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A l’affût de leurs jeunes années (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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A l’affût de leurs jeunes années
l’un évoquait une gare ancienne
aux moineaux polyglottes
aveuglés de verrières
Un autre une fête et ses danses folles
à prendre par la taille
Un autre encore disait n’aimer que les fleurs
poussant à l’altitude des abeilles
et le rire des enfants
dans la musique de leur âge

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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L’homme et l’enfant (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017


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Ce n’est qu’un homme et un petit enfant
Dans une allée d’automne,
Un homme et un enfant s’en allant, souriant,
Sous une pluie de feuilles jaunes.

Ils ne se disent rien. L’enfant regarde
L’homme qui lui sourit.
Et ils s’en vont, main dans la main, sous les grands arbres
Vers un toit qui reluit.

Sur les arbres montrant obstinément leurs nids,
Le ciel se dore comme un fruit.
Ce n’est qu’un homme et un petit enfant,

Et l’on dirait que, tout joyeux, l’automne
Marche devant eux en semant
Du soleil et des feuilles jaunes.

(Maurice Carême)

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Fille Sauvage (Richard Anthony)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Fille Sauvage

On n’a jamais su qui elle était
Ni de quel pays elle venait
Elle dansait la nuit, et au matin sans bruit
S’en allait, comme un regret

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Elle parlait du vent et de la pluie
Mais jamais de son coeur ou de sa vie
Elle riait de tout, en disant après tout
Que demain, est encore loin

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Mais j’ai bien compris qu’elle nous mentait
Et quoi qu’elle en dise son coeur battait
Elle rêvait souvent, devant un enfant
Et pour une fleur, versait des pleurs

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Oh dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

(Richard Anthony)


 

 

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LES DEUX PERROQUETS LE ROI ET SON FILS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

LES DEUX PERROQUETS LE ROI ET SON FILS

Deux Perroquets, l’un père et l’autre fils,
Du rôt d’un Roi faisaient leur ordinaire.
Deux demi-dieux, l’un fils et l’autre père,
De ces oiseaux. faisaient leurs favoris.
L’âge liait une amitié sincère
Entre ces gens : les deux pères s’aimaient ;
Les deux enfants, malgré leur coeur frivole,
L’un avec l’autre aussi s’accoutumaient,
Nourris ensemble, et compagnons d’école.
C’était beaucoup d’honneur au jeune Perroquet ;
Car l’enfant était Prince, et son père Monarque.
Par le tempérament que lui donna la parque,
Il aimait les oiseaux. Un Moineau fort coquet,
Et le plus amoureux de toute la Province,
Faisait aussi sa part des délices du Prince.
Ces deux rivaux un jour ensemble se jouants,
Comme il arrive aux jeunes gens,
Le jeu devint une querelle.
Le Passereau, peu circonspect,
S’attira de tels coups de bec,
Que, demi-mort et traînant l’aile,
On crut qu’il n’en pourrait guérir
Le Prince indigné fit mourir
Son Perroquet. Le bruit en vint au père.
L’infortuné vieillard crie et se désespère,
Le tout en vain ; ses cris sont superflus ;
L’oiseau parleur est déjà dans la barque ;
Pour dire mieux, l’Oiseau ne parlant plus
Fait qu’en fureur sur le fils du Monarque
Son père s’en va fondre, et lui crève les yeux.
Il se sauve aussitôt, et choisit pour asile
Le haut d’un Pin. Là dans le sein des Dieux
Il goûte sa vengeance en lieu sûr et tranquille.
Le Roi lui-même y court, et dit pour l’attirer :
« Ami, reviens chez moi : que nous sert de pleurer ?
Haine, vengeance, et deuil, laissons tout à la porte.
Je suis contraint de déclarer,
Encor que ma douleur soit forte,
Que le tort vient de nous : mon fils fut l’agresseur.
Mon fils ! non. C’est le sort qui du coup est l’auteur.
La Parque avait écrit de tout temps en son livre
Que l’un de nos enfants devait cesser de vivre,
L’autre de voir, par ce malheur.
Consolons-nous tous deux, et reviens dans ta cage. »
Le Perroquet dit : « Sire Roi,
Crois-tu qu’après un tel outrage
Je me doive fier à toi ?
Tu m’allègues le sort : prétends-tu par ta foi
Me leurrer de l’appât d’un profane langage ?
Mais que la providence ou bien que le destin
Règle les affaires du monde
Il est écrit là-haut qu’au faîte de ce pin
Ou dans quelque Forêt profonde,
J’achèverai mes jours loin du fatal objet
Qui doit t’être un juste sujet
De haine et de fureur. Je sais que la vengeance
Est un morceau de Roi, car vous vivez en Dieux.
Tu veux oublier cette offense :
Je le crois : cependant il me faut pour le mieux
Eviter ta main et tes yeux.
Sire Roi mon ami, va-t’en, tu perds ta peine ;
Ne me parle point de retour ;
L’absence est aussi bien un remède à la haine
Qu’un appareil contre l’amour. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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L’automne (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



