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La chevelure (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Aleksey Tyranov girl-with-wet-hair

La chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l’encolure!
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir!
Extase ! Pour peupler ce soir l’alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l’air comme un mouchoir!

(Charles Baudelaire)

Illustration: Aleksey Tyranov

 

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La Chevelure (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La Chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l’encolure!
Ô boucles! Ô parfum chargé de nonchaloir!
Extase! Pour peupler ce soir l’alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l’air comme un mouchoir!

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique!
Comme d’autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum.

J’irai là-bas où l’arbre et l’homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l’ardeur des climats;
Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève!
Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts:

Un port retentissant où mon âme peut boire
À grands flots le parfum, le son et la couleur
Où les vaisseaux, glissant dans l’or et dans la moire
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D’un ciel pur où frémit l’éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d’ivresse
Dans ce noir océan où l’autre est enfermé;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé!

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues
Vous me rendez l’azur du ciel immense et rond;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m’enivre ardemment des senteurs confondues
De l’huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?

(Charles Baudelaire)

Illustration: Alena Klementeva

 

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L’épaule (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



Illustration: Jean Goujon
    
L’épaule

rien n’est jamais plus nu que quand tu la dénudes
sa rondeur innocente est propice au toucher
d’une main qui s’installe en cette rondité
après qu’on eut posé un baiser en prélude

sa chaleur est intime et pleine de quiétude
propice au songe à la caresse digitale
qui paresse tandis que le miroir ovale
souligne encor les formes de sa plénitude

c’est une étape avant les prochaines courbures
une pause après la pente de l’encolure
un double faîte entre la poitrine et le dos

et quel plus grand plaisir après la journée dure
que lorsque vient l’instant où poser sa figure
sur le dôme apaisant de l’épaule au repos

(Patrick Le Divenah)

 

Recueil: Blasons du corps féminin
Traduction:
Editions: L’Échappée Belle

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Il l’aima (Régine Foloppe Ganne)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2016



Il l’aima.

L’hiver fringant sortait ses cerisiers.

Pour toucher sa joue, il trouva des prétextes:
une lanière, une mouche,
une biche qui passe.

Les arbres avaient des joailleries.

Il posa sa main grise sur des souffles d’elle,
il accrochait ses pull-overs.

Elle avait vu des cyclistes rouges,
elle ne s’en souvenait plus,

il souleva son corps de ses yeux,
il mit sur elle toutes ses mains,

dans un manteau à boucles, une encolure,

dans le soleil de certains animaux,
il vit qu’elle était belle et quelle voulait bien.

(Régine Foloppe Ganne)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Toute la babiole (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015



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Toute la babiole

Voilà pourtant le but inepte des choses.
Les fins parfums de la jupe qui froufroute
Le long du trottoir blanc comme la grand’route,
Les lourds parfums de la lourde chevelure,
Nattes au dos, torsades sur l’encolure.
La pénitence après le péché, sans doute
L’orgueil et l’avarice et l’envie, et toute

La babiole ; et l’amour de la nature,
Et même la lune à travers la verdure ;
Et même la lune et même l’espoir, cette
O cette folie ! Et le soleil, ses hâles,
Et la pluie, et la tristesse des jours pâles.
Et bouquets qu’on souhaite et bouquets qu’on jette.
Et la bonne tiédeur des premières bûches,
Et sa gorge en les dentelles et les ruches.

(Jean Moréas)

Illustration: Myrtille Henrion Picco

 

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AUTRE (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2015



AUTRE

CAR tu vis en toutes les femmes
Et toutes les femmes c’est toi.
Et tout l’amour qui soit, c’est moi
Brûlant pour toi de mille flammes.

Ton sourire tendre ou moqueur,
Tes yeux, mon Styx ou mon Lignon,
Ton sein opulent ou mignon
Sont les seuls vainqueurs de mon coeur.

Et je mords à ta chevelure
Longue ou frisée, en haut, en bas,
Noire ou rouge et sur l’encolure
Et là ou là — et quels repas !

Et je bois à tes lèvres fines
Ou grosses, — à la Lèvre, toute !
Et quelles ivresses en route,
Diaboliques et divines !

Car toute la femme est en toi
Et ce moi que tu multiplies
T’aime en toute Elle et tu rallies
En toi seule tout l’amour : Moi !

(Paul Verlaine)

Illustration: Charles J. Dwyer

 

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