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DÉPART PRÉMATURÉ (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2020



Illustration: Giacomo Manzù
    
DÉPART PRÉMATURÉ

Tel un soleil
qui ne connaît plus d’aurore
se noie
dans sa propre lumière
et telle la nuit
qui éteint ses étoiles
ainsi se rompt la tige
s’arrache la feuille.

*

AURORE EMPRUNTÉE

Avec sa main d’ombre et de ténèbres
le soir effilocha
la lumière sans défense
l’avenir effilocha
la magie
l’aurore empruntée
extirpa la mèche
répandit l’huile
éteignit le temps.

***

ONTIJDIG HEENGAAN
Als een zon
die geen dageraad meer kent
wegsterft
in haar eigen licht
en de nacht
haar sterren dooft
knapt de steel
scheurt het blad.

*

GELEENDE DAGERAAD

Met zijn hand van schaduw en duister
ontrafelde de avond
het weerloze licht
ontrafelde de toekomst
de tover
de geleende dageraad
rukte uit de wiek
vergoot de olie
doofde de tijd.

***

AJAL AWAL

Pabila mentari
yang tidak kenal subuh
menjadi mangsa
dengan sinar sendiri
malam,
melindungi bintang,
mematahkan batang pohon,
mengoyakkan dedaun.

*

MEMINJAM SUBUH
Bayang-bayang dan kegelapan
meluruhkan petang,
cahaya yang tidak berdaya
meluruhkan masa depan.
Dengan kuasa ajaib
subuh yang dipinjam,
meninggalkan sumbu
tertumpah minyak,
terpadam waktu !

***

AURORA EMPRESTADA

Com sua mão de sombra e trevas
desfilou a tarde
a luz indefesa
desgastou o futuro
a magia
a aurora emprestada
arrancou a mecha
derramou o azeite
apagou o tempo.

***

PARTIDA A DESTIEMPO

Cuando un sol
que no conoce más el amanecer
se desvanece
en su propia luz
y la noche
apaga sus estrellas
se rompe el tallo
y desgarra la hoja.

*

AURORA PRESTADA

Con su mano de sombra y tiniebla
deshiló la tarde
la luz indefensa
deshiló el futuro
la magia
la aurora prestada
arrancó la mecha
derramó el aceite
apagó el tiempo.

***

DESPĂRȚIRE ATEMPORALĂ

Când soarele-a uitat
ce-nseamnă răsăritul
topindu-se
în propria-i lumină
noaptea
stelele-și stinge
frântă-i tulpina
frunza despicată.

*

ZORI DE-MPRUMUT

Cu mâini de umbră și-ntuneric
amurgul îl deșiră
lumina răsfirând-o
urzeala viitorului rărită-i de pe-acum
s-a dus vraja acelor
împrumutate zori
fitilu-i smuls
uleiul risipit
și timpul stins.

***

SCOMPARSA PREMATURA

Quando un sole
che non conosce più alba
muore
nella sua stessa luce,
e la notte
spegne le sue stelle,
si spezza lo stelo,
si lacera il foglio.

***

ALBA PRESTATA

Con la sua mano d’ombra e buio
scoperta la sera,
la luce senza difese
rivelato il futuro,
la magia,
l’alba prestata,
tirato fuori lo stoppino,
versato l’olio,
estinto il tempo.

***

UNTIMELY LEAVING

When a sun
which knows no more dawn
dies away
in its own light,
and the night
blots out its stars,
snaps the stem,
tears the leaf.

*

BORROWED DAWN

With its hand of shadow and darkness
unraveled the evening,
the defenseless light
unraveled the future,
the magic,
the borrowed dawn,
pulled out of the wick,
shed the oil,
extinguished time.

***

ZUR UNZEIT VERSCHEIDEN

Wenn eine Sonne
die keine Morgendämmerung mehr kennt
wegstirbt
in ihrem eigenen Licht
und die Nacht
ihre Sterne löscht
bricht der Stängel
zerreißt das Blatt.

*

GEBORGTER TAGESANBRUCH

Mit seiner Hand von Schatten und Finsternis
zerstob der Abend
das wehrlose Licht
Zerfaserte die Zukunft
den Zauber
den geborgten Tagesanbruch
Riss aus den Docht
vergoss das Öl
löschte die Zeit.

***

ΠΡΟΩΡΟΣ ΘΑΝΑΤΟΣ

Όταν ο ήλιος
δεν ξέρει ν’ ανατείλει πια
και στη δική του λάμψη θα χαθεί
όταν η νύχτα τ’ αστέρια της μαυρίσει
ο μίσχος θα κοπεί του λουλουδιού
και δάκρια θα κυλήσουν.

***

НЕОБХОДИМЫЙ УХОД

Когда солнце,
которое не знает рассвета
угасает
в своем собственном свете,
и ночь
стирая в небе звезды,
наступает ножкой
на слезы листьев.

*

ОДОЛЖЕННЫЙ РАССВЕТ

Тень и тьма собственноручно
распутали вечер,
беззащитный свет
распутал будущее,
магия
одолженного рассвета,
вытащенного из фитиля,
пролив масло,
потушила время.

