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Posts Tagged ‘encrier’

LES P’TITS OISEAUX CHANTAIENT TROP FORT… (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Marc Chagall

    

LES P’TITS OISEAUX CHANTAIENT TROP FORT…

Voilà : ce matin je voulais
Honorer d’un brin de romance
L’éveil des nids pleins d’oiselets
Et le doux printemps qui commence
J’ai débouché mon encrier,
Pris une plume et du papier

Refrain
J’ai voulu faire une chanson
Mais tireli tirelirette
Dans mon champ rempli de moisson
Mais tireli tirelirette
Les p’tits oiseaux chantaient trop fort (bis)

Au bout des vers de ma chanson
Tombèrent d’un vol unanime
Fauvette, bouvreuil et pinson
Dont le bec pilla chaque rime
Et leur refrain assourdissant
Étouffa le mien en passant.

Ainsi ce soir auprès de vous
Froissant nerveusement des roses
Je cherche les mots les plus doux
Pour vous dire certaines choses
J’en trouve trop… qui sont très bien
J’ouvre la bouche et ne dis rien.

Refrain final
Je voudrais vous causer d’amour
Mais tireli tirelirette
Dans mon coeur qu’enfête le jour
Mais tireli tirelirette
Les p’tits oiseaux chantent si fort (bis).

(Gaston Couté)

 

 

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Septembre attaché au figuier (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Marina Katsaros
    
Septembre attaché au figuier
On tournait le dos à l’été ramasseur de noix vides
Siffleur de jeunes abeilles
Les derniers feux de la saint-jean enfumaient les lampes insomniaques
Les encriers

Suspendus à la ceinture du père
On courait moins vite que le paysage
Le chemin risquait d’arriver sans nous à la maison
se lover dans nos lits
renverser l’écuelle du chat
manger les graines jaunes du canari

Mais le père se disait plus long que le chemin
Plus fort que le train
Des épaules de loup au long cours
Des bras hauts comme des madriers
Le père trayait la forêt le fleuve entre chien et crépuscule
fendait d’un coup de hache le froid récalcitrant

Une forge dans sa poitrine le père abritait le feu

Seule l’odeur blanche de la neige le calmait
Ses coulées sur nos murs avaient la douceur du ventre de l’alouette
La compassion des pierres du cimetière

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Poème sur « Enfances »
Traduction:
Editions: Printemps des poètes 2012

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Il était une fois… (Jean Moraisin)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Il était une fois…

Au tableau noir,
dans l’encrier de mon enfance,
la porte du savoir
s’ouvre à la connaissance.
Monsieur l’Instituteur,
blouse grise,
leçon apprise,
odeur de cire.

Au tableau vert,
grandes vacances de l’été,
goûters brioche et confiture,
Far West et l’aventure.
De l’arc jaillit la flèche.
Sur mon cheval,
je vise un bison blanc
qu’imagine l’enfant.

Au tableau bleu,
dessiner les oiseaux,
les voiles des bateaux,
pour rêver juste un peu.
Offrir au grand voilier
l’océan de papier,
en bouteille à la mer,
un poème … à la craie.

(Jean Moraisin)

Illustration

 

 

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Le poète sait que tout doit lui servir (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Illustration: Elisée Maclet  
    
Le poète sait que tout doit lui servir

L’hallucination, la candeur,
la fureur, la mémoire,

les vieilles histoires, l’actualité,
la table et l’encrier,

les paysages inconnus,
la nuit tournée, les souvenirs inopinés,

les prophéties de la passion,
les conflagrations d’idées, d’objets,

la nudité aveugle, la réalité crue,
le dérèglement de de la logique jusqu’à l’absurde,

l’usage de l’absurde
jusqu’à l’indomptable raison…

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ils se sont assemblés (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



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Ils se sont assemblés
De leurs petites vies qu’entend-on
leurs rires m’éclaboussent
Je passe
des mots poisseux s’attachent
et l’ennui m’asphyxie

On ne peut pas partir
On traîne tant de choses qu’on croit voir derrière soi
l’encrier bâille sur ma table
un bruit seul a glissé
contre le mur des espoirs rampent
Je me pétrifie

Où sauter
une crainte s’évapore
Le silence
puis une lettre s’insinue
Il faudrait arracher des nuages
S’en aller

(Philippe Soupault)

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L’encrier (Gaspard Hons)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



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L’encrier

Sur l’encrier une tache de clarté, une lumière douce,
l’ombre de la mémoire passant du veilleur au dormeur.
Quand le jour se lève sur l’encrier condamné au silence,
verrons-nous se dresser des mots non écrits,
des naufragés réclamant le droit de rester les maîtres du clair-obscur ?

(Gaspard Hons)

Découvert chez Lara ici

 

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DANS MON PARKER (Olav H. Hauge)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



 

DANS MON PARKER

Dans mon Parker
il y a beaucoup de vers,
un bon kilomètre,
et dans l’encrier encore plus,
des milliers.
Le papier arrive par la poste,
factures, réclames,
formulaires à remplir.
J’envisage l’avenir sans crainte.

(Olav H. Hauge)

 

 

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Une image, en toi (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018




    
Une image, en toi, un lieu
cherche appui.

Tu plonges la main au fond de l’encrier.
Comme des galets le long de ta vie
quelques phrases immobiles
retiennent le filet du temps.

Tu vas, sans lieu
sans appui.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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L’oiseau mécanique (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

Michelle Reader  oiseau mécanique -7 [1280x768]

L’oiseau mécanique

L’oiseau tête brûlée
Qui chantait la nuit
Qui réveillait l’enfant
Qui perdait ses plumes dans l’encrier

L’oiseau pattes de 7 lieues
Qui cassait les assiettes
Qui dévastait les chapeaux
Qui revenait de Suresnes

L’oiseau l’oiseau mécanique
A perdu sa clef
Sa clef des champs
Sa clef de voûte

Voilà pourquoi il ne chante plus.

(Robert Desnos)

Illustration: Michelle Reader

 

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L’encrier noir au clair de lune (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
L’encrier noir au clair de lune
l’encrier noir au clair de lune
au clair de la lune un encrier noir
au clair de la lune un encrier noir
au pauvre poète a prêté sa plume
au pauvre poète a prêté sa plume
il fait un peu frais ce soir
au clair de la lune un encrier noir
sur le papier blanc a couru la plume

la plume a couru zen petits traits noirs
une lune blanche un sombre encrier
sont les père et mère de ce nouveau-né
une lune blanche un sombre encrier

(Raymond Queneau)

 

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