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Poésie

Posts Tagged ‘en suspens’

Qui peut décrire ce moment ? (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2019



Illustration
    
Qui peut décrire ce moment ?
Moi assis là solitaire
à regarder tout sans mots :
le miel en suspens dans l’air, le vert partout.
Seule l’unique mouche de la pensée
survole cet Éden du matin.

(Amir Or)

 

Recueil: Entre ici et là
Traduction: Michel Eckhard Elial
Editions: ÉRÈS

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L’ÉTANG (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’ÉTANG

Autоur de la blessure, la couronne de roseaux.
L’humidité, la corrosion,
reflète le soleil en gris.

Des araignées vont sur l’eau.
Le miracle (encore en suspens)
ne renouvelle aucune onde.

La blessure guérit-elle,
se dessèche-t-elle ?

Qui donne sa chair,
ses muscles,
soi-même, en victime ?
Toi seul ?

Qui exorcisera l’étang,
cette face de crapaud
qui te regarde fixement ?

Pour у faire épanouir ton visage,
ton jardin,
le bonheur de mille fleurs :
« considérer une vie
plein dе deuils, »
comme un cri en quête de joie.

***

DER TEICH

Um die Wunde das Schilfband.
Das Feuchte, Ätzende,
spiegelt die Sonne grau.

Spinnen gehen über das Wasser.
Das Wunder (das noch aussteht)
wiederholt keine Welle.

Heilt die Wunde,
trochnet sie aus ?

Wer gibt sein Fleisch,
seine Muskeln,
sich, das Opfer ?
Du allein ?

Wer vertreibt den Teich,
das Krötengesicht,
das dich anstarrt?

Dass darüber dein Gesicht wächst,
dein Garten,
das Glück tausender Blumen:
» zurückzublicken auf ein Leben
voller Verluste «,
wie ein Schrei nach Freude.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

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En descendant l’escalier d’une maison (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

en descendant l’escalier d’une maison
de pierre
j’ai entendu sourdre du sous-sol
l’ancien
le continu
l’avenir
et j’étais
en suspens
les lèvres étaient immenses

(Arthur Bidegain)

Illustration: Escher

 

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L’amour bref (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
L’amour bref

Avec quelle douceur lisse
il me lève du lit où je rêvais
à des plantes profondes parfumées,

il promène des doigts sur la peau et me dessine
dans l’espace, en suspens, jusqu’à ce que se pose
le baiser courbe et récurrent

afin que se déclenche à feu doux
la danse cadencée du bûcher
nous enlaçant par rafales, par hélices,
aller et retour d’un ouragan de fumée —

(Pourquoi, ensuite,
ce qui reste de moi
n’est qu’un naufrage dans des cendres
sans un adieu, sans autre chose que le geste
de libérer les mains ?).

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’inerte chanson (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
L’inerte chanson

Combien de baisers en suspens
Au bord des lèvres affamées
Et parmi les palais absents
De princesses inanimées
Dormant à jamais embrumées
Sous l’or de leurs cheveux dolents.

Combien à l’ancre au fond du port,
Et malgré les voiles vermeilles,
Souplement arquant leur essor,
De bateaux captifs qui sommeillent
Et qui jamais n’appareillent
Que vers ce havre noir, la Mort.

Combien de lys n’ont point éclos
Dont l’aube dédaigna l’offrande;
Et, sur des îles de coraux
Où leurs bras vainement se tendent,
Combien d’exilés qui t’attendent,
O Mort, sous tes verts oripeaux!

(Marie Dauguet)

 

 

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Peut-être ne suis-je de ce monde ? (Ono no Komachi)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



Peut-être ne suis-je
de ce monde ? Mon esprit
en suspens se perd
depuis que l’homme attendu
grand-peine d’oubli m’inflige.

(Ono no Komachi)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Arthur Hacker

 

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Poésie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



Poésie

Ce qui est plus que le mot
mais que le mot délivre

Ce qui est périssable
mais qui renaît devant

Ce qui sombre à foison
mais sans cesse se bâtit

Ce qui nous passe toujours
mais dont nous sommes semence

Ce qui a nom de vie
mais que les jours écartent

Ce qui est évidence
mais qui reste en suspens.

(Andrée Chedid)


Illustration

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L’ange appuie sur le puits (Philippe Leuckx)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2016



Vassili Grigorievitch Perov_troika [800x600]

L’ange appuie sur le puits
Ses cerceaux d’absinthe
De jeunes enfants trop maigres
Allument haut leurs yeux
Pour boire en suspens le seau de neige.

(Philippe Leuckx)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Vassili Grigorievitch Perov

 

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IL ME SEMBLAIT ALORS (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015



IL ME SEMBLAIT ALORS que l’amour restait en
suspens. Et ce n’était pas cela. Simplement toi tu
n’allais jamais revenir.

*

ME PARECÍA AHORA como si quedase en
suspenso el amor. Y no era eso. Tan sólo tú no
volverías nunca.

(José Ángel Valente)

Illustration: Alberto Galvez

 

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UN ABANDON (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2015




UN ABANDON

Un abandon en suspens.
Nul n’est visible sur terre.
Seule la musique du sang
assure résidence
dans un lieu si ouvert.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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