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Poésie

Posts Tagged ‘emprisonner’

Le ciel de janvier est tendu (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019



Illustration    
    
Le ciel de janvier est tendu
Comme une peau de tambour

Dans le caniveau
Un filet de cristal
Emprisonne
Les scories du jour

Rue de Lagny
Une feuille grise et fripée
Se pose à mes pieds

Je me hâte

Personne ne m’attend

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Emprisonné dans le calice blanc (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2019



Illustration
    
Emprisonné dans
le calice blanc du datura
le calme du soir.

***

Opgeborgen
in de witte doornappelkelk
de avondstilte

***

Almacenado
en el blanco cáliz de la datura
el silencio del anochecer

***

Hidden deep inside
the white datura calyx
the silence of dusk

***

Nascosta dentro
il calice di datura
calma notturna

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Tout au bout de la peur (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018



Tout au bout de la peur
Au large de ce récif noir,
Régions de vents et de mers tourmentées;
Jusques à quand cette mortelle terreur
Va-t-elle me retenir, m’emprisonner?

***

At the end of fear
Out over that black skerry,
Regions of wind and moiling sea:
How long will mortal terror
Withhold, imprison me?

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Tu captes les départs immobiles (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2018



 

 Brendan Monroe Observer__before_sleep_

Tu captes les départs immobiles
au fond d’un rêve où tu laves tes sensations

Tu emplis la rue de ta solitude tendue
et les femmes qui auraient pu t’arrêter
ont déjà emprisonné leurs corps

Tu épuises dans des rencontres sans attente
les biceps que tu allonges dans les stades
et les murs tendres de ta prison
— tu tends des velours pour masquer les pièces —
ne cassent pas souvent ta tête
quand tu la jettes
dans des départs qui ne seront pas réalisés

C’est bien — on le sait que tu as des élans
mais tu retombes assis dans ton aventure assise
enfant
qui par sursaut t’aperçois
que les grains de ta vie tombent tombent
et que se vide ta puissance
et que s’alourdit la moitié basse de ton sablier

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Prairie d’été (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



Prairie d’été

Mes mains emprisonnent la lumière
Et l’ombre de la mer
Je touche le sol
Et éprouve le désir
De brouter l’herbe fraîche
De ta prairie où tu mènes paître
Ta vache rousse

La lumière nous caresse
Et je pose mes mains
Sur des ondes de chaleur
Je veux posséder le monde
Pour te l’offrir.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

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Quelque chose freine la lumière (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



Illustration: Lydia Morano
    
Quelque chose freine la lumière :
toute lumière devrait parvenir en tous lieux.

Quelque chose endigue la musique :
toute musique devrait être entendue de tous.

Quelque chose étanche la pensée :
toute pensée devrait penser toutes choses.

Quelque chose emprisonne la vie :
toute vie devrait être le vivant et le non-vivant.

Dans ces circonstances sans remède,
l’homme est une substance gaspillée.

Tout amour a les bras longs à l’ехсès :
pour aimer, il faut raccourcir les bras.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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ÉVENTAILS EXOTIQUES (Max Waller)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



éventail e [800x600] 

ÉVENTAILS EXOTIQUES

Gais éventails enjoliés
Par de fines mains aux doigts roses,
Que l’on fixe entre un tas de choses
Aux tentures des ateliers ;

Où l’on voit des lunes laiteuses
Sur les montagnes lazuli,
Avec un horizon pâli,
Tout constellé de nébuleuses ;

Éventails chimériques qui
Donnent la vague nostalgie
D’entendre une voix de vigie
Vous signaler Nangasaki !

Éventails en papier qu’on donne
Pour quelques sous, soyez bénis,
Vous la gaîté de tous les nids
Où le jeune amour s’emprisonne ;

Qui jetez aux murs des gaîtés
D’orient qui s’emparadise,
Votre art primitif réalise
Les plus caressantes clartés ;

Et vous êtes, dans notre vie,
L’image, à nos sens avivés,
De la tendresse inassouvie
Et des chers paradis rêvés.

(Max Waller)

 

 

 

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Port Saint Père (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 

Port Saint Père

Petit village
tu emprisonnes le temps
autour de ton clocher

Ni le vent ni la brise
n’agitent tes moissons
tes avoines ne sont plus folles

Moulins les bras croisés
qui regardez paisibles
dormir les reines marguerites

Petit village si sage
quel drame mûris-tu
derrière tes volets clos

(Paul Louis Rossi)

 

 

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Veuillez emprisonner vos yeux (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




Veuillez emprisonner vos yeux,
Cessez de les jeter sur moi :
Quand vous daignez me regarder,
Par Dieu, belle, vous me tuez,
Mettant mon coeur en tel état
Que je ne sais plus où j’en suis.
Je suis mort si vous ne m’aidez,
Ma seule, ma suprême joie.

***

Vueilliez voz yeulx emprisonner
Et sur moy plus ne les giettés,
Car, quant vous plaist me regarder,
Par Dieu, belle, vous me tués
Et en tel point mon cueur mettés
Que je ne sçay que faire doye.
Je suis mort se vous ne m ‘aidiés,
Ma seule, souveraine joye.

(Charles d’Orléans)

Illustration: Le Titien

 

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Le grand obstacle, c’est toujours la représentation et non la réalité (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




    
Je sais comment libérer peu à peu mes forces créatrices des contingences matérielles,
de la représentation de la faim, du froid et des périls.

Car le grand obstacle, c’est toujours la représentation et non la réalité.
La réalité, on la prend en charge avec toute la souffrance,
toutes les difficultés qui s’y attachent – on la prend en charge,
on la hisse sur ses épaules et c’est en la portant que l’on accroît son endurance.

Mais la représentation de la souffrance – qui n’est pas la souffrance,
car celle-ci est féconde et peut vous rendre la vie précieuse – il faut la briser.

Et en brisant ces représentations qui emprisonnent la vie derrière leurs grilles,
on libère en soi-même la vie réelle avec toutes ses forces,
et l’on devient capable de supporter la souffrance réelle,
dans sa propre vie et dans celle de l’humanité.

(Etty Hillesum)

 

 

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