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Posts Tagged ‘(Emile Ripert)’

J’AI MOISSONNE TOUT L’OR … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




J’AI MOISSONNE TOUT L’OR …

J’ai moissonné tout l’or du Printemps et je viens,
N’en ayant dans les mains point d’autre, vers ton âme ;
Je ne suis qu’un poète et tu n’es qu’une femme ;
J’ouvre les mains ; cet or, vois-tu, c’est tout mon bien…

Mais si je te le donne, il ne me reste rien ;
Tu m’as pris ces genêts en flammes et la flamme
De mon amour, je suis dénué…je réclame
Ton sourire et ton coeur battant auprès du mien.

Tu consens ; – j’ai posé mes lèvres sur tes lèvres ;
Comme le mois de Mai tes lèvres sont en fièvre ;
Tes yeux comme un profond azur sont palpitants ;

Tes cheveux sentent bon comme un buisson de roses ;
Ah ! te donner ces fleurs fut une absurde chose !…
N’ai-je pas apporté le Printemps au Printemps ?…

(Emile Ripert)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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IL FAUDRA NOUS AIMER … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2015




IL FAUDRA NOUS AIMER …

Il faudra nous aimer par-dessus toutes choses,
Malgré les jours mauvais ou les heures moroses,
Afin que notre amour soit une apothéose.

Il faudra que nos yeux soient purs comme un matin
De Pâques où tout l’air bleu rit d’un rire enfantin,
Dans lequel il y a des cloches au lointain.

Acceptant le travail que le jour leur apporte,
Il faudra que nos mains soient fidèles et fortes,
Jointes encor, même alors qu’elles seront mortes.

Il faudra que par les chemins qui s’offriront
Nous marchions, malgré tous les deuils et les affronts.
Sentant l’ombre d’une aile effleurer notre front.

Nous irons à travers les rires ou les larmes
Calmes et doux, impassibles, sans autres armes
Que ma fidélité tendre et que votre charme.

Nous nous soucierons peu des yeux faux ou moqueurs,
Et, chère, n’est-ce pas que nous serons vainqueurs
De toute chose, avec un tel amour au coeur ?…

(Emile Ripert)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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JE VEUX QUE VOUS DISIEZ AUX CHOSES … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2015




JE VEUX QUE VOUS DISIEZ AUX CHOSES …

Je veux que vous disiez aux choses
Que c’est moi qui fait votre émoi ;
Je veux que vous disiez aux roses
Que vous les aimez moins que moi ;

Je veux que vous disiez aux branches
Que mes pas sont plus émouvants
Que le bruit des feuilles qui penchent
Leur frais vertige dans le vent ;

Et que vous disiez aux corolles
Que tous leurs plus vibrants parfums
Sont moins grisants que les paroles
Dont je frôle vos cheveux bruns

Et que vous disiez à l’aurore
Qui s’étire parmi l’Azur
Qu’en mes yeux le jour est encore
Plus profond, plus tendre et plus pur

Je veux que vous disiez aux femmes :
« Votre doux coeur ne m’est de rien ;
Le seul soin que je vous réclame
C’est de ne pas toucher au sien » ;

Que vous disiez à tous les hommes :
« Je me moque de vos désirs ;
Nous ne sommes rien, mais nous sommes
Ceux qui s’aiment pour le plaisir» ;

Et je veux que vous disiez même
Au Seigneur vous ouvrant le ciel :
« Y mettrez-vous celui que j’aime ?
Car c’est là qu’est l’essentiel… »

(Emile Ripert)


Illustration: Marc Chagall

 

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LE MONDE ÉTAIT UN TORRENT … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2015




LE MONDE ÉTAIT UN TORRENT …

Le monde était un torrent de couleurs,
De parfums, de chansons, de poésie,
Lorsque mon coeur selon sa fantaisie
Le traversait ignorant des douleurs ;

Et dans ce monde où tout chante et scintille,
Dans ce triomphe éblouissant et sûr,
Je distinguais à peine sous l’azur
Tes yeux et ta chanson, petite fille

Mais maintenant tu m’as bien obligé
A remarquer à jamais ta présence,
Car ta présence est faite de l’absence
Où tout ton corps est à jamais figé.

Qu’est la splendeur dont la terre ruisselle ?
Que sont les bruits d’un monde sans raison ?
Qu’est ce concert où manque une chanson ?
Qu’est ce foyer où manque une étincelle ?

Le tourbillon des êtres animés
Peut dérouler sa vaine violence ;
Ma chanson maintenant, c’est ton silence,
Et ma clarté, ce sont tes yeux fermés.

(Emile Ripert)

Illustration: Carrie Dudley

 

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VOS YEUX … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2015




VOS YEUX …

Vos yeux sont un peu noirs, un peu gris, un peu verts ;
Parfois vous les clignez avec assez de pose ;
Parfois ils sont voilés ainsi qu’un temps couvert,
Parfois ils sont luisants comme une apothéose.

Parfois on les dirait un ciel pâle d’hiver,
Mais d’un hiver si doux qu’il ne soit pas morose ;
On dirait d’un bouquet fait de diverses roses,
D’une musique faite avec des airs divers.

