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Poésie

Posts Tagged ‘enfant’

Dans mon village midi carillonne (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022




Dans mon village
midi carillonne.
Mais dans les prés quelle paix
apporte la cloche!
Tu es toujours la même
ma cloche: non sans trouble
je reviens à portée de ta voix.
« Le temps est immobile:
vois le rire des pères,
comme la pluie dans les branches,
dans les yeux des enfants. »

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration

 

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DES CONTEMPTEURS DU CORPS (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022



Christian Schloe   75_b [1280x768]

DES CONTEMPTEURS DU CORPS

C’est aux contempteurs du corps que je veux dire leur fait.
Ils ne doivent pas changer de méthode d’enseignement,
mais seulement dire adieu à leur propre corps — et ainsi devenir muets.

« Je suis corps et âme » — ainsi parle l’enfant.
Et pourquoi ne parlerait-on pas comme les enfants ?

Mais celui qui est éveillé et conscient dit :
Je suis corps tout entier et rien autre chose ;
l’âme n’est qu’un mot pour une parcelle du corps.

Le corps est un grand système de raison,
une multiplicité avec un seul sens,
une guerre et une paix, un troupeau et un berger.

Instrument de ton corps, telle est aussi ta petite raison que tu appelles esprit,
mon frère, petit instrument et petit jouet de ta grande raison.

Tu dis « moi » et tu es fier de ce mot.
Mais ce qui est plus grand, c’est — ce à quoi tu ne veux pas croire —
ton corps et son grand système de raison : il ne dit pas moi, mais il est moi.

Ce que les sens éprouvent, ce que reconnaît l’esprit, n’a jamais de fin en soi.
Mais les sens et l’esprit voudraient te convaincre qu’ils sont la fin de toute chose : tellement ils sont vains.

Les sens et l’esprit ne sont qu’instruments et jouets : derrière eux se trouve encore le soi.
Le soi, lui aussi, cherche avec les yeux des sens et il écoute avec les oreilles de l’esprit.

Toujours le soi écoute et cherche : il compare, soumet, conquiert et détruit.
Il règne, et domine aussi le moi.

Derrière tes sentiments et tes pensées, mon frère, se tient un maître plus puissant, un sage inconnu — il s’appelle soi.
Il habite ton corps, il est ton corps.

Il y a plus de raison dans ton corps que dans ta meilleure sagesse.
Et qui donc sait pourquoi ton corps a précisément besoin de ta meilleure sagesse ?

Ton soi rit de ton moi et de ses cabrioles.
« Que me sont ces bonds et ces vols de la pensée ? dit-il.
Un détour vers mon but. Je suis la lisière du moi et le souffleur de ses idées. »

Le soi dit au moi : « Éprouve des douleurs ! »
Et le moi souffre et réfléchit à ne plus souffrir — et c’est à cette fin qu’il doit penser.

Le soi dit au moi : « Éprouve des joies ! »
Alors le moi se réjouit et songe à se réjouir souvent encore — et c’est à cette fin qu’il doit penser.

Je veux dire un mot aux contempteurs du corps.
Qu’ils méprisent, c’est ce qui fait leur estime.
Qu’est-ce qui créa l’estime et le mépris et la valeur et la volonté ?

Le soi créateur créa, pour lui-même, l’estime et le mépris, la joie et la peine.
Le corps créateur créa pour lui-même l’esprit comme une main de sa volonté.

Même dans votre folie et dans votre mépris, vous servez votre soi, vous autres contempteurs du corps.
Je vous le dis : votre soi lui-même veut mourir et se détourner de la vie.

Il n’est plus capable de faire ce qu’il préférerait : — créer au-dessus de lui-même.
Voilà son désir préféré, voilà toute son ardeur.

Mais il est trop tard pour cela :
— ainsi votre soi veut disparaître, ô contempteurs du corps.

Votre soi veut disparaître, c’est pourquoi vous êtes devenus contempteurs du corps !
Car vous ne pouvez plus créer au-dessus de vous.

C’est pourquoi vous en voulez à la vie et à la terre.
Une envie inconsciente est dans le regard louche de votre mépris.

Je ne marche pas sur votre chemin, contempteurs du corps !
Vous n’êtes point pour moi des ponts vers le Surhumain ! —

Ainsi parlait Zarathoustra.

