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Poésie

Posts Tagged ‘empoisonner’

AIMER (Kniaznin Franciszek)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020



Illustration: Edvard Munch
    
AIMER

Amour ! Amour féroce !
Tu m’as donné une coupe amère :
Je la bois et j’empoisonne mes jours.
Ces ennuis et cette nostalgie
Tout embrume mon esprit :
Le monde dans mes yeux est devenu hargneux.
Ainsi sont-elles tes douceurs,
trompeuse divinité cruelle ?

***

Do miłości

Miłości, sroga miłości!
Kielich podałaś gorzkości:
Piję go, trując dni moje.
Te nudów i tęsknot roje
Wszystko w umyśle zaćmiły:
Świat moim oczom niemiły.
Takież to twoje słodycze,
Okrutne bóstwo zwodnicze?

(Kniaznin Franciszek)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Bulgare
Editions:

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Doute (David Marino)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



Doute

Est-il vrai que le Souffle se boit sans lumière
Comme une liqueur parfumée de cendre
Qui putréfie le coeur et empoisonne l’âme ?

Faut-il alors chercher une douce clarté
Ailleurs, au delà des plaines célestes
Pour réchauffer le coeur de notre humanité ?

(David Marino)


Illustration: Odilon Redon

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L’amour subjugue par son chant (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020




    
L’amour subjugue par son chant
Simple et naïvement trompeur.
Il y a peu, étrangement,
Si jeune et gai était ton coeur,

Et quand tu la voyais sourire
Dans tes jardins, dans la maison,
Tu croyais partout être libre
Comme sont libres les saisons.

Tu rayonnais, buvant les philtres
Dont l’amour empoisonne.
Car les étoiles étaient plus vives
Et autre aussi l’odeur des herbes,
Des herbes de l’automne.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Vie (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018



Illustration
    
Vie, don stérile et fortuit,
de quoi me sers-tu, ma vie ?
Pourquoi un destin caché
à la mort t’a-t-il vouée ?

Qui, dans un dessein hostile,
m’a tiré hors du néant,
liant à mon âme ardente
un esprit rongé de doutes ?

Nul but au bout de ma route :
un coeur vide, un esprit vain
qu’empoisonne d’amertume
le bruit morne de mes jours.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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La ronce (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Remedios Varo Uranga yo1_500

La ronce

Pour me plaindre ou m’aimer je ne cherche personne ;
J’ai planté l’arbre amer dont la sève empoisonne.
Je savais, je devais savoir quel fruit affreux
Naît d’une ronce aride au piquant douloureux.
Je saigne. Je me tais. Je regarde sans larmes
Des yeux pour qui mes pleurs auraient de si doux charmes.

Dans le fond de mon coeur je renferme mon sort,
Et mon étonnement, et mes cris, et ma mort.
Oui ! Je veux bien mourir d’une flèche honteuse,
Mais sauvez-moi, mon Dieu ! De la pitié menteuse.
Oh ! La pitié qui ment ! Oh ! Les perfides bras
Valent moins qu’une tombe à l’abri des ingrats.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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Vous demandez si l’amour rend heureuse (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017


Vous demandez si l’amour rend heureuse;
Il le promet, croyez-le, fût-ce un jour.
Ah ! pour un jour d’existence amoureuse,
Qui ne mourrait ? la vie est dans l’amour.

Quand je vivais tendre et craintive amante,
Avec ses feux je peignais ses douleurs :
Sur son portrait j’ai versé tant de pleurs,
Que cette image en paraît moins charmante.

Si le sourire, éclair inattendu,
Brille parfois au milieu de mes larmes,
C’était l’amour; c’était lui, mais sans armes;
C’était le ciel… qu’avec lui j’ai perdu.

Sans lui, le coeur est un foyer sans flamme;
Il brûle tout, ce doux empoisonneur.
J’ai dit bien vrai comme il déchire une âme
Demandez-donc s’il donne le bonheur!

