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Posts Tagged ‘encre’

AUTOMNE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018




    

AUTOMNE

Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
À sept ans comme il faisait bon
Après d’ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !

La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l’encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.

Ô temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d’oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Odeur des pluies de mon enfance (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



 

Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison
A sept ans comme il faisait bon
Après d’ennuyeuses vacances
Se retrouver dans sa maison

La vieille classe de mon père
Pleine de guêpes écrasées
Sentait l’encre le bois la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été

(René Guy Cadou)

 

 

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Ecritures dispersées (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



 

Page-blanche

Jamais

Ecritures dispersées
encres malmenées
pattes
de mouche partout perchées
occasions manquées
d’absence, de silence…
Au pied de la plus belle
page
blanche vide parfaite
jamais vous ne verrez la croix
la sapience, la gloire immense de l’analphabète.

(Bartolo Cattafi)

 

 

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Descendre dans les fonds d’une mer de mystère (Maryvonne Boyer)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



Descendre dans les fonds d’une mer de mystère
Pour subir son étreinte en une longue nuit
Et se prendre à rêver en quittant cette terre
Couler avec langueur, si bas, quand le jour fuit

Frissonner au contact des algues nonchalantes
Cueillir une merveille, un bouquet de corail
S’éclairer en chemin de lanternes mouvantes
Suivre un bébé dauphin tout près d’un soupirail

Colorer les poissons d’une encre lumineuse
Découvrir l’arc-en-ciel au creux d’un tourbillon
Se noyer dans la vague à l’ivresse berceuse
Et voir s’éterniser un paradis sans nom.

(Maryvonne Boyer)

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Tout ce bleu (Lise Cassin)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Pour un ciel habillé de mousseline hortensia
Concerto d’une fugue de Loire « Outremer »
Céramique indigo enchâssée dans l’or des sables.

Comme une coulée d’encre,
le toit d’ardoise
s’égoutte vers les fenêtres aux transparences de jade.

La glycine enlace la maison de granit.
Une fille en jupe pervenche a traversé le pont.
La lumière estompe la flamme de ses jambes.

Le vent fait vivre sur ta peau, la soie marine
de ta chemise.
Mais, tes yeux d’océan gardent leur mystère.

Parfum des lavandes…
J’ai le cœur « ébleui »

(Lise Cassin)

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SUR LA PLAGE (Jacques Madeleine)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



SUR LA PLAGE

Blanches ailes des barques frêles,
Vois ces taches d’un ton plus clair
Sur le vert sombre de la mer :
Sont-ce des voiles ou des ailes ?

N’est-ce pas que l’une d’encre elles
Doit cingler — ô le rêve cher ! —
Vers une île adorable où l’air
Est tout peuplé de tourterelles.

Rêveuse qui les suis des yeux,
Veux-tu regarder tous les deux
La même voile, au loin, qui tremble ?

La seule extase sans rancœurs,
Le plus délicat des bonheurs,
C’est encor de rêver ensemble.

(Jacques Madeleine)

Illustration

 

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J’ai quitté une terre qui n’était pas la mienne (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Edmond Jabès 4

J’ai quitté une terre qui n’était pas la mienne,
pour une autre, qui non plus, ne l’est pas.
Je me suis réfugié dans un vocable d’encre, ayant le livre pour espace,
parole de nulle part, étant celle obscure du désert.
Je ne me suis pas couvert la nuit.
Je ne me suis point protégé du soleil.
J’ai marché nu.
D’où je venais n’avait plus de sens.
Où j’allais n’inquiétait personne.
Du vent, vous dis-je, du vent.
Et un peu de sable dans le vent.

(Edmond Jabès)

 

 

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Mon amour, tu le sais (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




    
Mon amour, tu le sais, t’a fait la part fort belle,
tu sais, oui, quelle place tu tiens en mon coeur.
La passion m’a mené, et je l’ai suivie de bon gré,
sans pouvoir en remettre, sinon qu’a toi, les rênes.
Il t’a plu de m’offrir, pour m’habiller, ce mal,
de choisir pour mes yeux, comme fard, l’insomnie.
Tu pourrais donc, au moins, lire et relire ces lettres,
ces lignes dont l’encre est trempée de mes pleurs.
Je suis â toi corps et âme, mon coeur, à force de souffrir,
se réduit peu â peu en un coeur dont toute vie a disparu.

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

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Le paysage (Francis Ponge)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



cerveau  [1280x768]

Le paysage

L’horizon, surligné d’accents vaporeux,
semble écrit en petits caractères,
d’une encre plus ou moins pâle selon les jeux de lumière.
De ce qui est plus proche je ne jouis plus que comme d’un tableau,
De ce qui est encore plus proche que comme de sculptures, ou architectures,
Puis de la réalité même des choses jusqu’à mes genoux,
comme d’aliments, avec une sensation de véritable indigestion,
Jusqu’à ce qu’enfin, dans mon corps tout s’engouffre
et s’envole par la tête, comme par une cheminée qui débouche en plein ciel.

(Francis Ponge)

Illustration

 

 

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La lumière de midi fait éclater les fronts (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



La lumière de midi fait éclater les fronts.
Elle peint de résine les masques insensés
Que les puissants ont pris pour traverser la ville
Où les bûchers croulants grillent le ciel géant.

Elle bouge avec l’ombre décapitée des murs
Et recouvre de chaux les cris des premiers morts.
Ses doigts d’encre ont tracé les couloirs de la peur,

Ne me demande pas ce que font ces fantômes.
Ils arrachent le coeur des colombes blessées
Et vendent des colliers d’amulettes sonores
Pour conjurer la foudre et sauver les damnés,
Mais l’enfer n’entend pas ce doux bruit d’ossements.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: Julien Girard

 

 

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