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Christian Schloe

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Doux-doucement (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2022




    
Doux-doucement, léger-légèrement
quelque chose a sifflé dans un pin.
J’ai vu en rêve
un enfant aux yeux noirs.

Ainsi perle sur un pin rouge la résine ardente.
Ainsi dans ma nuit splendide, une scie me passe sur le coeur.

(Marina Tsvétaïéva)

 

Recueil: Insomnie et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une belle journée (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    
Une belle journée

Après la pluie, le soleil
Brille sur la colline et la prairie herbeuse,
Vole dans le jardin, enfant,
Tu es si content en effet.

Des jours qui furent si monotones,
Oh, si particulièrement sombres et terrifiants,
Tu m’avais dit: « M. Soleil
Avait-il oublié que nous vivions ici. »

La rosée sur le carré de lys,
La rosée sur les parterres du jardin;
Délicatement de toutes les feuilles
Éclatent les têtes des petites primevères.

Et les violettes dans le taillis
Avec leur ombrelle de vert
Te jettent un regard furtif;
Elles sont les plus bleues que tu aies vues.

Sur les lilas un oiseau
Chante d’abord une petite note,
Alors un jaillissement de chanson heureuse
Enfle de sa gorge dressée.

Ô le soleil, le confortable soleil!
C’est la chanson que tu dois chanter.
« Merci pour les oiseaux, les fleurs,
Merci, soleil, pour tout. »

***

A Fine Day

After all the rain, the sun
Shines on hill and grassy mead;
Fly into the garden, child,
You are very glad indeed

For the day have been so dull,
Oh, so special dark and drear,
That you told me, `Mr. Sun
Has forgotten we live here. »

Dew upon the lily lawn,
Dew upon the garden beds;
Daintily from all the leaves
Pop the little primrose heads.

And the violets in the copse
With their parasols of green
Take a little peek at you;
They’re the bluest you have seen.

On the lilac tree a bird
Singing first a little note,
Then a burst of happy song
Bubbles in his lifted throat.

O the sun, the comfy sun!
This the song thatyou must sing,
« Thank you for the birds, the flowers,
Thank you, sun, for everything. »

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Un jour, il y eut un enfant (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022



    
Un jour, il y eut un enfant

Un jour, il y eut un enfant.
Il vint jouer dans mon jardin;
Il était tout à fait pâle et silencieux.
Seulement quand il sourit je sus tout de lui,
Je sus ce qu’il avait dans les poches,
Je connus la sensation de ses mains dans les miennes
Et les plus intimes accents de sa voix.
Je le menais vers chacun de mes sentiers secrets
Lui montrant la cachette de tous mes trésors.
Je le laissais jouer avec eux, chacun d’entre eux,
J’ai déposé mes pensées chantantes dans une petite cage d’argent
Et lui les donnais afîn qu’il les garde…
Il faisait très sombre dans le jardin
Mais jamais assez sombre pour nous. Sur la pointe des pieds
Nous marchions parmi les ombres les plus profondes;
Nous nous baignâmes dans les étangs d’ombres sous les arbres
Prétendant que nous étions sous la mer.
Une fois — près de la limite du jardin —
Nous entendîmes des pas passant le long de la route du Monde;
O combien nous fûmes effrayés!
Je murmurai: « As-tu déjà marché le long de cette route? »
Il hocha la tête et nous chassâmes les larmes de nos yeux…
Un jour, il y eut un enfant.
Il vint — tout à fait seul — pour jouer dans mon jardin;
Il était pâle et silencieux.
Quand nous nous rencontrâmes nous nous embrassâmes,
Mais quand il est parti, nous ne nous fîmes pas même un signe.