Vous le saurez : oui, quoi qu’il en puisse être,
De gré, de force, amour sera le maître;
Et, dans sa fièvre alors lente à guérir,
vous souffrirez, ou vous ferez souffrir.

Dès qu’on l’a vu, son absence est affreuse;
Dès qu’il revient, on tremble nuit et jour;
Souvent enfin la mort est dans l’amour;
Et cependant… oui, l’amour rend heureuse!

(Marceline Desbordes-Valmore)

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Depuis qu’Amour cruel empoisonna (Louise Labé)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017




Depuis qu’Amour cruel empoisonna
Premièrement de son feu ma poitrine,
Toujours brûlai de sa fureur divine,
Qui un seul jour mon coeur n’abandonna.

Quelque travail, dont assez me donna,
Quelque menace et prochaine ruine,
Quelque penser de mort qui tout termine,
De rien mon coeur ardent ne s’étonna.

Tant plus qu’Amour nous vient fort assaillir,
Plus il nous fait nos forces recueillir,
Et toujours frais en ses combats fait être;

Mais ce n’est pas qu’en rien nous favorise,
Lui qui méprise les dieux et les hommes,
Mais pour plus fort contre les forts paraître.

(Louise Labé)

Illustration: Jules Joseph Lefebvre

 

 

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LA SAGESSE M’A ROMPU LES BRAS (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



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LA SAGESSE M’A ROMPU LES BRAS

La sagesse m’a rompu les bras, brisé les os
C’était une très vieille femme envieuse
Pleine d’onction, de fiel et d’eau verte

Elle m’a jeté ses douceurs à la face
Désirant effacer mes traits comme une image mouillée
Lissant ma colère comme une chevelure noyée

Et moi j’ai crié sous l’insulte fade
Et j’ai réclamé le fer et le feu de mon héritage.

Voulant y laisser pousser son âme bénie comme une vigne
Elle avait taillé sa place entre mes côtes.
Longtemps son parfum m’empoisonna des pieds à la tête

Mais l’orage mûrissait sous mes aisselles,
Musc et feuilles brûlées,
J’ai arraché la sagesse de ma poitrine,
Je l’ai mangée par les racines,
Trouvée amère et crachée comme un noyau pourri

J’ai rappelé l’ami le plus cruel,
la ville l’ayant chassé,les mains pleines de pierres.
Je me suis mise avec lui pour mourir sur des grèves mûres

Ô mon amour, fourbis l’éclair de ton coeur,
nous nous battrons jusqu’à l’aube
La violence nous dresse en de très hautes futaies
Nos richesses sont profondes et noires pareilles
au contenu des mines que l’éclair foudroie.

En route, voici le jour, fièvre en plein coeur scellée
Des chants de coq trouent la nuit comme des lueurs
Le soleil appareille à peine, déjà sûr de son plein midi,
Tout feu, toutes flèches, tout désir au plus vif de la lumière,
Envers, endroit, amour et haine, toute la vie en un seul honneur.

Des chemins durs s’ouvrent à perte de vue sans ombrage
Et la ville blanche derrière nous lave son seuil où coucha la nuit.

(Anne Hébert)

Illustration: Fidel Garcia

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Je voyageai (Jacques Canut)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2017



 

Je voyageai sans imaginer que la haine
empoisonne tout pays.

Je découvris le plus profond
du puits de mon existence,
le méprisable visage de la planète.

Progresserons-nous sans mentir
sans blesser ?

Au désert,
en exil,
comment mesurer
le chemin parcouru ?

(Jacques Canut)

 

 

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Le vice empoisonne le plaisir (Proverbe chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



 

Le vice empoisonne le plaisir,
la passion le corrompt,
la tempérance l’aiguise,
l’innocence le purifie,
la tendresse le double.

(Proverbe chinois)

Illustration: Joane Michaud

 

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