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Posts Tagged ‘émue’

La petite cascade chante (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Quel calme nocturne, quel calme
nous pénètre du ciel. –
On dirait qu’il refait dans la palme
de vos mains le dessin essentiel.

La petite cascade chante
pour cacher sa nymphe émue…
On sent la: présence absente
que l’espace a bue.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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DON JUAN – SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Alexander Maranov (6)

DON JUAN – SONNET

Au bord d’un étang bleu dont l’eau se ride
Sous le vent discret d’une nuit d’été,
Parmi les jasmins, foulant l’herbe humide
Avez-vous jamais, rêveur, écouté

La voix de la vierge émue et timide
Qui furtive, un soir, pour vous a quitté
Le foyer ami — depuis froid et vide —
Où, les parents morts, plus rien n’est resté?

Parfum de poison, volupté cruelle
D’avoir arraché du sol ce lys frêle
Et d’avoir hâté l’œuvre des tombeaux…

O destruction de quels âpres charmes
Es-tu donc parée?
Et, voilés de larmes,
Pourquoi les yeux clairs en sont-ils plus beaux?

(Charles Cros)

Illustration: Alexander Maranov

 

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Le vendredi du crime (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

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Le vendredi du crime

Un incroyable désir s’empare des femmes endormies
Une pierre précieuse s’endort dans l’écrin bleu de roi
Et voilà que sur le chemin s’agitent les cailloux fatigués
Plus jamais les pas des émues par la nuit
Passez cascades
Les murailles se construisent au son du luth d’Orphée
et s’écroulent au son des trompettes de Jéricho
Sa voix perce les murailles
et mon regard les supprime sans ruines
Ainsi passent les cascades avec la lamentation des étoiles
Plus de cailloux sur le sentier
Plus de femmes endormies
Plus de femmes dans l’obscurité
Ainsi passez cascades.

(Robert Desnos)

Illustration: Achille Funi

 

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Nénuphar (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Nénuphar

J’ai toute ma vie, mais qui la dirait mienne
me priverait, car elle est infinie.
Le frisson d’eau, la teinte aérienne
sont à moi; c’est encor cela, ma vie.

Aucun désir ne m’ouvre: je suis pleine
jamais je ne me referme par refus, –
au rythme de mon âme quotidienne
je ne désire point -, je suis émue;

Par ce mouvement j’exerce mon empire
rendant réels les rêves du soir
les au-delà des miroirs…

(Rilke)

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Le corps d’Eurydice (1/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



Ce mouvement vif de la main, était-ce
Pour dessiner son propre corps avec le vent
En parcourir les courbes? Ou un geste d’adieu,
Pour en célébrer, peut-être, l’absence?
Plus tard elle s’est mise à écrire, sa parole
S’est émue. Des phrases, elle ne savait où
Ayant pris naissance au milieu du désordre
Des sentiments, – des lignes ayant à parcourir
Avec elle du temps dans une chambre vide.
Une vie étrangère désormais: des mots
Sur une surface lisse, sans
Commencement ni fin:

«Ayant à croître, à traverser
Mon souffle, s’il est possible, m’approcher
De l’origine sans m’éloigner de vous,
Ne soyez pas si triste, ne m’attendez pas trop
Sur le seuil obscur.»

Elle ne se souvenait pas encore. Elle commençait
A écrire. Elle écrivait, déjà elle commençait
A mourir. L’encre blanchirait sa mémoire.
Couchée contre sa vie, blanche, étrangère,
Elle écrivait: un tournoiement de neige
Noircissait la feuille. Son visage
Maintenant lui apparaissait comme à travers
Une vitre qui semblait contenir le ciel,
Avec beaucoup d’oiseaux que sa main
Cherchait à saisir, maladroitement, comme les seuls
Signes visibles de sa vie:

« Mère Perséphone, salut! Tout mon corps
Se dégage de sa blancheur. Lentement je le vois
Qui s’avance, non dans la lumière,
Pas encore, mais dans une substance épaisse
Comme du sang, ou du souvenir »

Où qu’elle fût maintenant,
Diffuse dans l’ombre du tilleul,
Dans toute cette harmonie fameuse:
Les feuillages fébriles effaçant
Son image et son cri d’angoisse, ou prise
Dans l’iris d’encre, dans l’odeur des géraniums
Ou peut-être encore dans la prunelle
Infime d’un rouge-gorge. Où qu’elle fût:
Devenue le bruit des abeilles.
L’amour emprisonne ceux qui aiment
Derrière l’air bruissant, l’eau plus claire,
Dans la rumeur nombreuse des arbres,
Les excellentes peintures de la terre,
Dans les yeux brillants nous regardent:

« Contre vous mon corps, peu à peu plus obscur,
Je ne demande ni vos soupirs, ni vos regrets,
Mais sur ma bouche absente cette rumeur
Comme le vent du soir en été,
Dans le jardin. Il passe ».

Sur le coeur noir des fleurs, au moment
Où l’ombre a ce goût de menthe, à ce moment
Un souffle agitait d’autres parfums et
Lui faisait battre des paupières. Ou bien le silence
Permettait d’entendre une eau qui coulait
De nouveau sur les pierres, un moment de vie
Rajeunie, un bruit d’aile au loin, comme le velours
De lèvres jamais embrassées. Le geste alors,
Minime, de tourner les pages d’un livre,
Une rêverie à peine supportable:

« Mais où donc se tenait mon coeur,
Est-il là, devant moi, maintenant? Oui. Sans doute.
Roses? Ronces? Dans le fouillis des métaphores
A l’abandon. Mais qui donc était ce passant,
Et pourquoi stupéfait, silencieux? »

(Claude Adelen)

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Elle passe des heures émues appuyée à sa fenêtre (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2016



Elle passe des heures émues
appuyée à sa fenêtre,
tout au bord de son être,
distraite et tendue.

Comme les lévriers en
se couchant leurs pattes disposent,
son instinct de rêve surprend
et règle ces belles choses

que sont ses mains bien placées.
C’est par là que le reste s’enrôle.
Ni les bras, ni les seins, ni l’épaule,
ni elle-même ne disent : assez!

*

Sanglot, sanglot, pur sanglot!
Fenêtre, où nul ne s’appuie!
Inconsolable enclos,
plein de ma pluie!

C’est le trop tard, le trop tôt
qui de tes formes décident :
tu les habilles, rideau,
robe du vide!

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Rinat Animaev

 

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Je suis fou de souffrir si grand tourment (Reinmar de Hagueneau)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2016




Je suis fou de souffrir si grand tourment
et de vouloir qu’elle en porte la faute.
Depuis que, malgré elle, je la garde en mon coeur
qu’y peut-elle si je veux vivre en la peine?

Peut-être cependant en sera-t-elle émue.
Désormais je ne puis changer les choses:
nul ne me fait tort que ma constance.

***

Ích bin tump, daz ich sô grôzen kumber klage
und it des wil deheine schulde geben.
Sît ich si âne it danc in mînem herzen trage,
was mac si des, wil ich unsanfte leben?

Daz wirt it íedoch lîhte leit.
Nu múoz ichz doch álsô lâzen sîn:
mir machet niemen schaden, wan min staetekeit.

(Reinmar de Hagueneau)

Illustration: Lionel Le Jeune

 

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Rêvé de toi (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2015



Rêvé de toi
deux nuages
couleur cuisse de nymphe émue

(Jean Joubert)


Illustration

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