Leur nuance un peu noire, un peu verte, un peu grise
Fait qu’on voit douter ceux qui les ont aperçus ;
Mais, moi, qui dès longtemps me plus à leur surprise,

J’imagine, en tremblant que mes voeux soient déçus,
Qu’à l’égal d’une mer que tourmente la brise,
Ils changent seulement quand je souffle dessus…

(Emile Ripert)

 

 

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VOUS QUI, VOUS APPUYANT … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2015




VOUS QUI, VOUS APPUYANT …

Vous qui, vous appuyant au creux de mon épaule,
Me demandez pensive : « Est-ce que vous m’aimez ? »
Vous qui, prenant mes doigts dans vos doigts parfumés,
Frissonnez, si parfois seulement je les frôle ;

Vous qui dites souvent : « Vous avez un air drôle…
Quel est donc le chagrin où vous vous enfermez ?
Je veux savoir quels sont les vers que vous rimez ?
Vous qui dites aussi : « Vous aimer, c’est mon rôle. »

Ne me demandez pas depuis quand je vous aime
Ni comment, ni pourquoi, si je vous aime même…
Car, malgré mes oublis et malgré mes rigueurs,

Vous pâliriez d’extase et de plaisir suprême,
Vous pâliriez d’effroi, de douceur, de langueur,
Si vous saviez ce que j’ai pour vous dans le coeur…

(Emile Ripert)

Illustration: Fabienne Contat

 

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SOUVENIR (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2015




SOUVENIR

Depuis que tu n’es plus, je te sens bien plus près…
Ah ! que d’autres, au pied des funèbres cyprès,
Se lamentent, croyant que, sombre autoritaire,
La tombe a séparé ceux qui s’aimaient sur terre !
Mon père, je te sens marcher à mes côtés
Ainsi que dans la gloire et l’or des beaux étés
Nos pas faisaient jadis sonner la blanche route…
Ces vers, n’est-ce pas toi qui les dictes sans doute ?
Ah ! dans tes derniers jours, si mornes et si lents,
Quand tu traînais péniblement tes pas tremblants,
Quand ta vue hésitait au bord de la distance,
Nous prolongions, craintifs, ta fragile existence,
Imaginant qu’après ce grand pas traversé
Tu serais à jamais perdu dans le passé…
Or tu vis dans un présent sûr et sans tristesse…
Tes cheveux blancs, ton pas tremblant, père, qu’était-ce ?
Qu’était-ce donc ta vieille pipe, ton chapeau
De feutre noir penché sur ton front ? Le tombeau
A saisi l’apparence et la forme des choses,
Ta voix, ton pas, ton front, tout ce dont se composent
A nos yeux les portraits de ceux qui ne sont plus…
Mais par delà nos yeux, dans les airs absolus,
Père, je ne sais point par quel divin mystère,
Je te sens bien plus près de mon coeur que naguère,
Et je sens de nouveau, quand tantôt c’était moi
Qui protégeais ton pas devenu maladroit,
Que maintenant,- et c’est une douceur amère,-
Je retrouve au-delà de cette ombre mon père,
Qui me protège encor, me guide et me défend,
Car c’est dans l’infini que je suis ton enfant…

(Emile Ripert)

Illustration

 

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À LA PROVENCE (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2015




À LA PROVENCE

Lorsque je m’interroge et que je cherche en moi
Et le peu que je suis et d’où me vient mon âme,
Provence, c’est à toi que je songe, et je crois
Que tu mis dans mon coeur vraiment toutes tes flammes.

Oui, quand je cherche, au fond de moi-même, d’où sort
La brise de tiédeur qui souffle dans ma tête,
Les chants dont je ne puis retenir les essors,
D’où vient le carillon des éternelles fêtes

Dont de lointains clochers sonnent en moi les jours,
D’où vient cette jeunesse et cette simple joie,
Je me dis bien souvent que c’est toi qui l’envoies,
Provence, tout cela, dans des bouffées d’amour.

(Emile Ripert)

Illustration: Christian Guinet

 

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MAINTENANT… (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2015




MAINTENANT…

Maintenant que tu m’as d’une ardeur si profonde
Aimé dans mes départs, aimé dans mes retours,
Maintenant que, pour mieux enchaîner notre amour ;
Tu mêles à tes cheveux bruns mes boucles blondes ;

Maintenant que, rieuse et grave tour à tour,
De joie ou de tristesse à ton gré tu m’inondes,
Je n’aurai pas de crainte, il me semble, le jour
Où je devrai laisser ce doux et triste monde.

Car serait-ce demain, serait-il même vrai
Que le néant suivît l’instant désespéré,
Mon amour ici-bas prolongerait mon âme ;

Et plus subtil, plus doux, plus tendre, plus vainqueur
D’avoir pris pour revivre un visage de femme,
Maintenant je vivrais tout entier dans ton coeur …
Cet amour vit encore après les feuilles mortes…

(Emile Ripert)

 

 

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NOUS NOUS SOMMES AIMÉS … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2015




NOUS NOUS SOMMES AIMÉS …

Nous nous sommes aimés d’une façon si haute
Que tous nos souvenirs, s’exaltant sous nos fronts,
Ainsi qu’un bois de pins au sommet d’une côte,
Aux plus légers émois de l’air bleu chanteront
Par-delà les blés murs, les flots et les vallons…

Nous nous sommes aimés d’une façon si pure
Que nous imaginions, à regarder nos yeux,
Tremper, par un matin frais et délicieux,
Dans l’eau vierge d’une calanque nos figures
Après l’été brûlant et le doute anxieux.

Nous nous sommes aimés d’une façon si tendre
Que nous avons rendu jalouse la saison
Qui verse aux flots pâlis sa rose et fine cendre,
Lorsque l’Automne a vu nos beaux amours s’étendre
Comme sa mer moelleuse au mourant horizon.

Nous nous sommes aimés d’une façon si forte
Que les grands midis d’Août en furent étonnés,
Et que, pour le départ ayant fermé la porte,
Du jardin tiède et blond où notre amour est né,
Cet amour vit encore après les feuilles mortes…

(Emile Ripert)

Illustration

 

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