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Posts Tagged ‘enclume’

SABOTS (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019


 


 

cavalier

SABOTS

Sur le beau papier
Le pas de la plume
Ranime et rallume
Un vieux cavalier.

Des bruits oubliés
De feux et d’enclumes
Traversent des brumes
De pays pliés.

L’encre de mes yeux
A peine pâlie
Tremble sous la pluie

Où, silencieux,
L’univers délie
Le regard des dieux.

(Gilles Vigneault)

Illustration: Chris Gaunt

 

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Les douze lutins (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Jean-Marc Polizzi Le_Jongleur_et_le_Lutin-Etoile

Les douze lutins

Ils sont douze lutins
Dans ce joli village
De songe et de cristal
Derrière les montagnes

Trois qui frappent l’enclume
Et remplissent d’étoiles
La forge du grand gel

Trois qui font à l’enseigne
Du Rire de l’Hiver
De frais gâteaux de neige.

Trois qui tirent l’alêne
En secret dans la basse
Échoppe du sommeil

Trois autres qui allument
Leurs petites lanternes
Et n’attendent qu’un signe
Pour s’en aller sonner
Les cloches de Noël

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: Jean-Marc Polizzi

 

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UNE VIE QUI N’EST PLUS… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



 

Jean-Claude Forez_Femme_au_tricot-2

UNE VIE QUI N’EST PLUS…

Une vie qui n’est plus qu’une petite enclume
Un langage qui s’interdit toute écume
Tout juste ce qu’il faut pour la cuisine
Le gaz et le loyer
Vous voyez ?

Trop encore pour n’avoir pas à rougir
Des mots qui ne sont pas des choses
Mais le deviennent
Et nous emplâtrent
Et nous encadrent
Dans la vérité

Pas assez pour l’oxygène
Pas assez pour l’amour.
N’importe quel amour.

(Jean Rousselot)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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CE GONG (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



 

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CE GONG

Ce gong c’est en dehors
Mais où est-ce ?

Dehors qu’est-ce
Et où suis-je ?

Ce gong est-ce hors de moi
Ou en moi ?

Ce bruit de fer
Porté par l’air
A mes oreilles
Si j’étais sourd
Puissé-je l’être
Il serait rouille
Braise dans l’eau
Rat mort
Os carié,

Les fruits d’hier
A quelles dents
Sont-ils échus ?

L’oncle et la nièce
Où est-ce
Qu’ils sont allés ?

Et la liesse
Qu’une saison
Je souhaitai ?

L’ai eue,

Gong
Ou marteau
L’ouïe est enclume
Le sang bouillonne,
Massue la pensée
Alors j’écoute et geins,

Me tais,

Qu’est-ce ?

Le dedans résonne,

L’écho des idées
Tonnant revient,

Est-ce en moi-même
Que je suis pilonné ?

Suis-je en ce gong
Par corps
Ou par défaut ?

Ce gong il faut
Qu’il cesse,

Que je sois hors,

Ou que l’intérieur clame,

A voix de nez,

Ni pis ni mieux qu’il ne sut faire
Naguère
Et que misère cent fois je l’entendis.

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration

 

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Devra-t-il mourir avec toi, ce monde magique (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Devra-t-il mourir avec toi, ce monde magique
où le souvenir garde
les souffles les plus purs de la vie,
l’ombre blanche du premier amour,

la voix qui toucha ton coeur, la main
que tu voulais retenir en songe,
et toutes les amours
qui parvinrent à l’âme, au ciel profond?

Devra-t-il mourir avec toi ce monde,
cette ancienne vie, ordonnée par toi et renouvelée?
L’enclume et le creuset de ton âme
travaillent-ils pour la poussière et le vent?

(Antonio Machado)

Illustration: René Julien

 

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Nos désirs sont d’amour la dévorante braise (Théodore Agrippa d’Aubigné)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



 

Alexander Nedzvetskaya (15)

Nos désirs sont d’amour la dévorante braise,
Sa boutique nos corps, ses flammes nos douleurs,
Ses tenailles nos yeux, et la trempe nos pleurs,
Nos soupirs ses soufflets, et nos sens sa fournaise.

