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Poésie

Posts Tagged ‘enchanté’

Qui marche sur la mer (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



Illustration: Josephine Wall 

    

Qui marche sur la mer
Et n’est point bâtiment

Qui vole dans les airs
Et pourtant n’a pas d’ailes

Qui peut changer le monde
Et n’en profite pas

Qui est toujours plus grand
A chaque fois qu’il tombe

Qui fait une fontaine
Enchantée de sa tombe

Qui n’a pas un enfant
Mais des milliers d’enfants

Qui me hante qui est
Ma face de lumière.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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L’étrange douceur (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




Illustration


L’ÉTRANGE DOUCEUR

Comme un oiseau dans la tête
Le sang s’est mis à chanter
Des fleurs naissent c’est peut-être
Que mon corps est enchanté

Que je suis lumière et feuilles
Le dormeur des porches bleus
L’églantine que l’on cueille
Les soirs de juin quand il pleut

Dans la chambre un ruisseau coule
Horloge aux cailloux d’argent
On entend le blé qui roule
Vers les meules du couchant

L’air est plein de pailles fraîches
De houblons et de sommeils
Dans le ciel un enfant pêche
Les ablettes du soleil

C’est le toit qui se soulève
Semant d’astres la maison
Je me penche sur tes lèvres
Premiers fruits de la saison.

(René Guy Cadou)

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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IL EST TROP TARD (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

Pier Toffoletti 31

IL EST TROP TARD

Rappelez-vous ces jours heureux,
Où mon coeur crédule et sincère
Vous présenta ses premiers voeux.
Combien alors vous m’étiez chère !
Quels transports ! quel égarement !
Jamais on ne parut si belle
Aux yeux enchantés d’un amant ;
Jamais un objet infidèle
Ne fut aimé plus tendrement.
Le temps sut vous rendre volage ;
Le temps a su m’en consoler.
Pour jamais j’ai vu s’envoler
Cet amour qui fut votre ouvrage :
Cessez donc de le rappeler.
De mon silence en vain surprise,
Vous semblez revenir à moi ;
Vous réclamez en vain la foi
Qu’à la vôtre j’avais promise :
Grâce à votre légèreté,
J’ai perdu la crédulité
Qui pouvait seule vous la rendre.
L’on n’est bien trompé qu’une fois.
De l’illusion, je le vois,
Le bandeau ne peut se reprendre.
Échappé d’un piège menteur,
L’habitant ailé du bocage
Reconnaît et fuit l’esclavage
Que lui présente l’oiseleur.

(Evariste Parny)

Illustration: Pier Toffoletti

 

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Les Tendres Souhaits (Charles-Henri Ribouté)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Giovanni Bellini
    
Les Tendres Souhaits

Que ne suis-je la fougère,
Où, sur la fin d’un beau jour,
Se repose ma bergère,
Sous la garde de l’amour ?
Que ne suis-je le zéphyr
Qui rafraîchit ses appas,
L’air que sa bouche respire,
La fleur qui naît sous ses pas ?
Que ne suis-je l’onde pure
Qui la reçoit en son sein ?
Que ne suis-je la parure
Qui la couvre après le bain ?
Que ne suis-je cette glace,
Où son minois répété,
Offre à nos yeux une grâce,
Qui sourit à la beauté ?
Que ne puis-je par un songe,
Tenir son cœur enchanté ?
Que ne puis-je du mensonge
Passer à la vérité ?
Les dieux qui m’ont donné l’être,
M’ont fait trop ambitieux.
Car enfin je voudrais être,
Tout ce qui plaît à ses yeux.

(Charles-Henri Ribouté)

 

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L’EMPIRE D’UNE ROBE (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



Alexander Nedzvetskaya Prosperity [800x600]

Illustration: Alexandra Nedzvetskaya
    
L’EMPIRE D’UNE ROBE

Une femme un poème habitent ma voix
quand nous rêvons ensemble
Une chambre une vie une voix
Le seul lit de la lumière
L’un bouge et elle est nue entre nous deux
comme la gorge des montagnes
Je me tais, les autres sont morts
et si je me retourne
le poème tremble dans les bras de l’amour
Pauvres, nous n’avons qu’un drap pur
pour nous aimer ensemble
lorsque je rêve à haute voix.

Pour toi je veux tailler dans ma vie
la robe des circonstances.

