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Poésie

Posts Tagged ‘en vain’

Lire (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



Les mots traversent l’éther de la page.
A peine veut-on les saisir, entre deux doigts de fée,
qu’ils meurent et renaissent plus loin :
comme à ce jeu, vous en souvenez-vous,
où il est question d’un bois,
et où demande est faite au loup de signaler sa présence.
Semblablement, le lecteur y est lorsque l’auteur n’y est plus,
tous deux se cherchant en vain dans la forêt de Langue d’Or.

Lire.
Déplier l’échelle qui est dans l’âme,
dont les degrés se perdent de vue,
vers le haut comme vers le bas.

(Christian Bobin)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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Insurgés (Zohra Karim)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2022




    
Insurgés

Insurgés, révoltés, dissidents, rebelles,
Tienanmen, Mandela, Luther King et bien d’autres.
Hommes, femmes, de droit, de liberté
D’humanité et d’amitié
D’hier ou de là-bas
Et j’espère encore ici et demain.
Votre sang n’a pas coulé en vain
Il coule toujours dans nos veines.

(Zohra Karim)

Recueil: La révolte des poètes
Traduction:
Editions: Livre de poche Jeunesse

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En mémoire de ma mère (Leonard Nolens)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2022




    
En mémoire de ma mère

Je dois encore apprendre qui tu es.

Tu es devenue le livre
où logent maintenant toutes mes années
et mon regard
Tu t’obscurcis
devant mes yeux.
Je suis en vain le chiffre des pages
depuis ta tombe jusqu’au compte
qui nous désigne
depuis la femme jusqu’à l’homme.

Je dois encore te lire.

(Leonard Nolens)

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Je n’ai jamais bien su (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022



    

Je n’ai jamais bien su

Je n’ai jamais bien su le langage des vivants
Et j’essaie en vain d’accorder mon âme
À ceux qui parlent savamment.
Vienne une autre vie avec sa corbeille d’espoir
J’y mettrai mes actions perdues
Mes phrases dérisoires
Et cette étendue sans chaleur
Qui me sépare des humains.
Nommez-moi les choses
Afin que j’apprenne à les tenir dans ma main
Donnez-moi le nom secret des êtres
Afin qu’en eux mon coeur pénètre
Comme une eau douce au mois de Juin.
J’écoute un chant qui ne peut plus s’éteindre
Qui porte en lui tous les bonheurs et tous les cris
Est-ce une flûte? Est-ce une lampe
Que tu me tends ô poésie?
Je marche à la rencontre du jour
Et je vois la beauté invisible du monde
Telle une haute flamme
Dans les regards amis.

(Hélène Cadou)

Cantate des nuits intérieures, Si958.

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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REVE DE MA FEMME MORTE LE 20 DU PREMIER MOIS 1015 (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022



Illustration: Zhao Ji
    
REVE DE MA FEMME MORTE LE 20 DU PREMIER MOIS 1015
Sur l’air de  » La Ville au bord du fleuve »
-Su Shi

En dix ans le vivant ne sait rien de la morte.
Puis-je t’oublier bien que nul ne m’apporte
la nouvelle de ta tombe solitaire,
dont mille lieues m’ont séparé?
A qui épancherai-je mon coeur brisé?

Même si tu m’avais revu, m’aurais-tu reconnu,
le visage couvert de poussière
et les cheveux de givre poudrés ?
Hier soir j’ai rêvé d’être de retour
et de te voir faire à la fenêtre ta toilette.

Nous nous regardions sans rien dire, noyés de pleurs.
D’année en année, j’imagine en vain
Que ton coeur se déchire par la douleur,
au clair de lune, sur le tertre planté de pins.

(Anonyme)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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A UNE CHANTEUSE (Fan Zhongyan)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022




    
A UNE CHANTEUSE
Sur l’air de « Laver de la soie au ruisseau  »
— Yan Shu

Une coupe de vin,
une chanson nouvelle,
le pavillon est le même
et aussi beau le temps.

Quand reviendras-tu
voir le soleil au couchant ?
Je soupire en vain
sur la tombée des fleurs belles ;

Les hirondelles
semblent de vieilles connaissances.
J’erre dans mon jardin
saturé de fragrance.

(Fan Zhongyan)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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Ça m’est égal (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022



Claude Roy
    
Ça m’est égal

Ça m’est égal d’être un peu mort escamoté dessous la terre du côté de ceux qui
ont tort d’être plus là pour prendre Pair

Ça m’est égal que plus personne sache comment je m’appelai Tant et tant de
téléphones sonnent dans des appartements déserts

Ça m’est égal de ne plus voir gens qui pleurent ni gens qui rient de rien sentir
de rien savoir d’être un peu de rien dans du gris

Mais je voudrais pourtant savoir
si quelque part quelqu’un quand même
se souviendra de mes souvenirs
Ai-je rien oublié de tous ceux que j’aime

Je veux bien partir et être très mort mais mes souvenirs seront-ils en vain
comme au fond des mers les galions pleins d’or dormant dans le noir de l’eau sans chemins

Mais nos souvenirs seront-ils en vain

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Démunie (Claire Goll)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2022



Illustration: Grégoire Mathieu
    

Démunie

Pourquoi n’ai-je pas conservé
Tes sourires précieux
Et préservé l’ombre
Que tu jetais sur nos routes ?

Pourquoi n’ai-je pas mis de côté
Tes regards d’ambre et d’or,
Fortune fabuleuse pour plus tard
Quand je serai à court de tendresse ?

J’ai gaspillé tes caresses
Je n’ai aucun disque de tes pas
L’orage a éparpillé tes étreintes
Et détruit les silos remplis de baisers.
Le dernier son de ta voix
S’est perdu dans le sable
Et je dessine en vain ton profil
Dans le givre de ma fenêtre.

(Claire Goll)

 

Recueil: Poésie au féminin
Traduction:
Editions: Folio

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Chanson du Sud-du-Fleuve (Li Yi)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration: Chai Qiu Nong
    
Chanson du Sud-du-Fleuve

Mariée jeune à un marchand-voyageur
Jour après jour attendre en vain son retour
Si j’avais su combien fidèle était la marée
J’aurais épousé, pour sûr, un joueur de vagues

(Li Yi)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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COMPLAINTE (Luis De Camoes)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022




    
COMPLAINTE

MOTIF : Celui qui saurait Où
pousse l’Amour
Pourrait le semer !

GLOSE : D’amour et douleur Je
me fis semeur ; Semant
de l’amour, Moissonnant
des leurres,
De ma vie ne vis
D’homme qui cueillît
Ce qu’il eût semé.

Vis terre fleurie De
belles épines, Belles
pour les yeux,
Pénibles à vivre ;
Mais bête perdue Qui
paît de cette herbe
A mal’heure naît.

Avecques mes pertes
Je luttais en vain :
Car semant du grain
Je cueillais la peine.
Nul amour ne vis Qui
durât beaucoup Sans
beaucoup blesser.

(Luis De Camoes)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Sophia De Mello Breyner
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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