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Le Biniou (Hippolyte Guérin)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
Le Biniou

De ma bourse un peu pauvrette
Où l’ennui m’a fait fouillé
Je me suis permis l’emplette
D’un biniou de cornouiller
Sur notre lande bretonne
Oh ! les jolis airs qu’il sonne
Oh ! comme il endort aux coeurs
La fatigue et les douleurs

Refrain:

Les douleurs sont des folles
Et qui les écoute est encore plus fou
A nous deux toi qui consoles
Biniou, mon biniou, mon cher biniou !

Près de moi tout lui fait la fête
C’est l’oiseau qu’il réjouit
C’est l’écho qui le répète
C’est la brise qui le suit.
Quelle est donc cette magie
Qui nous jette en pleine vie
Le sourire au sein des pleurs
La gaieté sur les douleurs ?…

Mais la somme qu’il me coûte
Sera lente à revenir
Et bien des rigueurs sans doute
M’ne laisseront souvenir:
Ma sacoche un peu moins lourde
Moins de cidre dans ma gourde
Puis… qui sait ? jours de malheurs !
La faim même et ses douleurs !…

(Hippolyte Guérin)

 

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Saluez bas ce drapeau (Marc-Adolphe Guégan)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018



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Le sabre

Une oeuvre d’art, la poignée
De ce sabre fier.
Comme on embellit le crime!

***

Le quart

Quart en forme de sébile.
Piètre insigne
Des mendiants de la gloire.

***

Progrès

On tue à distance.
Plus de mains sanglantes.
La guerre est très propre.

***

Reportage

Le moribond criait: Maman!
De l’arrière, le journaliste
A entendu: Vive la France!

***

Testament

De sa poitrine déchirée
Sortit, en guise d’âme,
Un portrait de fillette blonde.

***

Cimetière

Petite croix. Epitaphe.
Ci-gît le soldat Gribouille.
Il mourut pour vivre libre.

***

L’emblème

Saluez bas ce drapeau.
On en fit l’emplette
L’autre jour dans mon bazar.

(Marc-Adolphe Guégan)

 

 

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Causerie féminine (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2016



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Causerie féminine

Aujourd’hui, le salon est plein de jeunes filles
Aux yeux noirs, aux yeux gris,aux yeux bleus, et gentilles
Elles causent très haut de bijoux enchantés ;
Elles causent surtout de puérilités.
De cette foule monte un parfum de fleurs mortes,
Tiède et trop fort, formé d’extraits de toutes sortes.
Elles causent, – leurs cœurs ne sont pas indulgents –
Et médisent avec plaisir des jeunes gens.
Elles se font des compliments sur leurs toilettes,
Et projettent toujours de nouvelles emplettes,
Et mutuellement se disent des secrets
Que chacune répète à l’autre, une heure après.
Le ton s’élève… On cause… Est-ce qu’on va se battre ?
Elles sont bien quatorze ou quinze… Elles sont quatre.

(Albert Lozeau)

 

 

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