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Posts Tagged ‘enfant’

L’homme se penche vers l’enfant (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2018




    
l’homme se penche vers l’enfant
cela se passe en un miroir
d’une chambre il y a longtemps
entre un vieux fauteuil et l’armoire

l’homme se voit comme l’enfant
ou l’inverse, entre deux regards
il pourrait s’écouler mille ans

l’enfant s’écrie c’est un miracle
l’homme répond c’est un mirage

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Revermont
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

    

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Je m’alimente (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2018




    
Je m’alimente de musique et d’eau noire.
Je suis ton enfant calcinée par un rêve implacable.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Finies les douces métamorphoses (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




finies les douces métamorphoses d’une enfant toute de soie
somnambule à présent sur la corniche de brouillard
son réveil de main qui respire
de fleur que le vent fait éclore

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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Bonté (Sylvia Plath)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




    
Bonté

La Bonté me rend visite.
Dame Bonté, elle est trop aimable !
Ses joyaux rouges et bleus étincellent
Dans la buée des fenêtres, les miroirs
Se remplissent de sourires.

Quoi d’aussi vrai que le cri d’un enfant?
Le cri du lapin est peut-être plus sauvage
Mais il n’a pas d’âme.
Le sucre guérit de tout, puisque Bonté le dit.
Le sucre est un fluide essentiel,

Ses cristaux font de petits cataplasmes.
Oh la Bonté de Bonté
Qui ramasse gentiment les morceaux !
Les papillons désespérés de mes soieries japonaises
Seront bien vite épinglés, bien vite anesthésiés.

Et te voilà avec une tasse de thé,
Attention délicate.
Si le sang jaillit, c’est la poésie,
Rien ne peut l’arrêter.
Et tu me tends deux enfants, tu me tends deux roses.

(Sylvia Plath)

 

Recueil: Ariel
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN OISEAU (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018




Illustration: Marc Chagall
    
UN OISEAU

Un oiseau, l’œil du poète
s’en empare promptement
puis le lâche dans sa tête,
ivre, libre, éblouissant.

Qu’il chante, qu’il ponde, qu’il
picore, mélancolique,
d’invisibles grains de mil
dans les prés de la musique,

quand il regagne sa haie,
jamais cet oiseau n’oublie
les heures qu’il a passées
voltigeant dans la féerie

où les rochers nourrissaient
leurs enfants de diamant,
où chaque nuage ornait
d’une fleur le ciel dormant.

On trouvera l’oiseau mort
avant les froids de l’automne,
le plaisir était trop fort,
c’est la mort qui le couronne.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le vent est de passage (André Schmitz)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018




    
Le vent est de passage
(l’inconnu, celui qui surgit
d’une brèche dans l’horizon).

Nous l’invitons à table.
Sa langue de feu fascine les enfants
son habit trouble les robes.

On voit le vin s’agiter dans ses veines.
On sent une folie nouvelle
circuler dans les sangs.

On se parle en toutes sortes de langues.
On ne comprend rien
mais on va peut-être tout savoir.

(André Schmitz)

 

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Air (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



Air

Pour le jeune homme épris
Des grenades pour parements

Pour la fille égarée
Une langue de mésange

Pour la veuve
L’écorce d’un tremble

La cerise du loriot
Pour ta prunelle mon enfant

Pour le poète
La soif.

(Andrée Chedid)

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SOEURS ENNEMIES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

soeurs ennemies

SOEURS ENNEMIES

La femme à la langue vitrifiée
lasse d’égrener l’exil

La femme à la langue scellée
lasse d’annoncer les ghettos
Surprennent dans l’oeil de leurs fils
l’aiguillon de la haine
et les fièvres du talion

Pourtant
dans la sagesse de leur sang millénaire
dans l’assurance d’un sang pour vivre
dans les promesses d’un sang d’avenir
S’ébranle le fleuve des alliances
Se modèle la barque qui portera
tous leurs enfants.

Dans le silence d’elles-mêmes
A l’écoute d’un même sang
où s’abreuvent mêmes racines

Elles vont elles iront
dans le futur qu’elles portent
Ces femmes des deux frontières
au présent martelé.

(Andrée Chedid)

 

 

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L’ENFANT GRÉGOIRE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



 

garçon à la balançoire

L’ENFANT GRÉGOIRE

La Technique dit le Ouistiti
C’est pas élastique c’est précis
C’est canonique c’est méthodique
En un mot c’est scientifique

La Poésie dit le Cui-Cui
C’est schismatique c’est dégourdi
C’est esthétique c’est prophétique
En un mot c’est artistique

Et Grégoire sur sa balançoire
S’en balance s’en balance
Et Grégoire sur sa balançoire
Se balance jusqu’au soir

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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Pourtant chaque jour plus seul (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration: Daniel Siguier
    
Pourtant chaque jour plus seul

Homme ouvre le seuil de ta demeure
femme ouvre ta chambre ouvre tes jambes
enfant ouvre la salle de tes jeux
parlez-moi embrassez-moi dites un peu
montrez-moi les photos les cicatrices les secrets
la solitude me maçonne
chaque jour elle jette sur moi d’un geste sec
sa truellée de ciment noir
elle me crépit elle vise mes yeux
elle monte son mur autour de moi
elle épaissit ma peau toujours sa trahison
quand l’envie de brûler me parle
quand l’envie de parler me brûle
quand l’océan des autres me lèche
quand cet homme qui passe je voudrais l’arrêter
et cette femme lui sourire poser ma main sur son épaule

pourtant chaque jour plus seul isolé contre moi
moi qui ai le goût des bonjours
des braises du coeur dans les yeux
des mots
des mains
du verre de vin sous les platanes.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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