***

There was a child once

He came to play in my garden;
He was quite pale and silent.
Only when he smiled I knew everything about him,
I knew what he had in his pockets,
And I knew the feel of his hands in my hands
And the most intimate tones of his voice.
I led him down each secret path,
Showing him the hiding-place of all my treasures.
I let him play with them, every one,
I put my singing thoughts in a little silver cage
And gave them to him to keep…
It was very dark in the garden
But never dark enough for us. On tiptoe we walked
among the deepest shades;
We bathed in the shadow pools beneath the trees,
Pretending we were under the sea.
Once—near the boundary of the garden—
We heard steps passing along the World-road;
O how frightened we were!
I whispered `Haveyou ever walked along that road? »
He nodded, and we shook the tears from our eyes…
There was a child once.
He came—quite alone—to play in my garden;
He was pale and silent.
When we met we kissed each other,
But when he went away, we did not even wave

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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L’Abîme (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    
L’Abîme

Un Abîme de silence nous sépare l’un de l’autre.
Je me tiens d’un côté de l’abîme, toi de l’autre.
Je ne peux te voir ni t’entendre, mais sais que tu es là.
Souvent je t’appelle par ton nom d’enfant
Et prétends que l’écho à mon cri est ta voix.
Comment combler l’abîme ? Jamais par la parole ou le contact.
Autrefois je pensais que nous pourrions le remplir de larmes.
Maintenant je veux le détruire avec nos rires.

***

The Gulf

A Gulf of silence separates us from each other.
I stand at one side of the gulf, you at the other.
I cannot see you or hear you, yet know that you are there.
Often I call you by your childish name
And pretend that the echo to my crying is your voice.
How can we bridge the gulf? Never by speech or touch.
Once I thought we might fill it quite up with tears.
Now I want to shatter it with our laughter.

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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INEXAUCÉE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2022



(Photo by Nicolas Economou/NurPhoto via Getty Images)


    
Poem in French, English, Spanish, Dutch and in Albanian, Arabic, Armenian, Bangla, Bosnian, Catalan, Chinese, Farsi, Filipino, German, Greek, Hebrew, Hindi, Icelandic, Indonesian, Irish (Gaelic), Italian, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Macedonian, Polish, Portuguese, Romanian, Russian, Sardinian, Serbian, Sicilian, Swedish, Tamil

Poem of the Week Ithaca 719
UNANSWERED, THE GARDEN OF EDEN, Germain Droogenbroodt, Belgium/Spain

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

INEXAUCÉE

Bras étendus
comme pour enlacer les cieux
la femme afghane implore de la nourriture
pour son enfant affamé
mais ses supplications
n’émeuvent personne
même pas le ciel.

***

LE PARADIS TERRESTRE

Le paradis terrestre
n’est pas perdu,
durant tous ces siècles
il a continué d’exister,
mais pas pour tous.

(Germain Droogenbroodt)

***

UNANSWERED

Her arms spread
as if she wants to embrace Heaven
the Afghan mother begs food
for her starving child.

But her prayers
touch neither human
nor Heaven.

***

THE GARDEN OF EDEN

Paradise
has not been lost
all those centuries
it continued to exist
but not for everyone.

GERMAIN DROOGENBROODT
Translation by the author and Stanley Barkan

***

PLEGARIAS NO ESCUCHADAS

Con sus brazos extendidos
como para abrazar el cielo
pide comida la mujer afgana
para su hijo hambriento.

Pero sus ruegos
no mueven a humano alguno
ni al cielo.

***

EL PARAÍSO TERRENAL

El paraíso terrenal
no se ha perdido.
Todos estos siglos
ha seguido existiendo,
pero no para todos.

GERMAIN DROOGENBROODT
Traducción del autor y Rafael Carcelen

***

ONVERHOORD

Haar armen gespreid
alsof ze de hemel omhelzen wil
smeekt de Afghaanse vrouw om voedsel
voor haar hongerend kind

maar haar smeekbeden
beroeren geen mens
en ook de hemel niet.

***

HET AARDS PARADIJS

Het aards paradijs
is niet verloren gegaan,
al die eeuwen
is het blijven bestaan,
maar niet voor iedereen.

GERMAIN DROOGENBROODT

***

PA PËRGJIGJE

Krahët e saj shtrihen në ajër
sikur dëshiron të përqafojë qiellin
një nënë Afgane për fëmijën e vet
po lyp ushqim.

Por lutjet e saj
nuk prekin as njeriun
dhe as Perëndinë.

***

KOPSHTI I EDENIT

Parajsa
s’ka humbur kurrsesi
nëpër shekuj
vazhdon të ekzistojë,
por jo për të gjithë.

