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Poésie

Posts Tagged ‘empli’

Résumons-nous (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Résumons-nous :
Je suis enamouré
Le ciel se propage de feuille
En feuille
Comme dans les annonciations
Et sur la rive du fleuve où nous regardons les péniches
Emplies de vieux charbon passer au chevet de Notre-Dame
Puis chavire à coup sûr quand
Tu m’attires
Dans les cinq mètres carrés de la cabine
Où convoler
En vertu d’une science infuse et légère

(Bernard Chambaz)

 

Recueil: Entre-Temps
Traduction:
Editions: Flammarion

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À pas lents, pesants (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
À pas lents, pesants, obstinés,
Dans la nuit noire m’en allant,
Empli d’un espoir infini,
Répétant cent fois la prière,
Je sais — la prière portera
Secours à l’espérance claire,
La pesante foi posera
La pierre lente du labeur.
À pas lents, pesants, obstinés,
Je mesure les chemins de la nuit:
Empli d’une foi infinie
J’espère atteindre le matin.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Vent qui coupe (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
vent qui coupe, colline nue
le creux de la vallée est empli d’eau
sur les montagnes étangs gelés
les herbes bercent des épis de glace
fraîcheur ontologique de l’hiver
pas un chat dehors, que l’arbre noir
l’arbre noir de la colline bleue
et cet épouvantail sur le chemin désert

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Cette plainte merveilleuse de l’âme (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Cette plainte merveilleuse de l’âme,
c’est l’amour.

Écoute-la.

Je n’ai point d’âge,
mais, nourri d’épices,
chargé de sel, couvert d’humus,
empli de choses à naître,

Je suis maître de moi
comme d’un navire,
et mon corps est un voilier
d’avril, de vice, d’impudeur.

J’ose aimer et je délire.
Notre amour sent le lys et le soufre.
Désir rauque, fouette-moi de tes ronces.
Je lutte avec toi dans la broussaille.

Cherche-moi.
Trouve-moi.

Les herbes giclent vert.
Nous sommes un printemps au monde,
Acharnés comme des lutteurs
au-dessus de la mort.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Possible imaginaire

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Avec des gestes apeurés (Camille Legrand)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Avec des gestes apeurés
Tu voiles ta beauté frileuse;
Autour de ta taille onduleuse
L’eau fait des grands cercles moirés.
Et narguant tes pudeurs farouches,
Tes chastes yeux emplis d’effroi.
Toutes les fleurs tendent vers toi
Les baisers tièdes de leurs bouches.

(Camille Legrand)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Je te donne deux seins (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2017



Illustration: Théodore Chassériau
    
Je te donne deux seins
emplis de désir
emplis de tendresse
emplis de crainte
et de lait

deux seins emplis
d’un liquide débordant
de vie

je te donne un ventre doux
qui souffre
conçoit
enfante

un ventre qui désire
embrasse
et jouit

(Maram al-Masri)

 

Recueil: Par la Fontaine de ma Bouche
Traduction: Maram al-Masri – Bruno Doucey
Editions: Bruno Doucey

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Bonhomme de neige (Wallace Stevens)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Bonhomme de neige

Il faut posséder un esprit d’hiver
Pour regarder le gel et les branches
Des pins sous leur croûte de neige ;

Avoir eu froid longtemps
Pour contempler les genévriers hérissés de glace,
Les épicéas, bruts dans l’éclat lointain

Du soleil de janvier ; et ne pas imaginer
De détresse aucune dans le bruit du vent,
Le bruit d’une poignée de feuilles,

Qui est le bruit de l’étendue
Emplie du même vent
Soufflant dans le même lieu nu

Pour qui écoute, écoute dans la neige,
Et, n’étant rien lui-même, ne contemple
Rien qui ne soit là et le rien qui est.

***

The Snow Man

One must have a mind of winter
To regard the frost and the boughs
Of the pine-trees crusted with snow;

And have been cold a long time
To behold the junipers shagged with ice,
The spruces rough in the distant glitter

Of the January sun; and not to think
Of any misery in the sound of the wind,
In the sound of a few leaves,

Which is the sound of the land
Full of the same wind
That is blowing in the same bare place

For the listener, who listens in the snow,
And, nothing himself, beholds
Nothing that is not there and the nothing that is.

(Wallace Stevens)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Empli de ténèbres (Kawahara Biwao)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



 

Empli
de ténèbres
je chasse les lucioles

(Kawahara Biwao)

Illustration

 

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L’immobilité me convient (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Se ramasse au fond du Temps
Le secret des longues routes

Visages emplis de vent
Marais ouverts au soleil

Promenade d’un enfant
J’entends le bruit sec des feuilles

Sillons abandonnés où rouillent des charrues

Sombres forêts perdues où passait une fille
Et ses cheveux d’ardoise et ses mains de genêts

Le soir est écarté aux limites du ciel

L’immobilité me convient

Alors les mots
comme des bulles
montent.

(Georges Jean)

Illustration: ArbreaPhotos

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L’attente (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2016



L’attente

Mon cœur est maintenant ouvert comme une porte.
Il vous attend, ma Bien-Aimée : y viendrez-vous ?
Que vous veniez demain ou plus tard, que m’importe !
Le jour, lointain ou proche, en sera-t-il moins doux ?

Ce n’est point un vain mal que celui de l’attente ;
Il conserve nouveau le plus ancien désir.
L’inattendu bonheur dont la venue enchante
Passe ; à peine en a-t-on su goûter le plaisir,

Et l’on s’en va criant l’inanité des choses,
Pour ne s’être jamais aux choses préparé :
Insensé, qui repousse un frais bouquet de roses,
Accusant le parfum qu’il n’a pas respiré.

Une heure seulement de pure jouissance,
Pourvu que Dieu m’accorde un quart de siècle entier
De rêve intérieur et de jeune espérance,
Pour méditer sur elle et pour l’étudier,

Pour ordonner l’instant suprême qui décide,
Pour que rien ne se perde et que tout soit joui
Jusqu’à la moindre miette, et que le temps rapide
S’envole, n’emportant que de l’évanoui !

Une heure suffira. J’aurai vécu ma vie
Aussi pleine qu’un fleuve au large de son cours,
L’ayant d’une heure, mieux que de jours fous, emplie ;
D’une heure, essence et fruit substantiel des jours !

Mon cœur est maintenant ouvert comme une porte.
Il vous attend, ma Bien-Aimée : y viendrez-vous ?
Que vous veniez demain ou plus tard, il n’importe !
Mon attente d’amour fera de telle sorte

Que mon lointain bonheur en deviendra plus doux.

(Albert Lozeau)

 

 

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