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Poésie

Posts Tagged ‘emprise’

Marées (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Marées

Le monde succombe
Aux mains des égorgeurs
En carcan de haine
Qui déciment les corps innocents

Puis s’échappant comme l’eau
De toute emprise
La liberté jaillit
Hors du joug des violences
Et des harnais du temps

Mais qui ramènera
Des contrées
De l’ombre et des glaives
Ces vies interrompues
Aux lisières de nos vies ?

(Andrée Chedid)

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Contre l’emprise du vert étouffant (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2019




Illustration
    
Contre l’emprise
du vert étouffant luttent
les rhododendrons.

***

Tussen de overmacht
van wurgend groen vechtend
de rododendrons

***

Luchando contra
la asfixiante supremacía
los rododendros

***

Fighting, not yielding
to the green, the purple blooms
of rhododendrons

***

Con fiori rossi
lottano contro il verde
i rododendri

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Lobe (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Pierre-Auguste Renoir    head-of-a-young-woman-

Blasons du corps féminin

Lobe

plus fin plus délicat plus petite merveille ?
rien ; mais il lui suffit d’une modeste place
si tendre on pourrait l’engloutir quand on l’embrasse
une goutte oblongue pour affiner l’oreille

et pourtant il a charge de lourds artifices
à moins que ne l’occulte cette boucle dont
la courbe l’assimile fragile à peine on
ose poser le doigt sur ce doux appendice

c’est peut-être de peur qu’on ne le tire qu’il
se dérobe soudain rebelle à toute emprise
puis au détour d’un geste il reparaît docile

celui-ce se découpe un autre se profile
vers la joue qu’il annonce et qui le suit conquise
pièces de collection pour quelque lobophile

(Patrick Le Divenah)

Illustration: ArbreaPhotos

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

 

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Je crois donc (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2018



 

feu

Je crois donc, avenir d’une réalité,
Que tu viens, devançant l’Age des Créatures,
Ouraganer la paix de mon éternité
Afin que je m’apprête aux tempêtes futures.

Vite déchiffre-moi cette énigme de feu
Qu’alimentent, bizarre amas d’allégories,
Des fanfares, des paons, des blasphèmes à Dieu,
Des serments tronçonnés et des chocs de patries.

Oh dis, spectre à rebours, la Force de demain
Que tu fais pressentir par une telle emprise
Que ma barbe si blonde a blanchi de surprise ! »
Et la Flamme lança : « Je suis l’Orgueil Humain. »

(Saint-Pol Roux)

 

 

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On ne s’y reconnaît plus (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: Lucie Llong
    
On ne s’y reconnaît plus
entre amoureux et tueurs

trop d’empreintes digitales
sur la peau des passions
trop d’emprises dessinées
sur la tendresse des chairs
trop de signes possessifs
sur les corps abandonnés

Portons des gants pour étreindre
et même pour caresser

ou ne touchons plus à rien

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu dis oui (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
   
tu dis oui
sous l’emprise
d’un excès de lumière

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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CALME (Bernard de Naillac)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2017



Illustration: Ivan Calatayud
    
CALME

Je ne veux rien de toi, rien… sinon ta présence.
Oh ! laisse-moi, petite, espérer ce beau don ?
Celui d’un court moment, ta seule complaisance,
Rien qu’un instant perdu. Te voir ; mais d’amour, non !

Pas d’amour. Oh ! l’amour fait mal, aigrit ou brise ;
C’est un jeu trop cruel ! Et déjà j’ai souffert
De me voir lâchement désirer son emprise,
Cependant qu’insoumis… hors de sa loi de fer.

J’ai trop appréhendé, trop attendu ce rêve,
Trop cherché dans l’amour un idéal vainqueur,
Inatteignable en fait. De la part que cède Eve,
Je ne pouvais avoir qu’amertume et rancœur !

C’est une loi fatale… Oui, j’ai souffert, te dis-je,
Et je ne le veux plus — non, plus d’amour, oh ! non.
Que cette intimité — calme — soit un prodige ?
Peut-être ! mais ce geste, à lui seul, est pardon…

(Bernard de Naillac)

 

Recueil: Etincelles

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La dispute (Stanley Kunitz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



La dispute

Les mots que j’ai dits en colère
pèsent moins qu’une graine de persil,
mais une route passe par eux
qui mène à ma tombe,
ce terrain acheté et payé
sur une colline saupoudrée de sel à Truro
où les pins de Virginie
surplombent la baie.
À mi-chemin je suis assez mort,
éloigné de ma propre nature
et de ma féroce emprise sur la vie.
Si je pouvais pleurer, je pleurerais,
mais je suis trop vieux pour être
l’enfant de quelqu’un.
Liebchen,
avec qui me disputerais-je
sinon dans le sifflement de l’amour,
cette flamme âpre et irrégulière.

***

The Quarrel

The word I spoke in anger
weighs less than a parsley seed,
but a road runs through it
that leads to my grave,
that bought-and-paid-for lot
on a salt-sprayed hill in Truro
where the scrub pines
overlook the bay.
Half-way I’m dead enough,
strayed from my own nature
and my fierce hold on life.
If I could cry, I’d cry,
but I’m too old to be
anybody’s child.
Liebchen,
with whom should I quarrel
except in the hiss of love,
that harsh, irregular flame?

(Stanley Kunitz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Pain et sel (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Pain et sel (Broyt un zalts)

Le soleil est à tout le monde, mais plus qu’à tous
Il est mien.
Les racines des ténèbres,
Je n’en ai nul besoin. Je suis
Un enfant du soleil.
Je suis la vie même,
Et la trace d’un renard argenté sur la neige
Est ma mémoire.
La hache qui viendra me déraciner
Devra et saura rester soumise à mon emprise.
Je suis le silence.
Suis son pain et son sel.

(Avrom Sutzkever)

 

 

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Relâcher son emprise crispée sur la journée (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2016



Relâcher son emprise crispée sur la journée.
Je crois que jusque dans leurs nuits,
beaucoup de gens gardent serré dans leurs griffes avides/affamées
un morceau de la journée.

Ce devrait être chaque soir un geste d’abandon et de détente:
laisser aller la journée, avec tout ce qu’elle a comporté.
Et se résigner à tout ce qu’on n’a pas pu mener à bien dans la journée,
en sachant qu’une nouvelle journée va venir.

Il faut aborder la nuit avec pour ainsi dire les mains vides,
ouvertes, dont on a laissé la journée glisser.

Alors seulement on peut vraiment se reposer.
Et dans ces mains vides et reposées,
qui n’ont rien souhaité retenir et où il n’y a plus un seul désir,
on reçoit en se réveillant, une nouvelle journée.

(Etty Hillesum)

Illustration: F.A. Moore

 

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