GERMAIN DROOGENBROODT
Përktheu në shqip Irma Kurti
Translated into Albanian: Irma Kurti

***

هَلْ مِنْ مُجِيب؟

تَمُدُّ بِيَدَيهَا
كَمَا لَوْ أَنَهَا تُرِيدُ أَنْ تَحْتَضِنَ السَّمَاء
تَتَوَسَّلُ مِنْ أَجْلِ إِطْعَامِ أَوْلَادِهَا الجَائِعِين
« تِلْكَ الأُم الأَفْغَانِية »

: تَوَسُّلاَتُهَا
لَمْ تَصِل إِلَى أَي أَحَدٍ
لَا لِلنَّاسِ وَلاَ لِلإِلَه

***

« النَعِيمْ »

لَمْ يُفْقَدْ بَعْدَ كُلِّ هَاتِه العُصُور
بَلْ هُو مُسْتَمِرٌ فِي الوُجُود
لَكِنَّهُ:
: لَيْسَ لِلجَمِيع

جرماين دراجنبرودت (GERMAIN DROOGENBROODT)
ترجمة للعربية: عبد القادر ك
Translated into Arab by Mesaoud Abdelkader

***

ԱՆՊԱՏԱՍԽԱՆ

Նրա թևերը տարածվեցին
ասես կամենում էր գրկել երկինքը
աֆղան մայրը ուտելիք էր մուրում
իր սովյալ երեխայի համար

սակայն նրա աղոթքները
ոչ՛ երկնքին էին հուզում
ո՛չ մարդկանց:

***

ԵԴԵՄԻ ԴՐԱԽՏԸ

Դրախտը կորուսյալ չէ
այս բոլոր տարիներին
նա շարունակել է գոյատևել
սակայն ոչ բոլորի համար:

ԳԵՐՄԱՆ ԴՐՈԳԵԲՐՈԴՏ
Թարգմանությունը հեղինակի և Սթեյնլի Բարքանի
Հայերեն թարգմանությունը Արմենուհի Սիսյանի
Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan.

***

অনুত্তরিত

ছড়িয়ে পড়েছে তার হাত যুগল
যেন মনে হচ্ছে আলিঙ্গন করতে চায় স্বর্গ কে
আফগান মা ভিক্ষা করে খাদ্য
তার ক্ষুধার্ত শিশুর জন্য ।

কিন্তু তার প্রার্থনা
স্পর্শ করে না মানুষদের
না স্বর্গ কে ।

***

স্বর্গের নন্দনকানন

স্বর্গ
যায়নি হারিয়ে এতগুলি
সব শতাব্দী ধরে
এটি চলছে অধিষ্ঠিত হয়ে ।

জার্মেন ড্রোজেনব্রুডট
লেখক এবং স্ট্যানলি বারকান দ্বারা অনুবাদ
Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

NEODGOVARANO

Ruke su joj se raširile
kao da želi da zagrli Nebo
avganistanska majka moli hranu
za njeno izgladnjelo dijete.
Ali njene molitve
ne dodiruje ni čovjeka
ni nebo.

***

RAJSKI VRT

Raj
nije izgubljeno
svih tih vjekova
nastavio je postojati
ali ne za svakoga.

GERMAIN DROOGENBROODT
Translated into Bosnian: Mait Corbic

***

REGÀRIES NO ESCOLTADES

Amb els seus braços estesos
com per abraçar el cel
demana menjar la dona afganesa
per al seu fill afamat.

Però els seus precs
no mouen cap humà
ni el cel.

***

EL PARADÍS TERRENAL

El paradís terrenal
no s’ha perdut.

Tots aquests segles
ha continuat existint,
però no per a tothom.

Germain Droogenbroodt
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

未获答复的

她双臂张开
好像要拥抱天堂
这位阿富汗母亲为她
饥饿的孩子乞讨食物。

但是她的祈祷
既没有触及人类
也没触及天堂。

***

伊甸园

天堂
在所有那些世纪里
还没有被丢失
它存续了下来
但并非为每个人

Translated into Chinese by Willam Zhou

***

بی‌جواب

گویی می‌خواهد بهشت را در آغوش بگیرد
مادر افغان نانی گدایی می‌کند
برای فرزند گرسنه‌اش.
اما دعاهایش
نه انسان را متاثر می‌کند
و نه بهشت را.

