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Posts Tagged ‘(Emily Brontë)’

Il devrait n’être point de désespoir pour toi (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



 

 

Il devrait n’être point de désespoir pour toi
Tant que brûlent la nuit les étoiles,
Tant que le soir répand sa rosée silencieuse,
Que le soleil dore le matin.

Il devrait n’être point de désespoir, même si les larmes
Ruissellent comme une rivière :
Les plus chère de tes années ne sont-elles pas
Autour de ton cœur à jamais ?

Ceux-ci pleures, tu pleures, il doit en être ainsi ;
Les vents soupirent comme tu soupires,
Et l’Hiver en flocons déverse son chagrin
Là où gisent les feuilles d’automne

Pourtant elles revivent, et de leur sort ton sort
Ne saurait être séparé :
Poursuis donc ton voyage, sinon ravi de joie,
Du moins jamais le cœur brisé.

***

There should be no despair for you
While nightly stars are burning —
While evening sheds its silent dew
Or sunshine gilds the morning —

There should be no despair — though tears
May flow down like a river —
Are not the best beloved of years
Around your heart forever ?

They weep — you weep — It must be so —
Winds sigh as you are sighing,
And winter pours its grief in snow
Where autumn’s leaves are lying

Yet they revive — and from their fate
Your fate can not be parted
Then man journey onward not elate
But never brokenhearted —

(Emily Brontë)

 

 

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L’amour est comme l’églantine sauvage (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



 

L’amour est comme l’églantine sauvage,
L’amitié est comme le houx,
Le houx est sombre lorsque l’églantine est en fleur,
Mais lequel fleurit avec le plus de constance?

(Emily Brontë)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

 

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Pour toi le désespoir n’a pas lieu d’être (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    

Pour toi le désespoir n’a pas lieu d’être
Tant que la nuit les étoiles brûlent —
Tant que le soir répand sa rosée muette
Ou que le soleil dore le matin —

Le désespoir n’a pas lieu d’être — les larmes
Dussent-elles couler comme un fleuve —
Tes années les plus chères sont-elles pas
Pour toujours autour de ton cœur ?

On pleure — tu pleures — C’est la règle —
Les vents soupirent avec tes soupirs
Et l’hiver épanche son chagrin en neige
Où les feuilles d’automne gisent

Pourtant elles revivent — et de leur destin
Ton destin est inséparable
Alors, homme, avance sinon jubilant
Du moins jamais le coeur brisé —

***

There should be no despair for you
While nightly stars are burning —
While evening sheds its silent dew
Or sunshine gilds the morning —

There should be no despair — though tears
May flow down like a river —
Are not the best beloved of years
Around your heart forever ?

They weep — you weep — It must be so —
Winds sigh as you are sighing,
And winter pours its grief in snow
Where autumn’s leaves are lying

Yet they revive — and from their fate
Your fate can not be parted
Then man journey onward not elate
But never brokenhearted —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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Le vent je l’entends qui soupire (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Le vent je l’entends qui soupire
L’automne n’a pas plus triste accent,
Au sol les feuilles mortes gisent
Aussi serrées que fleurs du printemps —

Cette nuit sombre m’a invitée
À vagabonder au loin.
Des sentiments anciens sur moi fondent
Comme vautours cernant leur proie —

Tendres ils furent jadis, et chéris,
Mais froids et sans joie à présent —
Que leur ombre tenace n’a-t-elle péri
Quand leur lumière a fui mon front !

On dirait la vieillesse qui feint
La souplesse de l’enfant,
Mon âme faussée durcie quand elle se plie
À leurs fantaisies sauvages

Pourtant je pourrais avec les plaisirs d’hier,
Du malheur d’hier obtenir l’oubli —
Afin que par la mort de mes plus chers trésors
Meurent mes plus mortels soucis

Oh alors l’aube d’un nouveau jour
Poindrait peut-être là-haut —
Un autre été dorerait ma joue,
Mon âme, un autre amour —

***

The wind I hear it sighing
With Autumn’s saddest sound,
Withered leaves as thick are lying
As spring flowers on the ground —

This dark night has won me
To wander far away.
Old feelings gather fast upon me
Like vultures round their prey —

Kind were they once, and cherished,
But cold and cheerless now —
I would their lingering shades had perished
When their light left my brow

Tis like old age pretending
The softness of a child,
My altered hardened spirit bending
To meet their fancies wild

Yet could I with past pleasures,
Past woe’s oblivion buy —
That by the death of my dearest treasures
My deadliest pains might die

O then another daybreak
Might haply dawn above —
Another summer gild my cheek,
My soul, another love —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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Il est trop tard maintenant pour t’appeler (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Il est trop tard maintenant pour t’appeler —
Je ne veux plus bercer à nouveau ce rêve
Car toute joie qui illumina mon front
Ferait lever un orage de douleur —

Et puis la brume n’est qu’à demi dissipée,
Nue s’étend la montagne stérile,
Et le soleil ni l’aube à son réveil
N’y peignent plus de visions dorées —

Mais dans mon sein reconnaissant
À jamais vivra ton ombre (aimée)
Car Dieu seul sait combien bénies
Furent en toi mes premières années !