De courroux, ses marteaux, il tourmente notre aise
Et sur la dureté, il rabat nos malheurs,
Elle lui sert d’enclume et d’étoffe nos coeurs
Qu’au feu trop violent, de nos pleurs il apaise,

Afin que l’apaisant et mouillant peu à peu
Il brûle d’avantage et rengrège son feu.
Mais l’abondance d’eau peut amortir la flamme.

Je tromperai l’enfant, car pensant m’embraser,
Tant de pleurs sortiront sur le feu qui m’enflamme
Qu’il noiera sa fournaise au lieu de l’arroser.

(Théodore Agrippa d’Aubigné)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya

 

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Le ciel comme une enclume (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



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Le ciel comme une enclume

Cet instant
de métal
entre le jour
et la nuit
Le silence
des dernières
branches
qui mangent
la lumière

(Thomas Vinau)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

 

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UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE
(Extraits)

Beauté, ce grand espace tout noir
Où l’homme s’avance les yeux fermés
Un bouquet de coquelicots jeté sur l’épaule
Ce mauvais air qu’on souffle sur les âmes
Le bruit des songes qui épouvante le monde
Jamais ne me feront oublier, Beauté,
Ton regard trop brillant, ta gorge blanche, tes bras.
La terre me retient d’une main tremblante
Car la mort est un dur voyage pour l’homme seul
Quand Dieu se fait vieux
Et n’est plus fidèle aux rendez-vous qu’il donne.
Déjà le radeau de la chance se soulève
Le vent de la chance tourne
L’abîme me prend par le bras, l’abîme
Me fait la courte échelle pour toucher
L’enclume des batailles luisante d’usure
Au fond du ciel tout bleu dans son auge
Dans sa perfection de ciel distrait et pur
Qui perd comme un gant une saison pour une autre.

Encore un peu de sang
Et la première violette charbonne
Sur l’obscure patience des forçats
Porteurs de chaînes dans le matin d’été
Lâchant leur salive noire entre deux jurons
La résine tiède des lèvres
Une goutte et puis une goutte encore
Dans la morsure du fer
Une goutte entre les dents de la lime
Une goutte pour creuser les ténèbres.
Il donne encore un peu de sang
Une goutte et puis une autre goutte
Pour étouffer la poussière d’orage
Qu’on avale à la fin d’un long jour de feu
Et la vie se démène autour des chevilles nues
Le soleil rit dans les montagnes pleines de pavots jaunes
Au-delà des mauvaises herbes où brillent
Les outils, les colonnes du silence.
Donne encore un peu de sang
Et cela fera une journée bien remplie.

(Albert Ayguesparse)

Illustration

 

 

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Très loin du règne du pareil au même (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



très loin du règne du pareil au même
leur bivouac ouvert à tous les vents
ne renie rien du labeur des voyages
ni l’enclume qui bat
ni le violon qui chavire
ni l’écho du hurlement des loups
perdu au halo de la lune
avec pour incurable nostalgie
le mal d’un pays qui n’existe pas

(André Velter)


Illustration

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LA JUMENT FAMILIÈRE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Véronique Favereau
    
LA JUMENT FAMILIÈRE
A Maurice Genevoix.

Une grande jument morte
Qui galope dans mes nuits.
Ce n’est pas un cauchemar
Mais un soupir de l’enfance.

Une grande jument blanche,
Grave, douce et débonnaire,
Dans un silence de tonnerre
Passe entre les haies en fleurs.

Mon grand-père tient les rênes,
Chapeau melon sur les yeux.
La fumée des cigarettes
Monte droit dans le soir bleu.

Buissons fleuris d’amertume…
La rivière parle bas;
Le village dort au son des enclumes,
Puis s’allume, feu par feu.

Mais voici, mangée de pluie,
Mangée de neige et de vent
La grande nuit intérieure
Où je me penche souvent,

Où la jument trotte l’amble…
Grande et douce jument morte
Qui fut de notre famille
Et qui finit humblement.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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