***

باغی از بهشت

بهشت
گم نشده است
در تمام قرون
هم‌چنان ادامه داشت
اما نه برای همه.
جرمین دروگنبرودت

ترجمه از سپیده زمانی
Translated into Farsi by Sepideh Zamani

***

WALANG TUGON

Nakabuka ang kanyang mga braso
tila nais niyang yakapin ang Langit
humihingi ng makakain ang nanay na Afghan
para sa kanyang nagugutom na anak.

Ngunit ang kanyang mga panalangin
hindi humipo sa tao
o ni sa Kalangitan.

***

ANG HALAMANAN NG EDEN

Paraiso ay hindi nawala
lahat ng nagdaang siglo
ay patuloy na umiiral
subalit hindi para sa lahat.

GERMAIN DROOGENBROODT
Translation into Filipino Language- Eden Soriano Trinidad

***

NICHT ERHÖRT

Ihre Arme ausgebreitet
als wolle sie den Himmel umarmen
bettelt die afghanische Frau um Essen
für ihr hungerndes Kind
Aber ihr Flehen
berührt keinen Menschen
und auch den Himmel nicht.

***

DAS IRDISCHE PARADIES

Das Paradies
ist nicht verloren gegangen
all die Jahrhunderte
hat es existiert
aber nicht für einen jeden.

GERMAIN DROOGENBROODT
Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

Αναπάντητο
Με χέρια απλωμένα
σαν να θέλει τον Παράδεισο να αγκαλιάσει
η Αφγανή μητέρα παρακαλεί για
λίγο φαγητό για το πεινασμένο παιδί της

Αλλά η προσευχή της
δεν αγγίζει ούτε ανθρώπους
ούτε και τον Παράδεισο

***
Κήπος του Παραδείσου
Δεν χάθηκε ο Παράδεισος
μες στους αιώνες
υπάρχει
μα όχι για όλους

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

שני שירים של ג’רמיין דרוגנברודט

ללא מענה

זְרוֹעוֹתֶיהָ פְּשׁוּטוֹת
כְּאִלּוּ הִיא רוֹצָה לְחַבֵּק אֶת הַשָּׁמַיִם
הָאִמָּא הָאַפְגָּנִית מִתְחַנֶּנֶת לְאֹכֶל
עֲבוּר יַלְדָהּ הַגּוֹוֵעַ בָּרָעָב.

אֲבָל תְּפִלּוֹתֶיהָ
אֵינָן נוֹגְעוֹת לֹא בִּבְנֵי הָאֱנוֹשׁ
וְלֹא בַּשָּׁמַיִם.

גן עדן

גַּן עֵדֶן
לֹא אָבַד
בְּכָל אוֹתָן מֵאוֹת שָׁנִים
הוּא מַמְשִׁיךְ לְהִתְקַיֵּם
אַךְ לֹא עֲבוּר כָּל אֶחָד

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translated into Hebrew by Dorit Weisman

***

अनुत्तरित

उसकी बाहें फैल गईं
मानो वह स्वर्ग को गले लगाना चाहती है
अफगान मां भीख मांगती है खाना
उसके भूखे बच्चे के लिए।

लेकिन उसकी दुआएं हैं
न तो मानव द्वारा सुना
न ही स्वर्ग।

जर्मेन ड्रोजेनब्रूड.

***

ईडन का बगीचा
स्वर्ग

खो नहीं गया है
वो सारी सदियां
अस्तित्व में रहा
लेकिन सभी के लिए नहीं।

जर्मेन ड्रोजेनब्रूड
ज्योतिर्मय ठाकुर द्वारा हिंदी अनुवाद

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

ÓSVARAÐ

Afgönsk móðir fórnar höndum
eins og hún vilji faðma Guð
og biður um mat
handa hungruðu barni.
En bænir hennar
snerta hvorki menn
né Guð.

***

EDENSGARÐUR

Paradís
glataðist ekki
allar þessar aldir
hélt hún sínu striki
en ekki fyrir alla.

Germain Droogenbroodt

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu höfundar og Stanleys Barkan
Translated into Icelandic by Thor Stefansson

***

TAK TERJAWAB

Lengan menengadah seolah
berhasrat mendekap surga
Seorang Ibu di Afghanistan harapkan makanan
untuk anaknya yang lapar.
Tetapi doa
tak membuat orang berderma
dan tak terdengar oleh Surga.