Non pas celle où dans les plis des paroles se cachent
les petits villages traversés en dormant
où l’on vivrait heureux si l’on avait le temps
Pas de hautes couleurs imprimées de soleils, de forêts, de cascades
mais une robe sur parole
une étoffe sur mesure
prise dans l’accent dont j’use dans le sommeil
lorsque je suis très pur et très beau
Une robe précise comme le moule qui me creuse et m’emplit
celle de l’éloquence
une robe de rumeurs.

La robe de l’étonnement
dont chaque fibre m’a demandé de longs tourments
dont chaque hanche m’a demandé tant de nuits blanches
La robe où l’on entre où l’on sort
La robe jeune comme le rire
une robe pour un empire.

Non pas celle qui existera plus tard
lorsque la langue des amants sera langue commune
mais la quotidienne
à la véritable couleur du jour
On la vêt comme on la parle.

Te souviens-tu de ce chemin de campagne
qui se perdait en ville et demandait son chemin ?
Vous tournerez à gauche.
Et nous voici avec la robe, bras dessus, bras dessous,
la moitié de la vie passée, nous retournant
en faisant de petits signes d’adieu
à ceux qui nous suivent dans le labyrinthe des années
Te souviens-tu de cette robe de frémissement liquide
de vents et de feuilles
du colloque des lèvres et des eaux ?

Je suis riche de tous les désirs des vivants
et ta robe, c’est l’une et multiple qu’on n’ose soulever
laissant au souvenir sa chance d’aborder
sur la plage inconnue qui est au delà de la chair.
Cadis de vérité
dauphin de tendresse, mers enchantées
surah de respect

Les étoiles s’y laissent prendre comme dans un étang
et la trame du inonde tremble
car tu viens d’y passer comme une flamme
femme, légère passagère à bord de ma vie
femme au long cours comme les rivières.
Tu débordes de mes bras, satin noyé
et je voudrais être aussi le miroir
pour savoir ce qu’il te répond
quand tu lui fais le grand honneur de le questionner.

Oui, mon amour te va bien
Tu as accepté sa charge de collines, de beauté
son poids argenté d’années
et du miroir sort un long cortège d’amants
qui nous ressemblent

Elles y sont toutes les robes de joie
elles y sont toutes les triomphantes
celles du jardin d’Août où la chaleur est mûre
celles des fêtes dans les blés
les bleues, les enchantées d’après-midi,
les rêveuses, les solitaires
et je ne parlerai pas du large parfum de bras blancs
mêlés à la vanille des herbes sèches,
à l’odeur du feu dans le souvenir

Ah ! robes de ma voix, couvrez-la d’étoffes stellaires,
elle qui habite la parole
comme le bocal des lanternes et me brûle
Choisis. Ordonne, ardente.
Il y a de tout dans la passion
qui flambe jusqu’à l’exaspération du langage
Taille, coupe, échancre, dentelle.

Exige, ne me demande qu’une seule chose l’impossible.
Cela seul je le peux :
Des robes de lynx, de sirphes, de chimères
les manteaux des cascades,
les couronnes de larmes, les guirlandes de trèfle,
le petit chemin des neiges, la route du feu.
Tout est à tes pieds.

Tu peux fouler ce que tu veux.
Et dédaigner
Et voici que l’amour, le vrai,
celui qu’on n’approche pas souvent, s’avance.
Il vient hors des limites du désert, il se couche.
Il est un vieux mot de lion à la crinière pouilleuse.
La vermine des étoiles se répand sur le sol

Laisse-toi envahir par les constellations, elles sont contagieuses.
Tu mérites toutes les affections du ciel.

Et voici la robe taillée dans l’air diamantifère des solitudes.
Je l’ai prise à l’avant d’un bateau qui coupait l’équateur
chargé d’un automne et d’un printemps astral et boréal

La robe d’indienne
La douceur pour tes épaules des oiseaux lyres.
Celle-là les alizés d’un soir l’amenèrent.
Elle avait couru cent ans dans leur haleine autour des terres
et la voici faite de bruine et de haubans
indigo comme la mer qu’on imagine
et sonore comme le temps
Avec elle tu es bien ce navire qui rôde dans ma vie
quand nous sommes au large de nous-mêmes

