Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘empourprer’

La braise du silence intérieur (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



Les émotions du coeur
finissent par empourprer
le soufre ou la braise
du silence intérieur.

(Michel Camus)


Illustration

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VOLUPTÉ (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Philippe Zacharie
    
VOLUPTÉ

Sur une terrasse blanche, la nuit, ils nous laissèrent évanouies dans les roses.
La sueur chaude coulait comme des larmes, de nos aisselles sur nos seins.
Une volupté accablante empourprait nos têtes renversées.

Quatre colombes captives, baignées dans quatre parfums, voletèrent au-dessus de nous en silence.
De leurs ailes, sur les femmes nues, ruisselaient des gouttes de senteur. Je fus inondée d’essence d’iris.

Ô lassitude! je reposai ma joue sur le ventre d’une jeune fille qui s’enveloppa de fraîcheur avec ma chevelure humide.
L’odeur de sa peau safranée enivrait ma bouche ouverte. Elle ferma sa cuisse sur ma nuque.

Je dormis, mais un rêve épuisant m’éveilla : l’iynx, oiseau des désirs nocturnes, chantait éperdument au loin.
Je toussai avec un frisson. Un bras languissant comme une fleur s’élevait peu à peu vers la lune, dans l’air.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver comme une rouge nue (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2017



Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver
Comme une rouge nue
Où déjà te dessinait nue
L’arôme de ta chair;

Ni vous, dont l’image ancienne
Captive encor mon coeur,
Île voilée, ombres en fleurs,
Nuit océanienne;

Non plus ton parfum, violier,
Sous la main qui t’arrose,
Ne valent la brûlante rose
Que midi fait plier.

(Paul-Jean Toulet)

Illustration: Pascal Renoux

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Ma soeur, il se fait tard (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2016




Ma soeur, il se fait tard. Le jour devient timide.
La colline rosit, au loin… L’herbe est humide.

Ecoute… Les bouviers sur les pas des troupeaux
Troublent de leurs appels la sente et les coteaux.

Le lac prochain s’endort. Les sarcelles s’envolent.
Sur les roseaux pensifs, comme autant de corolles,

Les blancs oiseaux des Dieux songent avec ferveur…
Il se fait tard, ma soeur. La nuit et sa faveur

Nous ramènent bientôt aux soins de nos mystères.
C’est l’heure… Descendant aux jardins de la terre,

Les mânes protecteurs, les Esprits et les Morts
Viennent de leurs enfants apaiser les remords,

Exaucer des mortels les voeux et les offrandes,
Et sur nos mains verser des grâces odorantes.

Que le vent nous libère et chasse les hiboux
De l’ombre inviolée et chaste des bambous !

Mais déjà l’arc-en-ciel empourpre la savane
D’une splendeur au ton mystique et diaphane.

De la lune alahmade invoquant le flambeau,
Allons prier, ma soeur, prier sur les tombeaux…

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Géraldine Potron

 

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