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Posts Tagged ‘encrier’

L’encrier noir au clair de lune (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
L’encrier noir au clair de lune
l’encrier noir au clair de lune
au clair de la lune un encrier noir
au clair de la lune un encrier noir
au pauvre poète a prêté sa plume
au pauvre poète a prêté sa plume
il fait un peu frais ce soir
au clair de la lune un encrier noir
sur le papier blanc a couru la plume

la plume a couru zen petits traits noirs
une lune blanche un sombre encrier
sont les père et mère de ce nouveau-né
une lune blanche un sombre encrier

(Raymond Queneau)

 

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La blanche école où je vivrai (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



Illustration
    
La blanche école où je vivrai
N’aura pas de roses rouges
Mais seulement devant le seuil
Un bouquet d’enfants qui bougent
On entendra sous les fenêtres
Le chant du coq et du roulier ;
Un oiseau naîtra de la plume
Tremblante au bord de l’encrier
Tout sera joie ! Les têtes blondes
S’allumeront dans le soleil,
Et les enfants feront des rondes
Pour tenter les gamins du ciel

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Solitude (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: George Hunter
    
Solitude, viens me nourrir avec ton pain d’absence
et ton ivresse froide
toujours le vide devant moi et dans mes bras berceurs
c’est toi dont parlera le vent
d’où coulera le sang du rêve
d’où montera la trouble odeur de l’encrier.

J’ai vécu ma jeunesse longue
dans les cheveux de la folie
fouillant les lèvres de la nue
pour découvrir un feu qui brûle.

Les baisers seuls sont venus
que je guettais des chairs sans nombre
le lent cortège s’évanouit
des bien-aimées au cour de cendre.

J’ai vécu mon temps d’amour
avec un moi-même ennemi ;
où vont les mondes ? vers l’oubli
la foudre signe le ciel noir.

Les femmes belles d’être nues
dorment nouées à leur amant
dont le désir n’a plus de chant
et dont le but s’est perdu.

(Alain Borne)

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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METAMORPHOSES (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Illustration: Julia Chausson 
    
METAMORPHOSES

Dans cette nuit noire
que nous fait l’Histoire
j’avance à tâtons
toujours étonné
toujours médusé :

je prends mon chapeau
c’est un artichaut

j’embrasse ma femme
c’est un oreiller

je caresse un chat
c’est un arrosoir

j’ouvre la fenêtre
pour humer l’air pur
c’est un vieux placard
plein de moisissures
je prends un crapaud
pour un encrier
la bouche d’égout

pour la boîte aux lettres
le sifflet du train
pour une hirondelle
le bruit d’un moteur
pour mon propre coeur
un cri pour un rire
la nuit pour le jour
la mort pour la vie
les autres pour moi.

(Jean Tardieu)

 

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Trois fois (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




    
Trois fois je pris la plume;
trois fois je pris l’encrier;
et trois fois par terre
le coeur me tomba.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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Ballade qui dit que nous ne disparaissons pas (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



Ballade qui dit que nous ne disparaissons pas

Ceux qui prirent la mer à l’aube
mais qui jamais ne reviendront
laissèrent une trace sur la vague —

au fond tombe alors un coquillage
beau comme lèvres pétrifiées

ceux qui suivirent la route sablonneuse
mais sans atteindre les persiennes
bien qu’on vît déjà les toits —

un tourbillon d’air leur est abri

ceux qui ne rendront orphelins
qu’une chambre glaciale quelques livres
un encrier vide une page blanche —

en vérité ils ne sont pas morts tout entiers

ils chuchotent dans les taillis de la tapisserie
une tête plate loge dans le plafond

d’air d’eau de chaux de terre
est fait leur paradis l’ange du vent
effacera leur corps entre ses paumes
ils se disperseront
par les prairies de ce monde

(Zbigniew Herbert)

Illustration

 

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Pâle matin de Février couleur de tourterelle (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



Pâle matin de Février
Couleur de tourterelle
Viens, apaise notre querelle,
Je suis las de crier;

Las d’avoir fait saigner pour elle
Plus d’un noir encrier…
Pâle matin de Février
Couleur de tourterelle.

(Paul-Jean Toulet)

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Premier Conte (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Premier Conte

L’enfant qui a le tourment
non du pouvoir ou de gloire
mais de délivrer la chose
dans son cœur dissimulée
écrit sur son cahier
et raconte vaguement
à la manière d’un rêve
sans nulle forme ni sens
cela qu’il ne connaît pas.

Sur la page on voit la tache
de l’encrier renversé
mais si pâle devenue
qu’elle n’est plus même tache.
Qui déchiffrera derrière
l’écriture de l’enfant,
maintenant que l’homme sait
dire ce qui dans son cœur
ne se dissimule plus ?

(Carlos Drummond de Andrade)

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TIC-TAC la pendule… (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



 

TIC-TAC la pendule…
Tu tournes le bouton
Et la lampe s’allume.

Tic-tac sur les livres,
Les feuillets noircis,
L’encrier, les plumes.

Tic-tac sur la tête,
Sur le front penché,
Les doigts qui raturent.

Tic-tac sur les mains,
Les mains qui se rident
Et les dents qui s’usent.

Tic-tac sur le dos,
Le dos qui se voûte
Et sur les scrupules.

Sur les tempes moites.
Les cheveux collés,
Les lèvres qui brûlent.

Sur les pieds glacés,
Le nez qui se pince
L’esprit qui refuse

Sur les volets clos,
Les glaces qu’on voile…
Sur la créature.

Sur la chambre pleine,
Les mots que l’on tait,
Les mots qu’on murmure.

Et sur les pas lourds…

Tic-tac la pendule,

Tic

Tac.

(André Spire)

 

 

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St-Achille (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016


 

St-Achille

J’ai pris un billet circulaire
Pour les sept planètes
Au revoir chers amis
Il y a un soleil dans mon encrier

(Pierre Albert-Birot)

 

 

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