***

KEBUN EDEN

Surga
tidak lenyap
di semua abad
akan terus tersedia
tapi tidak untuk sekalian orang

Germain Droogenbroodt
Translation into Indonesian by Lily Siti Multatuliana

***

GAN FREAGRA
A lámha sínte amach
a cás á pléadáil aici os comhair na Cruinne
an mháthair Afganastánach ag iarraidh aráin
agus síocháin.
Ach ní chloistear a guth
ar domhan ná fiú
sna flaithis.

***

GAIRDÍN PHARTHAIS

Níor díbríodh sinn
ó ghairdín pharthais
leis na céadta bliain
mhairimis ann
i ngan fhios dúinn féin.

Germain Droogenbroodt
Leaganacha Gaeilge le Rua Breathnach
Translated into Irish (Gaelic) by Rua Breathnach

***

SENZA RISPOSTA

Le sue braccia aperte
Come se volesse abbracciare il cielo
la madre afgana mendica cibo
per il suo bambino che muore di fame.
ma le sue preghiere
non raggiungono gli uomini
nè il cielo.

***

IL GIARDINO DELL’EDEN

Il Paradiso sulla terra
non è andato perduto
per tutti questi secoli
ha continuato a esistere
ma non per tutti.

GERMAIN DROOGENBROODT
Traduzione di Luca Benassi

***

答えのない祈り

その女性の腕は広げられ
あたかも天国を抱きしめるかのように
アフガニスタンの母親は
飢える子供のために食べ物を乞う
しかしその祈りは人にも
天国にも届かない

***

エデンの園

楽園は失われていない
何世紀もの間ずっと
存在し続けてきた
しかしすべての人にではない
ジャーマン・ドローゲンブロート

Translated into Japanese by Manabu Kitawaki

***

BILA KUJIBIWA

Mikono yake inaenea kama yuataka
kukumbatia Mbingu
mama wa Afghanistan aomba chakula cha mtoto wake mwenye njaa.
Lakini maombi yake
haiguzi binadamu wala Binguni.

***

BUSTANI YA EDENI

Paradiso haijapotea kwa karne hizo zote,
iliendelea kuwepo,
lakini si kwa kila mtu.

Germain Droogenbroodt
Mtafsiri Bob Mwangi Kihara.
Translated into Kiswahili by Bob Mwangi Kihara

***

VEPIRSÎN NEKIRIN

Pîbaskên xwe dirêjkirin
tibê dixwast esmên hemêzbike
jina efganî lavadike bona xwarinê
ji zaroyên xweyî birçî re

Lê lavelava wê
badilhewa bû
û weha jî ji esmên re.

BEHEŞTA ZEVÎNÎ

Beheşt
hinda nebûye
ew ji van hemî
sedsalan ve heye
lê ne ji bona her yekî.

Germain Droogenbroodt
Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

БЕЗ УСЛИШЕНИЕ

Нејзините раце се раширени
како да сака да ја прегрне небесата
Мајката од Авганистан моли за храна
за своето прегладнето дете.
Но нејзините молитви
не го допираат ниту чоовекот
ниту небото.

***

РАЈСКАТА ГРАДИНА

Рајот
не бил изгубен
сите овие векови
тој продолжил да постои
но не за сите.

Germain Droogenbroodt
Жермен Дрогенброт

Translation from English into Macedonian: Daniela Andonovska Trajkovska
Превод од англиски на македонски: Даниела Андоновска-Трајковска

***

BEZ ODPOWIEDZI

Z ramionami rozpostartymi,
jak gdyby chciała objąć Niebiosa,
afgańska matka błaga o jedzenie
dla swego dziecka konającego z głodu.
Ale jej modlitwy
nie poruszają ani człowieka,
ani Niebios.

***

OGRÓD EDENU

Raj
nie został utracony
przez te wszystkie wieki
pozostaje nadal
ale nie dla każdego.

Germain Droogenbroodt
Translated to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***

ORAÇÕES NÃO ESCUTADAS

Com os braços estendidos
como para abraçar o céu,
a mulher afegã pede comida
para o seu filho faminto.
Mas, os seus pedidos
não tocam nenhum coração humano
nem o céu.