***

***

***

英年早逝

当一个
不再知道黎明的太阳
死去
在它自己的光和夜晚里熄灭它的星星
断了茎碎了叶
原 作: 比利时 乔曼·卓根布鲁特
汉 译: 中国 周道模

***

借来的黎明
用它影子和黑暗之手
解开了夜晚
无防备之光
揭开了未来
魔法
借来的黎明
从灯芯里抽了出来
甩干了油
熄灭了时间

***

PRZEDWCZESNE ODEJŚCIE

Kiedy słońce
nie poznaje już świtu
powoli wygasza
swój blask,
a noc
zaciera swe gwiazdy,
pęka łodyga,
przedziera się liść.

*

WYPOŻYCZONY ŚWIT

Dłonią cienia i mroku
rozplótł się wieczór,
ujawnił bezbronność światła
rozwikłał przyszłość,
ujawnił iluzję,
że świt nam jedynie wypożyczono
wyciągnięty z knota,
rozlany olej,
zgaszony czas.

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 626
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Néerlandais / Malaisien : Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Rafael Carcelén / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Anglais Stanley Barkan / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Russe Rahim Karim / Arabe Sarah Silt / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Persan Sepideh Zamani /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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L’écorce du bouleau (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



L’écorce du bouleau

Comme l’écorce du bouleau
tu es argent, tu es parfum,
et je dois emprunter tes yeux
lorsque je décris le printemps.

J’ignore ton nom mais il n’est
de premier volume sans femme:
on écrit avec des baisers
(et je réclame le silence
pour laisser la pluie s’approcher)

[…]

Tu es celle que tu seras,
la femme innée de mon amour,
celle qui fut faite d’argile
ou de plumes, la femme-oiseau,
ou la femme territoriale,
chevelure dans le feuillage,
ou bien la femme concentrique
tombée comme une monnaie nue
dans le bassin d’une topaze
ou celle d’à présent qui soigne
mon incorrecte indiscipline
ou celle qui n’est jamais née
et que je continue d’attendre.

Car la lumière du bouleau
est la peau même du printemps.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Quel ailleurs? (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019


leve-toi-c

 

N’empruntant aucun ciel
N’usant d’aucune figure
Ne jouant d’aucun nom
L’ailleurs nous provoque!

Sous les voûtes du temps
Nous nous heurtons aux signes

Nos pas se brouillent
Les mots balbutient.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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Destin du poète (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019


 


Ráed Al-Rawi Triangle

 

Destin du poète

C’est toujours quelqu’un d’autre,
le Toi silencieux qui se parle en moi-même.
Parfois je m’arrache à l’écoute qui est prière
et je chante en son nom dans la langue empruntée
à la bouche des morts. Pour lui en moi, pour lui,
qui déjà me traduit
dans la gorge d’autrui.

(Claude Vigée)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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EN ÉTÉ SUR LA MONTAGNE DE LA CIGOGNE (Dai Shulun)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019



EN ÉTÉ SUR LA MONTAGNE DE LA CIGOGNE

Le vent des cieux me pousse au sommet
Chargé de roses, le souffle offre la fraîcheur
au sixième mois
J’emprunte les deux cigognes blanches
au vieux moine
Qui m’emportent sur leur dos
au fond des nuages d’azur

(Dai Shulun)

Illustration

 

 

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Pour pouvoir arriver à ce que tu ne connais pas (Thomas Stearns Eliot)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo 4Z

Pour pouvoir arriver à ce que tu ne connais pas
Tu dois emprunter une voie qui est la voie de l’ignorance.
Pour pouvoir posséder ce que tu ne possèdes pas
Tu dois emprunter la voie de la dépossession.
Pour pouvoir arriver à ce que tu n’es pas
Tu dois emprunter la voie dans laquelle tu n’es pas.
Et ce que tu ne connais pas est la seule chose que tu connaisses
Et ce que tu possèdes est ce que tu ne possèdes pas.
Et là où tu es est là où tu n’es pas.

(Thomas Stearns Eliot)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres (Proverbe amérindien)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019



    

Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres,
nous l’empruntons à nos petits-enfants.

(Proverbe amérindien)

 

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MORT, JE M’ÉGRÈNERAI EN TOI… (Pierre Minet)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Illustration: Lionel Valot
    
MORT, JE M’ÉGRÈNERAI EN TOI…
À Lilian

Mort, je m’égrènerai en toi
Et non pas seulement mon corps
Mais aussi mes bonnes mes mauvaises pensées
Tous les chemins que j’emprunterai revivront en Toi.
Je veillerai dans ta chair, pour l’émouvoir
Et ton esprit recevra le mien comme un vent —
Tu ne cesseras de m’écouter —
Enseveli en Toi, pour que Tu me chantes…

(Pierre Minet)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

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La beauté (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La beauté

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris ;
J’unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d’austères études ;

Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

(Charles Baudelaire)

Illustration: Albert-Ernest Carrier

 

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L’écureuil sur la branche (Henri Pichette)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



    

L’écureuil sur la branche
Flexible, me transporte.
Génie ! éclair qui tranche
Le bois mort de ma porte.

J’emprunte le chemin
Qu’aujourd’hui me réserve;
J’adapte au fruit la main,
L’oeil au jour, et j’observe.

Miel ! cire ! propolis !
En quête de merveille
L’aéroport d’un lis
Là-bas ! lorsque j’abeille.

Le lac est un trésor
Scintillant de poissons.
Le soleil, salves d’or,
Bombarde les moissons.

(Henri Pichette)

 

Recueil: Poèmes offerts
Traduction:
Editions: Gallimard

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