L’automne
Sa mémoire effeuillée

Son sourire d’enfant triste

Son or brûlé
au vif de sa mort

(Georges Bonnet)

 

 

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Un poème d’écolier (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



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Un poème d’écolier
déchiré en mémoire

Le sommeil des feuillages
y était enfant bercé

Les ombres le soir
sortaient leurs lilas

(Georges Bonnet)

 

 

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J’en ai vu plusieurs… (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



J’en ai vu plusieurs…

J’en ai vu un qui s’était assis sur le chapeau d’un autre
il était pâle
il tremblait
il attendait quelque chose… n’importe quoi…
la guerre… la fin du monde…
il lui était absolument impossible de faire un geste ou de parler
et l’autre
l’autre qui cherchait  » son  » chapeau était plus pâle encore
et lui aussi tremblait
et se répétait sans cesse
mon chapeau… mon chapeau…
et il avait envie de pleurer.
J’en ai vu un qui lisait les journaux
j’en ai vu un qui saluait le drapeau
j’en ai vu un qui était habillé de noir
il avait une montre
une chaîne de montre
un porte monnaie
la légion d’honneur
et un pince-nez.
J’en ai vu un qui tirait son enfant par la main et qui criait…
j’en ai vu un avec un chien
j’en ai vu un avec une canne à épée
j’en ai vu un qui pleurait
j’en ai vu un qui entrait dans une église
j’en ai vu un autre qui en sortait…

(Jacques Prévert)


Illustration: René Magritte

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Chanson de l’oiseleur (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



L’oiseau qui vole si doucement
L’oiseau rouge et tiède comme le sang
L’oiseau si tendre l’oiseau moqueur
L’oiseau qui soudain prend peur
L’oiseau qui soudain se cogne
L’oiseau qui voudrait s’enfuir
L’oiseau seul et affolé
L’oiseau qui voudrait vivre
L’oiseau qui voudrait chanter
L’oiseau qui voudrait crier
L’oiseau rouge et tiède comme le sang
L’oiseau qui vole si doucement
C’est ton coeur jolie enfant
Ton coeur qui bat de l’aile si tristement
Contre ton sein si dur si blanc.

(Jacques Prévert)


Illustration

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FRAGMENT SUR L’AMOUR (Anna Hajnal)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



FRAGMENT SUR L’AMOUR

Je mourrais bien, mais je vis
pour toi,
que tu ne deviennes orphelin, j’ai peur
pour toi :
comme la mère qui, le couvrant,
épie
son fragile enfant
la nuit,
de ma vie je te couvre au mieux,
j’ai pour toi une peur de feu.

Je serais fatiguée, mais je vais,
je marche,
je serais impatiente, mais
j’attends,
je serais lâche et n’ai pourtant
pas peur,
j’étais corps, pour toi je suis devenue
un coeur.
Et je regarde la rue
sans moi,
si je suis malgré tout vaincue,
enfin,
je succombe au mal qui paralyse,
je suis brûlée dans de grandes banquises.

(Anna Hajnal)

Illustration

 

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QUIZZ (Mihály Ladányi)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



©Thomas Padilla/MAXPPP - Paris FRANCE 04/04/2016 ; RASSEMBLEMENT A L' APPEL DU MOUVEMENT NUIT DEBOUT PLACE DE LA REPUBLIQUE. (MaxPPP TagID: maxnewsworldthree995441.jpg) [Photo via MaxPPP]

QUIZZ

Si neuf cents personnes sur mille
se réunissaient afin
de dire
eh bien mes enfants ce soir
nous n’allons pas jouer aux cartes
ni écouter de la stupide musique de danse
mais nous allons plutôt examiner
— nous disposons d’un peu de temps —
ce qui se passe ici mes enfants
Si neuf cents personnes sur mille
se réunissaient
quel serait donc
le texte ?

(Mihály Ladányi)

 

 

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