***

It is too late to call thee now —
I will not nurse that dream again
For every joy that lit my brow
Would bring its after storm of pain —

Besides the mist is half withdrawn,
The barren mountain-side lies bare
And sunshine and awaking morn
Paint no more golden visions there —

Yet ever in my grateful breast
Thy darling shade shall (cherished) be
For God alone doth know how blest
My early years have been in thee !

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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Ô Rêve, où es-tu à présent ? (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Ô Rêve, où es-tu à présent ?
De longues années ont passé
Depuis que sur ton visage d’ange
J’ai vu la lumière s’altérer —

Hélas, hélas pour moi,
Si radieuse était ta beauté,
Je ne savais pas que ton souvenir
Ne me livrerait que tourment !

Le rayon de soleil et l’orage,
La soirée d’été divine,
La nuit silencieuse au calme solennel,
La clarté pure de la pleine lune

Jadis entrelacés à toi
Le sont aujourd’hui au lourd chagrin —
Vision perdue ! il me suffit —
Tu ne peux plus resplendir —

***

O Dream, where art thou now ?
Long years have past away
Since last, from off thine angel brow
I saw the light decay —

Alas, alas for me
Thou wert so bright and fair,
I could not think thy memory
Would yield me nought but care !

The sun-beam and the storm,
The summer-eve divine,
The silent night of solemn calm,
The full moon’s cloudless shine

Were once entwined with thee
But now, with weary pain —
Lost vision ! tis enough for me —
Thou canst not shine again —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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Je ne pleurerai pas (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




Illustration: Edvard Munch
    
Je ne pleurerai pas de voir que tu me quittes
Ici il n’y a rien d’enchanteur,
Et doublement m’affligera le sombre monde
Tant qu’y souffre ton coeur —

Je ne pleurerai pas — car la splendeur de l’été
Toujours doit finir en ténèbre
Et le conte le plus heureux, à terme
Se clôt avec la tombe —

Et puis je suis lasse de la détresse
Qu’engendrent les hivers grandissants
Ecoeurée de voir l’esprit se languir
Dans le pur désespoir des ans —

Si donc une larme à l’heure de ta mort
Vient par hasard à m’échapper
C’est seulement que mon âme soupire
D’aller près de toi reposer —

***

I’ll not weep that thou art going to leave me
There’s nothing lovely here,
And doubly will the dark world grieve me
While thy heart suffers there —

I’ll not weep — because the summer’s glory
Must always end in gloom
And follow out the happiest story,
It closes with the tomb —

And I am weary of the anguish
Increasing winters bear —
I’m sick to see the spirit languish
Through years of dead despair —

So if a tear when thou art dying
Should haply fall from me
It is but that my soul is sighing
To go and rest with thee —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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Oui, le voilà ! (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Oui, le voilà ! Il éveille ce soir
Des pensées douces, qui ne mourront pas
Et les feux du coeur flambent aussi vifs
Que dans les années écoulées ! —

Et je devine à ta joue altérée,
A ton regard de braise,
Aux paroles qu’à peine tu prononces,
Comme l’imagination se déchaîne —

Oui je jurerais que ce vent splendide
A balayé l’univers
A chassé de ton âme son souvenir
Comme du flot les bulles d’écume —

Et là maintenant tu es un esprit répandant
Ta présence en toute chose —
L’essence du tumulte de la Tempête
Et de son apaisement —

Une influence universelle
Libérée de la Tienne propre —
Un principe de vie intense
Perdue pour le mortel —

Aussi quand ce sein sera froid, en vérité
Ton âme prisonnière montera
je cachot se mêlera à l’humus —
La captive aux ciels —

***

Aye there it is ! It wakes tonight
Sweet thoughts that will not die
And feeling’s fires flash all as bright
As in the years gone by ! —

And I can tell by thine altered cheek
And by thy kindled gaze
And by the words thou scarce dost speak,
How wildly fancy plays —

Yes I could swear that glorious wind
Has swept the world aside
Has dashed its memory from thy mind
Like foam-bells from the tide —

And thou art now a spirit pouring
Thy presence into all —
The essence of the Tempest’s roaring
And of the Tempest’s fall —

A universal influence
From Thine own influence free —
A principle of life intense
Lost to mortality —

Thus truly when that breast is cold
Thy prisoned soul shall rise
The dungeon mingle with the mould —
The captive with the skies —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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LE LINOT DANS LE VAL ROCHEUX (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




Illustration

    
LE LINOT DANS LE VAL ROCHEUX

Le linot dans le val rocheux,
L’alouette des landes dans l’air,
L’abeille parmi les bruyères
Qui cachent ma belle maîtresse :

Où gît son sein broute le cerf
Et nourrit l’oiseau sa couvée;
Ceux-là même à qui son amour
Souriait, l’ont abandonnée!

