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Poésie

Posts Tagged ‘en vie’

Si belle! Seuls demeurent ces vers (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2018



Demain tous ces mots en lesquels je t’aime
Seront vivants, toi morte.
Corps, tu étais en vie pour ne plus l’être,
Si belle! Seuls demeurent ces vers.

(Fernando Pessoa)

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LA LUNE DES PREMIERS JOURS (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: Leon-Francois Comerre
    
LA LUNE DES PREMIERS JOURS

Exister au loin. Peut-être n’existes-tu pas sur terre,
En pensant à toi comme Si tu étais en vie,
je te prends pleinement dans mes bras,
Le vide semble un suc.
Tu es une absente imprégnée de la chaleur du corps.
À vrai dire quand je t’ai prise dans mes bras, je voyais
Derrière toi le ciel d’un éternel au-delà.
Tu étais le vide «plein» dans une forme.
Que la forme est fragile et poignante.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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Imagine deux îles (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018




    
Imagine deux îles, deux seins,
frotte les doigts contre le ventre
— est-ce ton ventre ou le sien ? —
dès lors, tu t’extasies ou tu meurs
du plaisir d’être en vie.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Je hais ces mots (Sarah Kane)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Illustration
    
Je hais ces mots qui me gardent en vie,
je hais ces mots qui m’empêchent de mourir.

(Sarah Kane)

 

Recueil: Manque

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Double invention (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Double invention

Lorsque la rose qui nous émeut
chiffre les termes du voyage
lorsque dans le temps du paysage
s’efface le mot qui dit neige,

un amour nous reconduira
jusqu’à la barque du passage,
et dans ces lèvres sans message,
ton signe ténu s’éveillera.

Je suis en vie car je t’invente,
alchimie d’aigle dans le vent
au ras du sable et la pénombre,

toi dans cette veillée tu animes
l’ombre avec laquelle tu m’éclaires
et le murmure qui m’imagine.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Je m’enfonce très fort (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017




    
Je m’enfonce très fort les ongles dans la peau
pour me rappeler que je suis encore en vie
à l’heure où mes doigts craignent de se refermer
sur des os prêts à jouer le jeu de la mort.

Que me reste-t-il de quarante ans de regards,
sinon le souvenir de deux ou trois couchants
au-dessus de soirs presque sans date ni lieu,
de blés marchant la tête haute vers la nuit ?

Le soleil fait semblant de ne pouvoir sortir
d’un filet d’eau traversant pierres et chemins
ou des yeux d’une amoureuse pour qui se lève
le jour irremplaçable d’un visage d’homme.

Elle avance sans savoir que les murs s’éclairent
à l’approche d’un corps aussi bouleversant
que celui d’un navire en route vers la terre,
foudre vivante à quoi se brûle l’horizon.

La lumière éparse n’a plus d’autre support
qu’une main tendue venant tout droit de la nuit
et par laquelle ma chair rayonne et s’étend
très loin de ce point trop gris qu’est toujours le coeur.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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La Terre est à jamais fermée sous mes pas (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Pablo Picasso
    
La Terre est à jamais fermée sous mes pas
avec autour d’eux le désir insensé des moissons.
Je ne suis en vie que dans la nuit d’une chambre
située à n’importe quel étage du monde.

Des mots que je ne peux, que je ne sais pas dire,
des visages mal remplis par le souvenir que j’en ai
m’abordent avec l’insistance du feu
qui fait se lever et se coucher chaque jour.

Je passerai toute ma vie à chercher
les mots qui ont soudé mon visage au tien.
Mon front à peine haut comme la main
contient le ciel qui tombe de toutes parts.

Le désir est un souffle chaud qui m’accable
et se plaque contre moi comme le vent :
il ne reste pas sous ma peau une goutte de sang
qui ne vienne, mal éclairée, à sa rencontre.

Le désir est en moi, englué dans ma chair,
comme une forêt l’est en pleine terre.
C’est lui qui me force à crier mon chant de vie
quand la mort bat plus fort que mon coeur
et qu’elle est déjà couchée sur moi, front contre front.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Le vent d’automne souffle (Shiki)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




    
Le vent d’automne souffle
Nous sommes en vie
Et nous pouvons nous regarder l’un l’autre,
Vous et moi.

(Shiki)

 

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J’ai cherché à le maintenir en vie (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



J’ai cherché à le maintenir en vie

Oh, avec quels
Soins infinis
J’ai cherché
A le maintenir en vie :
Chaque jour
Amoureusement
Je l’insultais,
Chaque jour
Je le vitupérais
Pour son oeuvre
Funeste.
Ciel, quelle fête,
Quelle belle théorie,
Comme c’était facile,
Comme c’était commode,
Comme c’était juste
A la mesure de l’homme !
Quand Dieu existait,
Non, il n’y avait
Pas de problèmes.
Mais après ?
Quel triste
Maudit
Etat.
Maintenant :
De tout
Je ne puis accuser que moi.

***
Ho cercato di mantenerlo in vita

Oh con quale
Cura infinita
Ho cercato
Di mantenerlo in vita :
Tutti i giorni
Amorosamente
Lo bestemmiavo,
Tutti i giorni
Lo vituperavo
Per l’opera sua
Funesta.
Cielo, che festa,
Che bell’assunto,
Com’era facile,
Com’era comodo,
Com’era, appunto,
A misura d’uomo !
Quando Dio era,
No, non si dava
Problema.
E invece
Che tristo
Dannato
Stato
Adesso :
Di tutto
Non posso dare colpa che a me stesso.

(Tommaso Landolfi)

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Nous humons les parfums les plus fragiles (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016



Nous n’aurons de cesse d’être en vie
que pour dénoncer les roses
qui ne seraient que roses.
Eau à la bouche, nous humons
les parfums les plus fragiles.

(Jacques Izoard)

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