combustion
suspendue à un souffle
palme qui cherche se souvient

guêpe encore et
foudre
autre chose étend sa chaleur

le jour remet le feu aux cigales
et jeu
les bras rapportent l’émigrée

sable qu’il faut renverser
polir à toutes les grèves
espace qui atteint sa raison de lumière

et aube
les cigales remettent le feu au temps

(Mohammed Dib)

Illustration: Annabelle Verhoye

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’émigrée (Josyane De Jesus-Bergey)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2016



josyane-de-jesus-bergey-282

L’émigrée

Je suis celle qui vient
De l’autre pays
Partagée
Entre le père et l’enfance
Je me sais sans terre
Ni ciel
N’appartenant qu’à l’instant
Qui me voit vivre.

Venue d’ailleurs
Jamais au bon moment
Jamais au bon endroit
Toujours étrangère
Avec quelque chose de moins
Avec quelque chose de plus
Jamais d’accord
Mais fière d’être!

(Josyane De Jesus-Bergey)

Extrait du livre « Alipio » paru aux éditions « Vagamundo » fin juillet 2016

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :