Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘enchaîner’

Sonnet du beau (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Alberto Gálvez  (8)

Sonnet du beau

Je t’aimai t’élis t’espère
Toi qui fais mon devenir
Le coeur je sais s’exaspère
de te voir aller venir.

Un reste de temps précaire
change le songe et l’agir
sachant la grâce première
don ému de ton désir.

De toi j’aime la lumière
promesse qui va s’enfuir
et m’enchaîne à son mystère.

Jeunesse à n’en plus finir
le vrai du beau ne diffère
qu’aux yeux vains de l’avenir.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Alberto Gálvez

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE COEUR AU BOND (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




    
LE COEUR AU BOND

Rien n’a changé
Les fleurs du paravent montent jusqu’au plafond
La serrure secrète retrouve sa chanson
La fenêtre est ouverte
Je regarde courir la Loire jument verte
L’écume des corbeaux qui flotte au bord du toit

C’est toujours toi qui m’accueilles
Au bas de l’escalier
Des algues de lumière enchaînent tes épaules
Et le serpent de ciel aurait pu t’étouffer

Quand tes mains voleront sous les prèles
Quand la terre baignera tes paupières fossiles
Je reprendrai la vie où tu l’auras laissée.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE COEUR AU BOND (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



LE COEUR AU BOND

Rien n’a changé
Les fleurs du paravent montent jusqu’au plafond
La serrure secrète retrouve sa chanson
La fenêtre est ouverte
Je regarde courir la Loire jument verte
L’écume des corbeaux qui flotte au bord du toit

C’est toujours toi qui m’accueilles
Au bas de l’escalier
Des algues de lumière enchaînent tes épaules
Et le serpent de ciel aurait pu t’étouffer

Quand tes mains voleront sous les prêles
Quand la terre baignera tes paupières fossiles
Je reprendrai la vie où tu l’auras laissée.

(René Guy Cadou)

Illustration: Stanislav Shpanin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis parti… (Constantin Cavafy)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



 

Henri Toulouse-Lautrec 82 [1280x768]

Je suis parti…

Je ne me suis pas laissé enchaîner.
Je me suis enfin détaché et je suis parti.
Vers les plaisirs mi-réels
Mi-imaginaires
De mon esprit.
Je suis allé dans la nuit éclairée.
Et j’ai bu des vins rudes,
Ceux que boivent les hommes de plaisir.

(Constantin Cavafy)

Illustration: Henri Toulouse-Lautrec

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elle l’enchaîna dans une grotte (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



Elle l’enchaîna dans une grotte,
Elle fit un signe sur la porte;
La vierge oublia la lumière
Et la clef tomba dans la mer.

Elle attendit les jours d’été :
Elle attendit plus de sept ans,
Tous les ans passait un passant.

Elle attendit les jours d’hiver;
Et ses cheveux en attendant
Se rappelèrent la lumière.

Ils la cherchèrent, ils la trouvèrent,
Ils se glissèrent entre les pierres
Et éclairèrent les rochers.

Un soir un passant passe encore,
Il ne comprend pas la clarté
Et n’ose pas en approcher.

Il croit que c’est un signe étrange,
Il croit que c’est une source d’or,
Il croit que c’est un jeu des anges,
Il se détourne et passe encore…

(Maurice Maeterlinck)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand je passe près d’une ombre (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017




    
Quand je passe près d’une ombre
claquant comme un linge au vent
elle souffle à mon regard :
je suis à toi tu me prends
la muraille qui m’enchaîne
m’a préparée pour te plaire.

(Jean Tardieu)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je sais la voix (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



Illustration: Gao Xingjian
    

Je sais la voix

Je sais la voix qui tremble pour survivre.
Il fait si noir dans ces chambres sans rêve
où nul espoir ne livre plus combat.

Tel, enchaîné par les ombres, les pactes,
j’entends le jour déserté qui me parle.
Le Temps me blesse avec ses trois couteaux.

De n’être pas je me fais la semblance.
Si le coeur frappe à la porte du corps,
le sang se fige aux fleuves souterrains.

Si je murmure, il naît des mots de braise.
Une étincelle enflamme la raison.
Le lieu d’Éros incarne l’âme errante.

J’entends le cri des grandes déchirures.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La peau est sur le sang (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
La peau est sur le sang comme un papier
qui se déchire à la place des yeux
et l’on voit bien les grands fonds du regard
s’éclairer par moment d’un peu de feu.

C’est le même homme qui va de nuit en nuit
enfouissant sa tête dans le ciel bas.
Quand il se retourne, il trouve toujours
la même ombre qui enchaîne ses pas.

C’est le même homme que se renvoient
îes vitrines posées sur des fonds sous-marins.
C’est le même homme entouré de siècles
qui ne trouve plus de carrefours sur sa route.

La pluie tombe droite comme les moissons
et cherche un passage dans le vent dur.
Le jour naissant est si haut, si vide
qu’il n’y a plus qu’un homme sur la terre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un feu vivant (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



alexandra-bochkareva-10

Un feu vivant

Mon amour du profond des nuits
Du fond de la terre et des arbres
Du fond des vagues, de l’oubli
Mon amour des soifs de l’enfance
Mon amour de désespérance

Je t’attends aux grilles des routes
Aux croisées du vent du sommeil
Je crie ton nom au fond des soutes
Des marécages sans oiseaux
Du fond de ce désert de fonte
Où je pose un à un mes pas

J’attends la source de tes bras
De tes cheveux, de ton haleine
Tu me libères, tu m’enchaînes
Tu me dévastes tu me fais

Je t’attends comme la forêt
Inextricable, enchevêtrée
Tissée de renards et de geais
Et que le matin fait chanter.

(Luc Bérimont)

 Illustration: Alexandra Bochkareva 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’étranger (Sully-Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



Paul Baringou etre

L’étranger

Je me dis bien souvent : de quelle race es-tu ?
Ton cœur ne trouve rien qui l’enchaîne ou ravisse,
Ta pensée et tes sens, rien qui les assouvisse :
Il semble qu’un bonheur infini te soit dû.

Pourtant, quel paradis as-tu jamais perdu ?
A quelle auguste cause as-tu rendu service ?
Pour ne voir ici-bas que laideur et que vice,
Quelle est ta beauté propre et ta propre vertu ?

A mes vagues regrets d’un ciel que j’imagine,
A mes dégoûts divins, il faut une origine :
Vainement je la cherche en mon cœur de limon ;

Et, moi-même étonné des douleurs que j’exprime,
J’écoute en moi pleurer un étranger sublime
Qui m’a toujours caché sa patrie et son nom.

(Sully-Prudhomme)

Illustration: Paul Baringou

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :