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Posts Tagged ‘enchantée’

Comme une branche d’aubépine (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Comme une branche d’aubépine
Dans la fontaine des scintillements
Elle est tombée dans mes pensées,
Cette parole qu’en tressaillant
Sa bouche divine
A prononcée,
Et qu’à mon tour je te redis.

Comme une branche en fleur détachée
De la cime du paradis.

Et la voici, vierge encore, enchantée,
Sans qu’une fleur en ait péri,
Vivante, rajeunie, toute diamantée.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration

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L’Enchantée (Los de Nadau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




    
L’Enchantée

Patapim, Patapam,
Je ne sais d’où elle est sortie,
Elle ne m’a même pas regardé,
Et j’ai perdu tout de suite
Et la faim et la soif.

Patapim, Patapam,
Je ne sais ce qui m’arrive,
Et sans aucune pitié,
Elle va son chemin,
Elle chemine tout droit,
Je ne sais pas son nom,
Pour moi, c’est l’Enchantée,
Pour la voir passer,
Moi, je me mets ici,
Tous les matins à la guetter,
Je ne sais pas son nom,
Pour moi, c’est l’Enchantée,
Je ne fais qu’y penser
Et la nuit et le jour
Et le jour et la nuit.

Moi, toujours j’avais su,
Et dire non et dire adieu,
Moi, jamais je n’avais voulu,
Jamais prier homme ni Dieu,
Maintenant j’ai plié le genou,
Dans l’église, la tête baissée,
Pour mendier ce que je veux :
Respirer à côté d’elle.

De la terre ou du ciel,
Comme la foudre,
Et tout a chaviré,
Rien ne sera plus,
Non, jamais comme avant,
Ni le froid de la neige,
Ni le vert de la prairie,
Ni le chant d’un enfant,
Ni la marche du soleil
Qui fait courir les années.
Je ne sais pas son nom,
Pour moi, c’est l’Enchantée,
Et si ce n’est pas aujourd’hui,
Demain c’est sûr,
J’irai lui parler,
Je ne sais pas son nom,
Pour moi, c’est l’Enchantée,
Demain je lui dirai,
Je n’ai vécu jusqu’ici
Que pour vous rencontrer

***

L’ENCANTADA

Patapim,Patapam,
Non sèi d’on ei sortida,
Non m’a pas briga espiat,
E m’èi pergut suu pic,
E la hami e la set.

Patapim, Patapam,
Non sèi çò qui m’arriba,
E shens nada pieitat,
Que’n va lo son camin,
Que camina tot dret.
Non sèi pas lo son nom,
Tà jo qu’ei l’Encantada,
Tà la véder passar,
Jo que’m hiqui ací,
Tot matin a l’argueit,
Non sèi pas lo son nom,
Tà jo qu’ei l’Encantada,
Non hèi pas qu’i pensar
E la nueit e lo dia
E lo dia e la nueit.

Jo tostemps qu’avi sabut
E díser non e díser adiu,
Jo jamei n’avi volut,
Jamei pregar òmi ni Diu,
Ara qu’ei plegat lo jolh,
Dehens la gleisa capbaishat,
Tà mendicar çò qui voi,
Aledar au son costat.

De la tèrra o deu cèu,
Tau com la periclada,
E tot a capvirat,
Arren non serà mei,
Non jamei com avans,
Ni lo hred de la nèu,
Ni lo verd de la prada,
Ni lo cant d’un mainat,
Ni l’anar deu sorelh
Qui hè córrer los ans.
Non sèi pas lo son nom,

Tà jo qu’ei l’Encantada,
E si n’ei pas tà uei,
Tà doman qu’ei segur,
Que l’anirèi parlar,
Non sèi pas lo son nom,
Tà jo qu’ei l’Encantada,
Doman que’u diserèi,
Dinca ací qu’èi viscut
Sonque tà v’encontrar.

(Los de Nadau)
Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

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ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE

La lumière sous les arbres,
la lumière du haut ciel.
La lumière
verte
entrée aux branches,
fulgurante
sur la feuille
et qui tombe comme un frais
sable blanc.

Dans la transparence,
une cigale fait monter
sa musique de scierie.

Le monde
est une coupe pleine
d’eau.

(Pablo Neruda)

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Sur cette mer enchantée (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



Sur cette mer enchantée
– voguant en silence –
Ohé! Pilote! Ohé!
Connais-tu le rivage
Où ne gronde nulle vague –
Où la tempête a cessé?

Dans l’Ouest silencieux
Voiles sans nombre – au repos –
Sûrs, les mouillages.
Vers ce lieu je te pilote –
Terre! Ohé! Eternité!
Enfin le port!

(Emily Dickinson)

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Les aventures du coeur (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Elle est ignorante et libre,
Et sa candeur la défend.
Elle a tout, accent qui vibre,
Chanson triste et rire enfant,

Tout, le caquet, le silence,
Ces petits pieds familiers
Créés pour l’invraisemblance
Des romans et des souliers,

Et cet air des jeunes Èves
Qu’on nommait jadis fripon,
Et le tourbillon des rêves
Dans les plis de son jupon.

Cet être qui nous attire,
Agnès cousine d’Hébé,
Enivrerait un satyre,
Et griserait un abbé.

Devant tant de beautés pures,
Devant tant de frais rayons,
La chair fait des conjectures
Et l’âme des visions.

Au temps présent l’eau saline,
La blanche écume des mers
S’appelle la mousseline;
On voit Vénus à travers.

Le réel fait notre extase;
Et nous serions plus épris
De voir Ninon sous la gaze
Que sous la vague Cypris.

Nous préférons la dentelle
Au flot diaphane et frais;
Vénus n’est qu’une immortelle;
Une femme, c’est plus près.

Celle-ci, vers nous conduite
Comme un ange retrouvé,
Semble à tous les coeurs la suite
De leur songe inachevé.

L’âme admire, enchantée
Par tout ce qu’a de charmant
La rêverie ajoutée
Au vague éblouissement.

Quel danger!on la devine.
Un nimbe à ce front vermeil!
Belle, on la rêve divine,
Fleur, on la rêve soleil.

Elle est lumière, elle est onde,
On la contemple. On la croit
Reine et fée, et mer profonde
Pour les perles qu’on y voit.

Gare, Arthur! gare, Clitandre!
Malheur à qui se mettait
À regarder d’un air tendre
Ce mystérieux attrait!

L’amour, où glissent les âmes,
Est un précipice; on a
Le vertige au bord des femmes
Comme au penchant de l’Etna.

On rit d’abord. Quel doux rire!
Un jour, dans ce jeu charmant,
On s’aperçoit qu’on respire
Un peu moins facilement.

Ces feux-là troublent la tête.
L’imprudent qui s’y chauffait
S’éveille à moitié poète
Et stupide tout à fait.

Plus de joie. On est la chose
Des tourments et des amours.
Quoique le tyran soit rose,
L’esclavage est noir toujours.

On est jaloux; travail rude!
On n’est plus libre et vivant,
Et l’on a l’inquiétude
D’une feuille dans le vent.

On la suit, pauvre jeune homme!
Sous prétexte qu’il faut bien
Qu’un astre ait un astronome
Et qu’une femme ait un chien.

On se pose en loup fidèle;
On est bête, on s’en aigrit,
Tandis qu’un autre, auprès d’elle,
Aimant moins, a plus d’esprit.

Même aux bals et dans les fêtes,
On souffre, fût-on vainqueur;
Et voilà comment sont faites
Les aventures du coeur.

Cette adolescente est sombre
À cause de ses quinze ans
Et de tout ce qu’on voit d’ombre
Dans ses beaux yeux innocents.

On donnerait un empire
Pour tous ces chastes appas;
Elle est terrible; et le pire,
C’est qu’elle n’y pense pas.

(Victor Hugo)


Illustration: Myrtille Henrion Picco

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Avec Toi (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017


coupechampagne

Avec Toi

Je tiens la rue comme un verre
Plein de lumière enchantée
Plein de paroles légères
Et de rires sans raison
Le plus beau fruit de la terre

Les promeneurs sont de paille
Les oiseaux d’absence bleue
Une fille étroite et pâle
Toujours aussi soucieuse
Ne manque pas d’apparaître

Petite fille ancienne
Elle justifie mes rêves
Elle cède à mes désirs
Et veille reflet d’enfance
Sur le flot d’or de la rue.

(Paul Eluard)

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Une voix de femme glisse comme le vent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



Une voix de femme glisse comme le vent
Des ténèbres de l’humidité, de la nuit,
Et tout ce qu’elle touche dans son vol
Devient soudain autre.
Elle coule, inonde avec l’éclat d’un diamant,
Quelque chose quelque part, s’argente une seconde,
Et sous une cape énigmatique
De soies irréelles elle bruit.
Et quelle force puissante
Tire là-bas cette voix enchantée
Comme s’il n’y avait pas au bout la tombe
Mais l’ascension d’un mystérieux escalier

(Anna Akhmatova)

Anna AKHMATOVA, 19 décembre 1961 à l’Hopital Lénine en entendant à la radio cette oeuvre:

Illustration: Alexandru Darida

 

 

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D’autres viendront (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



D’autres viendront par la prée
S’asseoir au banc de la porte;
Tu souriras belle et parée,
Du seuil, à ta jeune escorte:

Ils marcheront à ta suite
Aux rayons de ton printemps
– Qu’ont-ils à courir si vite?
Moi, j’eus, aussi, leurs vingt ans

Ils auront tes sourires
Et ta jeunesse enchantée…
Qu’importe? qu’en sauront-ils dire:
Moi seul, je t’aurai chantée.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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D’autres viendront par la prée (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2017



 

Anne-Marie Zilberman (13)

D’autres viendront par la prée
S’asseoir au banc de la porte ;
Tu souriras belle et parée,
Du seuil, à ta jeune escorte :

Ils marcheront à ta suite
Aux rayons de ton printemps
— Qu’ont-ils à courir si vite ?
Moi, j’eus, aussi, leurs vingt ans —

Ils auront tes sourires
Et ta jeunesse enchantée…
Qu’importe ? qu’en sauront-ils dire :
Moi seul, je t’aurai chantée.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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Elle passa (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



Elle passa

J’ÉTAIS pareille à la voyageuse recrue,
Lasse enfin des courants et des vents et du sort
Et qui n’aspire plus qu’au bon sommeil du port…
Miraculeusement vous m’êtes apparue…

Et vous ressembliez à tout ce qui m’est cher,
Aux jardins de juillet dans leur douceur croissante,
Aux parfums respirés au détour d’une sente,
Aux lys graves, aux clairs de lune sur la mer.

Semblable à celles-là qu’une langueur accable,
Sachant que vous étiez mon fragile avenir,
Je vous regardais vivre et briller et fleurir.
O lys parfait, ô clair de lune irréprochable !

J’oubliai que je viens d’errer sur des chemins
Trop rudes… Malgré moi je me suis arrêtée…
Et cependant, ô belle à la voix enchantée !
Je pleure de sentir mon coeur entre vos mains.

(Renée Vivien)

Illustration: Arthur Hughes

 

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