***

O PARAÍSO TERRENO

O paraíso terreno
nunca se perdeu.
Sempre existiu
em todos estes séculos,
mas não para todos.

Germain Droogenbroodt
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

RUGĂMINȚI NEASCULTATE

Cu brațele deschise
dând să cuprindă cerul
femeia afgană înalță rugă
pentru hrana pruncului ei flămând.
Dar implorarea nu atinge
duhul niciunui om
netulburat rămâne și văzduhul.

***

PARADISUL TERESTRU

Paradisul
n-a pierit,
secolele toate
l-au purtat în ele,
dar nu pentru toți.

GERMAIN DROOGENBROODT
Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg și Iuliana Pașca

***

НЕ СЛЫШАТ

Протянув руки,
словно пытаясь обнять небеса,
просит мама-афганка
еды голодному сыну.
Но ее мольбы
не замечают ни люди,
ни небо.

***

РАЙ НА ЗЕМЛЕ

Рай на земле
не пропал навечно,
все века
он был тут,
но не для всех.

Гермайн Дрогенбродт
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translated into Russian by Daria Mishueva

***

RESOS NO ISULYADOS

Cum sos bratzos suos parados
cumente pro imprassare su chelu
pedit màndigu sa ‘èmina afgana
pro fizu sou famidu.
Ma sos resos suos
no arribant a niunu umanu
ni a su chelu.

***

SU PARADISU TERRINZU

Su paradisu terrinzu
no est andadu perdidu
pro totu custos sèculos
at sighidu esistende.
Perou pro totus nono.

Germain Droogenbroodt
Translation Gianni Mascia

***

BEZ ODGOVORA

Podiže ruke
kao da bi htela da obujmi Raj.
Afganistanka se moli za hranu
za svoje od gladi umiruće čedo.
Njene molitve
nisu ganule ni čoveka
ni Raj.

***

RAJSKI VRT

Raj na zemlji
nije izgubljen.
Svih prošlih vekova
je nastavio da postoji
ali ne za svakoga.

Germain Droogenbroodt
Sa engleskog prevela S. Piksiades
Translated into Serbian by S. Piksiades

***

SENZA RISPOSTA

Cu li brrazza aperti
comu si vulissi abbrazzari lu celu
la matri afgana dumanna lu pani
pi li so figghi ca morunu di fami.
Ma li so prieri
non toccanu nè l’omini
né lu paradisu.

LU GIARDINU DI L’EDEN

Lu Paradisu
non si pirdìu.
Ntra tutti li seculi
cuntinuau a esistiri
ma non pi tutti.

Germain Droogenbroodt
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

OBESVARAD

Hon sträcker ut
Sina armar
Som om hon vill
Omfamna himlen
Den Afghanska modern
Ber om mat
Till sitt hungrande barn
Men hennes böner
Når varken människor
Eller himlen

***

EDENS LUSTGÅRD

Paradiset
Är ej förlorat
Genom alla århundraden
Har det fortsatt existera
Dock inte för alla

Germain Droogenbroodt
Translation by Per Josefsson

***

விடைசொல்லாதது

சொர்க்கத்தைக் கட்டித் தழுவ
விரும்புவது போல
அவள் கைகள் விரின்துள்ளது
பசியால் வாடும் தனது
கழன்தைக்காக
ஆஃப்கன் பெண் கெஞ்சுகிறாள்.
ஆனால் அவளது பிரார்த்தனை
மனிதர்களையோ,
சொர்க்கத்தையோ
தொடவில்லை!

ஈடன் தோட்டம்

பலனூற்றண்டுகளாக
விண்ணுலகம் இழன்துவிடவில்லை
அது தொடர்வது இருக்கிறது
ஆனால் ஒவ்வொருவருக்கும் இல்லை!
ஆக்கம்
ஜெர்மெய்ன் ட்ராகன்ப்ரூட்ட்

Translated into Tamil by DR. N V Subbaraman

Recueil: ITHACA 719
Editions: POINT
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Solitaire (Rudyard Kipling)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

Solitaire

Il chasse la souris et câline l’enfant
si l’enfant n’est pas trop importun.
Mais quand l’enfant dort et que la lune sort,
Lui aussi il sort.
Il est le chat qui s’en va seul.
Il est le chat qui s’en va ça et là,
dans les bois mouillés de la nuit,
sur les arbres mouillés de la nuit,
le long des toits mouillés de la nuit.
Il balance sa queue et conquiert l’ombre, solitaire.