Car j’ai grandi depuis que je t’aime
et je suis devenu pareil à un océan où, parfois,
quand je me laisse assoupir par mon chant
c’est toi, là-bas, au bout de mon bras,

tu es aussi dans mon épaule,
à la fois dans mes reins et partout dans mes yeux
femme, robe, neige, poème
Tu es une robe de neige sur la mer
Tu danses avec elle pour la beauté la vanité
Tu danses aux quatre coins du monde,
traversée par les météores à longue durée
qui déchirent nos espaces
Je sais la hôte patiente de tes lèvres
qui se plaignent au milieu des draps de l’automne
encore tachés des vendanges

Robe des pluies
Robe rauque des lichens sur les rocs
Robe de Robinson
Robe de silence où l’on pénètre avec effraction
Robe de papier journal où l’on ne parlait que d’amour
Robe de faits divers de dernière heure de toute urgence
Robe taillée dans la colonne des annonces
Robe cousue dans un krack financier, de building, de panique, de science
Robe pourpre comme un précipité chimérique…

Comme tu restes nue pourtant
et c’est ma condition d’homme
de ne pouvoir t’habiller que de toi-même
Vois, je n’ai jamais eu que du sang dans mes paroles
c’est ma seule richesse

Il est dans mon oreille gauche
parce qu’un soir de naufrage je t’ai entendue pleurer et appeler
Il est dans mon oeil droit et je pleure aussi des images
qui déteignent sur tous les écrans du monde
Il est dans mes bras en croix; il coule au flanc

puisque je suis toujours un homme crucifié

Il est dans mes jambes, il court, je cours,
je ne le saisis point Il a de l’avance sur moi
Il charrie ce qu’ont tenu des millions de poitrines avant la mienne

Il a recueilli tous les noms qui ont sombré au bord des lèvres
avant que la parole soit proférée,
dans les désastres, les misères avant les résurrections.

Et maintenant il faut que tout cela sorte
d’une manière ou d’une autre
Pardonne-moi.
Nous ne nous sommes pas choisis,
mais, désignés, nous assurons à deux le destin de tous
Je veux tailler une robe dans l’espérance.
Que les siècles t’accompagnent
et que le grand escalier du temps vienne à tes pieds,
abaisse ses marches, de siècle en siècle que tu montes
ô femme d’entre les femmes
modeste inconnue que personne ne remarque,
mais qui assure son rôle de médiatrice.
Mon espoir est le tien.
Tu marcheras, tu aborderas dans l’espace du bonheur
Souviens-toi de nos misères, de nos chances, charité.

Je t’ai beaucoup aimée,
vêtue du meilleur de l’homme
pour que tu sois la souveraine quotidienne
pour que tu sois le jour.

Une robe couleur de l’amour.
Que les grands espaces t’entourent
avec leurs envolées d’aigles.
Nous n’avons jamais méprisé la terre.
Nous ne l’avons pas quittée un seul instant
Souviens-toi de ces jours
où il y avait de la poussière dans le soleil
et dans les nuits un imaginaire qui donnait tout,
distribuait les richesses,
dilapidait les fortunes communes devant l’air consentant.
Les arbres consultés disaient toujours oui avec leurs ombres
et la mer et son rideau de vagues s’ouvraient

Taille donc toi-même dans la terre
ce manteau tout bruissant de pas qu’y laissèrent les amants
— ils ne sont pas prêts d’être oubliés —
quand un chemin qui se perdit les mena jusqu’au haut du talus
où ils s’aimèrent à la face d’un autre monde

Faisait-il beau là-bas ? Nul ne l’a su.
Mais la terre a besoin des hommes et elle parle
Prends ta voix dans le manteau des mers
ta voix dans la rumeur du coquillage de neptune,
on entend tout

Prends-la dans les feux de l’air
Que l’air se déroule comme les ceintures
Défais les ceintures comme tombe la neige
aime la neige pour lui donner ta chaleur
la chaleur de ta voix et plonge le couteau.
Il en coulera un long sanglot brisé

Ça, oui, ça, c’est la voix de l’amour qui n’est pas mort.
Il passe au long des rues, au long des âges
Les chiens le reconnaissent, le saluent
Les trains de nuit marchent plus vite
Les insectes vont sortir ce soir pour le rencontrer
Il y a beaucoup à maintenir dans la voix.

Elle est un manteau jeté sur l’absence.
C’est un coup de poing au coeur de l’apparence
et chaque fois que je me bats avec l’amour,
une femme blanche s’en va par mes blessures,
douloureuse, et ne me reconnaît plus
c’est toi dans ma voix qui saigne et dit:

Rien n’a changé
Nous sommes toujours face à face, pauvres.
Allons ! Il te faut partir.
Il ne manque plus que le dernier regard.
Jette-toi dans mes yeux
Il ne manque plus que la dernière agrafe
c’est parfait

je ne tiens que par un sourire,
le tien,
si merveilleusement désespéré.

