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Le réveil d’une cascade (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

Le réveil d’une cascade

Tant de beauté, tant de bonheur et tant de jeux,
Ailleurs, où les trouverai-je ?
Emportée par la fougue de la jeunesse,
Je ne sais vers qui je m’en irai…
Mon envie sans fond, mon espoir sans fin
C’est découvrir le monde,
Irrésistible est mon désir de déferler
Tout autour de la terre.

Je peux déverser tout l’amour existant…
Je peux emporter tout le temps qui est…
Je peux envahir toutes les contrées,
Que pourrais-je espérer d’autre
Hormis cette seule envie du coeur?

***

The Waking of a Cascade

Where else shall I ever find
So much beauty and happiness and play ?
Drifted by my youthful feast
I wonder who will welcome me.
My depthless desire and my endless hope
Will be to discover the world,
I cannot resist the temptation
Of girdling the earth.

I can pour down all my love,
I can carry off Time that has been,
I can invade all the provinces,
Other than this heart’s desire
What could I expect more?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Coeur coeur coeur (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Coeur coeur coeur
Ton coeur bat trop fort
Toctoctoc toctoctoc
Quel printemps dans ton coeur
Il bat double
Il bat triple
Toctoctoc toctoctoc
Il bat les ans froids
Il bat les ans chauds
Il bat les ans fluides
Ton coeur bat trop fort
Le coeur de ton corps
Le coeur de ton âme
Ton coeur est en flammes
Etends-toi toujours
Cette onde courte qui t’emporte
Eh quoi déjà si loin déjà si loin
Déjà si près déjà si près
Déjà si loin déjà si loin

(Pierre Albert-Birot)

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Le courant emporte la lune (l’empereur Yang)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



La rivière de ce soir est lisse et calme,
Les fleurs du printemps s’épanouissent.
Le courant emporte la lune,
La marée ramène les étoiles.

(l’empereur Yang)

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Une nuit, errant par la ville (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019


 


 

yeux vertsl

Une nuit, errant par la ville, il trouva deux yeux verts dans une flaque d’eau.
Il les emporta dans sa maison et jusqu’à l’aube les contempla.
A l’aube les yeux verts avaient disparu.
Les cherchant, il passa devant son miroir.
Son visage le regardait avec des yeux verts.

(Guy Lévis Mano)

Illustration

 

 

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Tu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Tu

Tu opposes ton cœur ardent
A ma froide raison
Ton cœur aventureux
A mes angoisses.

Tu es le feu dans la cheminée
Qui brûle de tous ses tisons.

Tu es le vent sur la plaine
Qui emporte tout
Jusqu’au pied de la colline
Où le soleil se pose
Sur de mûres moissons.

Tu convoites l’espace
Avec tout ce qu’il contient.
Tu es l’incarnation de l’Etre.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Fabienne Contat

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Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église.
Ce qu’ils voyaient était extraordinaire.

Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale,
il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers
avec des tourbillons d’étincelles,
une grande flamme désordonnée et furieuse
dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée.

Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise,
deux gouttières en gueules de monstres vomissaient sans relâche cette pluie ardente
qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure.

À mesure qu’ils approchaient du sol,
les deux jets de plomb liquide s’élargissaient en gerbes,
comme l’eau qui jaillit des mille trous de l’arrosoir.
Au-dessus de la flamme,
les énormes tours, de chacune desquelles on voyait deux faces crues et tranchées,
l’une toute noire, l’autre toute rouge,
semblaient plus grandes encore de toute l’immensité de l’ombre qu’elles projetaient jusque dans le ciel.

Leurs innombrables sculptures de diables et de dragons prenaient un aspect lugubre.
La clarté inquiète de la flamme les faisait remuer à l’œil.
Il y avait des guivres qui avaient l’air de rire,
des gargouilles qu’on croyait entendre japper,
des salamandres qui soufflaient dans le feu,
des tarasques qui éternuaient dans la fumée.
Et parmi ces monstres ainsi réveillés de leur sommeil de pierre
par cette flamme, par ce bruit,
il y en avait un qui marchait et qu’on voyait de temps en temps
passer sur le front ardent du bûcher
comme une chauve-souris devant une chandelle.
(Victor Hugo)

 

Recueil: Notre-Dame de Paris
Traduction:
Editions:

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AUCUN LIEU (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019




    
AUCUN LIEU

Il n’y a
aucun lieu
ici
ni ailleurs.

Ici n’existe pas.
Ailleurs n’est pas.
Nous n’avons rien
à chercher.
Attendre est vain.

Il faut habiter le temps
multiple,
lui ressembler.

Avec lui comme lui
sans m’arrêter
je passe
disant adieu
jour après jour
aux figures
que la nuit
vertigineuse
emporte.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce n’est pas cela que j’attends (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Illustration: Louise Georgette Agutte
    
Ce n’est pas cela que j’attends
De la vie à l’odeur forte
Couleur de lilas veuve morte
Tu m’indiffères printemps.
L’algue marine et les vents
Qui viennent frapper à ma porte
L’amour que le diable l’emporte
Me sont plus émoustillants.
Homme qu’un désastre habite
Mes voeux de nulle saison
Ne se soucient. Ma prison
Ce corps qu’un feu noir excite
Rien n’en peut changer le sort
Sinon toi, mort de ma mort.

(Georges Perros)

 

Recueil: Poèmes bleus
Traduction:
Editions:

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DEPART (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
DEPART

L’heure
Adieu

La foule tournoie
un homme s’agite
Les cris
des femmes autour de moi
chacun se précipite me bousculant
Voici que le soir tombant
j’ai froid

Avec ses paroles j’emporte son sourire

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Le rêve (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019


 


Brad Kunkle  Second-Sleep_lrg_web

 

Le rêve est une jument
qui au loin nous emporte
sans jamais se déplacer

(Adonis)

Illustration: Brad Kunkle

 

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