Tout d’abord, quand la noire tombe
Sur sa dépouille se ferma,
Ils crurent que jamais leurs coeurs
Ne reverraient lueur de joie,

Que toujours le flot de la peine
Baignerait les ans à venir;
Leur angoisse amère, où est-elle?
Leurs pleurs déchirants, où sont-ils?

Qu’ils courent donc après l’Honneur
Ou le fantôme du Plaisir,
L’habitante de chez les morts,
Non moins changée, est impassible.

Si leurs yeux veillaient dans les larmes
Jusqu’à tarir leur source vive,
Son sommeil si calme, en retour,
N’exhalerait pas un soupir.

Passe, vent d’ouest, sur ce tertre;
Murmurez, ruisseaux printaniers,
Et les rêves de ma maîtresse
Seront doux : vous y suffirez.

***

THE LINNET IN THE ROCKY DELLS

The linnet in the rocky dells,
The moor-lark in the air,
The bee among the heather-bells
That hide my lady fair:

The wild deer browse above her breast;
The wild birds raise their brood;
And they, her smiles of love caressed,
Have left her solitude!

I ween, that when the grave’s dark wall
Did first her form retain,
They thought their hearts could ne’er recall
The light of joy again.

They thought the tide of grief would flow
Unchecked through future years,
But where is all their anguish now,
And where are all their tears?

Well, let them fight for Honour’s breath,
Or Pleasure’s shade pursue-
The Dweller in the land of Death
Is changed and careless too.

And if their eyes should watch and weep
Till sorrow’s source were dry,
She would not, in her tranquil sleep,
Return a single sigh.

Blow, west wind, by the lonely mound,
And murmur, summer streams,
There is no need of other sound
To soothe my Lady’s dreams.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Viens-t’en avec moi (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Tony Cook

    
Viens-t’en avec moi

Viens-t’en avec moi
Il n’est plus que toi
Dont mon cœur puisse se réjouir ;
Nous aimions par les nuits d’hiver
Errer dans la neige :
Si nous renouvelions ces vieux plaisirs ?
Noires et folles, les nuées
Tachent d’ombre, là-haut, les terres élevées
Comme elles faisaient autrefois,
Et ne s’arrêtent que là-bas,
À l’horizon confusément amoncelées,
Tandis que les rayons de lune
Si prestement luisent et fuient
Qu’à peine pouvons-nous dire qu’ils ont souri.

Viens avec moi — viens te promener avec moi ;
Nous étions bien plus autrefois,
Mais la Mort nous a dérobés nos compagnons
Comme le Soleil la rosée ;
Oui, la Mort les a pris un à un, nous laissant
Tous deux seuls désormais ;
Aussi mes sentiments se voudraient-ils aux tiens
Nouer étroitement, n’ayant d’autre soutien.

« Non, ne m’appelle pas, cela ne saurait être ;
L’Amour serait-il si constant ?
La fleur de l’Amitié peut-elle dépérir
Pour revivre après de longs ans ?
Non, quand même le sol est humide de larmes
Et si belle qu’elle ait pu croître ;
Car la sève une fois tarie, son flux vital
Ne s’épanchera jamais plus :
Mieux encore que ne fait l’étroit cachot des morts
La Terre sépare le cœur des hommes. »

***

Come, walk with me

Come, walk with me ;
There only thee
To bless my spirit now ;
We used to love on winter nights
To wander throw the snow.
Can we not woo back old delights ?
The clouds rush dark and wild ;
They fleck with shade our mountain heights
The same as long ago,
And on the horizon rest at last
In looming masses piled ;
While moonbeams flash and fly so fast
We scarce can say they smiled.

Come, walk with me — come, walk with me ;
We were not once so few ;
But Death has stolen our company
As sunshine steals the dew :
He took them one by one, and we
are left, the only two ;
So closer would my feelings twine,
Because they have no stay but thine.

« Nay, call me not ; it may not be ;
Is human love so true ?
Can Friendship’s flower droop on for years
And then revive anew ?
No ; though the soil be wet with tears,
How fair soe’er it grew ;
The vital sap once perished
Will never flow again ;
And surer than that dwelling dread,
The narrow dungeon of the dead,
Time parts the hearts of men. »

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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