(Rudyard Kipling)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Deux mois (Hippolyte Taine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Deux mois

Les petits ont deux mois; fourrés comme des ours,
Lustrés comme des loirs, ils sont bien de leur race.
Juin flambe en eux, jamais leur souplesse n’est lasse ;
Il faut à leurs ébats les seize heures des jours.

Dressant leurs reins arqués sur leurs pieds de velours
Ils s’affrontent; soudain, l’un à l’autre s’enlace;
Ils roulent; tous leurs jeux sont des assauts de grâce;
Auprès d’eux les chevreuils bondissants semblent lourds.

La grâce en les enfants, la beauté dans les roses,
La nature impuissante en ses métamorphoses,
N’a que deux fois produit le chef-d’oeuvre parfait.

Hors d’elle, l’art vagit empêtré dans ses langes.
Qu’a fait l’orgueil humain ? les peintres, qu’ont-ils fait ?
Corrège, des amours, et Raphaël, des anges !

(Hippolyte Taine)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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LE CHAT (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

LE CHAT

Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.

Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,
Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds ;
Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse,
C’est la beauté plastique en robe de velours :
Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,

Vivant dans la pénombre et le silence austère
Où ronfle son ennui comme un poêle enchanté,
Sa compagnie apporte à l’homme solitaire
Le baume consolant de la mysticité
Vivant dans la pénombre et le silence austère.

Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre,
C’est bien l’âme du gîte où je me tiens sous clé ;
De la table à l’armoire et du fauteuil à l’âtre,
Il vague, sans salir l’objet qu’il a frôlé,
Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre.

Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue
Où livres et cahiers gisent ouverts ou clos,
Il passe comme un souffle, effleurant de sa queue
La feuille où ma pensée allume ses falots,
Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue.

Quand il mouille sa patte avec sa langue rose
Pour lustrer son poitrail et son minois si doux,
Il me cligne de l’œil en faisant une pause,
Et je voudrais toujours l’avoir sur mes genoux
Quand il mouille sa patte avec sa langue rose.

Accroupi chaudement aux temps noirs de décembre
Devant le feu qui flambe, ardent comme un enfer,
Pense-t-il aux souris dont il purge ma chambre
Avec ses crocs de nacre et ses ongles de fer ?
Non ! assis devant l’âtre aux temps noirs de décembre

Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes
À la face bizarre, aux tétons monstrueux,
Il songe à l’angora, mignonne des mignonnes,
Qu’il voudrait bien avoir, le beau voluptueux,
Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes.

Il se dit que l’été, par les bons clairs de lune,
Il possédait sa chatte aux membres si velus ;
Et qu’aujourd’hui, pendant la saison froide et brune,
Il doit pleurer l’amour qui ne renaîtra plus
Que le prochain été, par les bons clairs de lune.

Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve,
Et quand nous en sortons encor pleins de désir,
Il nous jette un regard jaloux et presque fauve
Car tandis que nos corps s’enivrent de plaisir,
Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve.

Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte,
Comme pour y cueillir un brin de volupté,
La passion reluit dans sa prunelle verte :
Il est beau de mollesse et de lubricité
Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte.

Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante,
Dans le creux où son corps a frémi dans mes bras,
Il se roule en pelote, et sa tête charmante
Tourne de droite à gauche en flairant les deux draps,
Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante.

Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule,
Et quand il s’est grisé de la senteur d’amour,
Il s’étire en bâillant avec un air si drôle,
Que l’on dirait qu’il va se pâmer à son tour ;
Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule.

Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières
Où, matou lovelace et toujours triomphant,
Il s’amuse à courir pendant des nuits entières
Les chattes qu’il enjôle avec ses cris d’enfant :
Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières.

Panthère du foyer, tigre en miniature,
Tu me plais par ton vague et ton aménité,
Et je suis ton ami, car nulle créature
N’a compris mieux que toi ma sombre étrangeté,
Panthère du foyer, tigre en miniature.

(Maurice Rollinat)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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