(Jean Malrieu)

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La beauté (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



Illustration: Katarina Smuraga
    
La beauté n’est pas un besoin
mais un ravissement.

Ce n’est pas une bouche assoiffée
ni une main vide et tendue.

Mais plutôt un coeur enflammé
et une âme enchantée.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le Prophète

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LA LANGUE (Jean Baptiste Joseph Willart de Grécourt)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017




    
 

LA LANGUE

Ce n’est point ta charmante bouche
Ni tes lèvres de corail,
Ni tes dents dont l’émail
Si sensuellement me touche ;

C’est ta langue qui fait si bien
Cela, sans quoi l’Amour n’est rien.

Pour mettre le comble à ma flamme,
Je te quitte des beautés
Dont les cœurs sont enchantés ;

Que faut-il pour me ravir l’âme?

C’est ta langue qui fait si bien
Cela, sans quoi l’Amour n’est rien.

D’où vient qu’avec tant d’efficace
Je te parle sans parler.
Regarde sans regarder,

M’agite sans sortir de place?

C’est ta langue qui fait si bien
Cela, sans quoi l’Amour n’est rien.

Qui seule toute la nuit peut plaire,
Toute la nuit contenter.
Et pour devise porter :

Plus on fait, plus on veut le faire?

C’est ta langue qui fait si bien
Cela, sans quoi l’Amour n’est rien.

Quel est le vrai jeu de Cythère,
Ce jeu si rempli d’appas?
Non, ma Philis, ce n’est pas
Tout ce que pense le vulgaire :

C’est ta langue qui fait si bien
Cela, sans quoi l’Amour n’est rien.

(Jean Baptiste Joseph Willart de Grécourt)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Levez-vous vite, orages désirés (René de Chateaubriand)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Le jour je m’égarais sur de grandes bruyères terminées par des forêts.
Qu’il fallait peu de chose à ma rêverie:
un feuille séchée que le vent chassait devant moi,
une cabane dont la fumée s’élevait de la cime dépouillée des arbres,
la mousse qui tremblait au souffle du nord sur le tronc d’un chêne,
une roche écartée, un étang désert ou le jonc flétri murmurait!
Le clocher du hameau, s’élevant au loin dans la vallée, a souvent attiré mes regards;
souvent j’ai suivi des yeux les oiseaux de passage qui volaient au-dessus de ma tête.
Je me figurais les bords ignorés, les climats lointains où ils se rendent;
j’aurais voulu être sur leurs ailes. Un secret instinct me tourmentait;
je sentais que je n’étais moi-même qu’un voyageur;
mais une voix du ciel semblait me dire:

« Homme, la saison de ta migration n’est pas encore venue;
attends que le vent de la mort se lève,
alors tu déploieras ton vol
vers ces régions inconnues que ton coeur demande. »

Levez-vous vite,
orages désirés
qui devez emporter René
dans les espaces d’une autre vie!

Ainsi disant, je marchais à grands pas,
le visage enflammé,
le vent sifflant dans ma chevelure,
ne sentant ni pluie ni frimas,
enchanté, tourmenté, et comme possédé
par le démon de mon coeur.

(René de Chateaubriand)

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Au pays des contes merveilleux (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



    
Au pays des contes merveilleux
fleurit la poésie
je la cherche
le long d’un sentier enchanté
qui me conduit

***

Im Märchenland
blüht die Poesie
ich suche sie
Am Traumpfad
der mich führt

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Je compte les étoiles de mes mots
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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A… l’inconnue (Jan Hanlo)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017




    
A… l’inconnue

Tu as produit un roucoulement perçant
comme si la fête allait commencer
Comme un coq — jeune fille — un vautour enchanté
un gnou en plein désarroi
de toutes façons quelque chose de sauvage

Tu t’es mis aussi à danser comme quelque chose de sauvage
un marabout excité ou quelque nom de bête
Toute en aiguilles et en saccades
Tu as pointé tes fesses dans tous les sens
mais surtout vers moi
Et dans tes yeux déjà l’inoubliable
Pourtant tu ne t’es pas jetée dans mes bras
car je n’ai pas dit Viens donc mon amour

(Jan Hanlo)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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