Arbrealettres

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CHANSON DES RIRES (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
CHANSON DES RIRES

Quand les bois verts rient de leur voix de joie,
Quand les rides du ruisseau sont des rires aussi,
Quand l’air est le rire de nos rires,
Quand la oolline verte rit du bruit de ce rire.

Quand les prairies de toute leur vivante verdure rient,
Quand les sauterelles rient dans toute cette joie,
Quand Marie, Suzanne et Émilie
De leurs douces bouches rondes chantent :
Ah… Ah… Ah…

Quand les oiseaux brillants rient dans l’ombre,
Là où notre table n’est que noix et cerises ;
Viens, vis et sois heureux, mêlons nos voix
Pour chanter en choeur tendrement :
Ah… Ah… Ah…

***

LAUGHING SONG

When the green woods laugh with the voice of joy,
And the dimpling stream runs laughing by,
When the air does laugh with our merry wit,
And the green hill laughs with the noise of it,

When the meadows laugh with lively green,
And the grasshopper laughs in the merry soene,
When Mary and Susan and Emily
With their sweet round mouths sing
`Ha, Ha, Ha!’

When the painted birds laugh in the shade,
Where our table with cherries and nuts is spread,
Come live & be merry and join with me,
To sing the sweet chorus of
`Ha, Ha, Ha!’

(William Blake)

 

Recueil: Chants d’Innocence et d’Expérience
Traduction: Marie-Louise et Philippe Soupault
Editions: Quai Voltaire

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Intarissablement (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2016



Intarissablement

Dire qu’au fond des cieux n’habite nul Songeur,
Dire que par l’espace où sans fin l’or ruisselle,
De chaque atome monte une voix solennelle
Cherchant dans l’azur noir à réveiller un coeur!

Dire qu’on ne sait rien! et que tout hurle en choeur.
Et que pourtant, malgré l’angoisse universelle,
Le Temps qui va roulant les siècles pêle-mêle,
Sans mémoire, éternel et grave travailleur,

Charriant sans retour engloutis dans ses ondes
Les cendres des martyrs, les cités et les mondes,
Le Temps, universel et calme écoulement,

Le Temps qui ne connaît ni son but, ni sa source,
Mais rencontre toujours des soleils dans sa course,
Tombe de l’urne bleue intarissablement!

(Jules Laforgue)


Illustration: Gilbert Garcin

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