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Posts Tagged ‘enfant’

Mon jeune écho (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



 

Mon jeune écho
jusqu’à l’aube jusqu’à Dieu
plaie d’enfant coquelicot
au-dessus de ton front le ciel est toujours bleu

Les camions du salut vont venir
blanc de neiges éternelles
Rémy qui laisse la porte ouverte
sur le dernier Appel

Mon jeune mort
cruel aux herbes cruel aux voix
autour de toi le vent dévore
ton feu de joie

(Jean Cayrol)

Illustration

 

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Où les couleurs sont-elles dès que la nuit y voit (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



Où les couleurs sont-elles
dès que la nuit y voit
Le rouge étend ses ailes
sur le blanc mort de froid

et nul ne dit le nombre
des hivers écoulés

Sur des lèvres où sombre
un papillon gelé
c’est entre une ombre et l’ombre
tout un âge en allé

Le jour qu’un pas efface
sous un ciel fait d’un nom
n’est plus l’homme qui passe
craint l’ombre et s’y confond
mais l’aube sans visage
que son regard sera
dans la blancheur des pages
où la neige est l’image
d’amours qu’on ne voit pas

Sois moins triste on t’écoute
plaider tes maux d’enfant
à l’absente qui doute
du coquelicot blanc

Ton nom ce n’est personne
mais son propre secret
tout le noir qui pardonne
les bois dans un bouquet

Cueille une fleur de glace
de loin le froid se voit
ce qui brille où tu passes

Si ce n’était pas toi

(Joë Bousquet)

Illustration

 

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Le ciel tombait rond (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



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Le ciel tombait rond
comme une robe
Une photo d’enfant sur le buffet
faisait reprendre pied
La pendule persistait
Les jeux sous les platanes
s’endeuillaient de feuilles mortes
Les choses changeaient de croix
Chacune dans son destin

(Georges Bonnet)

 

 

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A l’affût de leurs jeunes années (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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A l’affût de leurs jeunes années
l’un évoquait une gare ancienne
aux moineaux polyglottes
aveuglés de verrières
Un autre une fête et ses danses folles
à prendre par la taille
Un autre encore disait n’aimer que les fleurs
poussant à l’altitude des abeilles
et le rire des enfants
dans la musique de leur âge

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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L’homme et l’enfant (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017


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Ce n’est qu’un homme et un petit enfant
Dans une allée d’automne,
Un homme et un enfant s’en allant, souriant,
Sous une pluie de feuilles jaunes.

Ils ne se disent rien. L’enfant regarde
L’homme qui lui sourit.
Et ils s’en vont, main dans la main, sous les grands arbres
Vers un toit qui reluit.

Sur les arbres montrant obstinément leurs nids,
Le ciel se dore comme un fruit.
Ce n’est qu’un homme et un petit enfant,

Et l’on dirait que, tout joyeux, l’automne
Marche devant eux en semant
Du soleil et des feuilles jaunes.

(Maurice Carême)

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Fille Sauvage (Richard Anthony)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Fille Sauvage

On n’a jamais su qui elle était
Ni de quel pays elle venait
Elle dansait la nuit, et au matin sans bruit
S’en allait, comme un regret

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Elle parlait du vent et de la pluie
Mais jamais de son coeur ou de sa vie
Elle riait de tout, en disant après tout
Que demain, est encore loin

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Mais j’ai bien compris qu’elle nous mentait
Et quoi qu’elle en dise son coeur battait
Elle rêvait souvent, devant un enfant
Et pour une fleur, versait des pleurs

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Oh dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

(Richard Anthony)


 

 

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LES DEUX PERROQUETS LE ROI ET SON FILS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

LES DEUX PERROQUETS LE ROI ET SON FILS

Deux Perroquets, l’un père et l’autre fils,
Du rôt d’un Roi faisaient leur ordinaire.
Deux demi-dieux, l’un fils et l’autre père,
De ces oiseaux. faisaient leurs favoris.
L’âge liait une amitié sincère
Entre ces gens : les deux pères s’aimaient ;
Les deux enfants, malgré leur coeur frivole,
L’un avec l’autre aussi s’accoutumaient,
Nourris ensemble, et compagnons d’école.
C’était beaucoup d’honneur au jeune Perroquet ;
Car l’enfant était Prince, et son père Monarque.
Par le tempérament que lui donna la parque,
Il aimait les oiseaux. Un Moineau fort coquet,
Et le plus amoureux de toute la Province,
Faisait aussi sa part des délices du Prince.
Ces deux rivaux un jour ensemble se jouants,
Comme il arrive aux jeunes gens,
Le jeu devint une querelle.
Le Passereau, peu circonspect,
S’attira de tels coups de bec,
Que, demi-mort et traînant l’aile,
On crut qu’il n’en pourrait guérir
Le Prince indigné fit mourir
Son Perroquet. Le bruit en vint au père.
L’infortuné vieillard crie et se désespère,
Le tout en vain ; ses cris sont superflus ;
L’oiseau parleur est déjà dans la barque ;
Pour dire mieux, l’Oiseau ne parlant plus
Fait qu’en fureur sur le fils du Monarque
Son père s’en va fondre, et lui crève les yeux.
Il se sauve aussitôt, et choisit pour asile
Le haut d’un Pin. Là dans le sein des Dieux
Il goûte sa vengeance en lieu sûr et tranquille.
Le Roi lui-même y court, et dit pour l’attirer :
« Ami, reviens chez moi : que nous sert de pleurer ?
Haine, vengeance, et deuil, laissons tout à la porte.
Je suis contraint de déclarer,
Encor que ma douleur soit forte,
Que le tort vient de nous : mon fils fut l’agresseur.
Mon fils ! non. C’est le sort qui du coup est l’auteur.
La Parque avait écrit de tout temps en son livre
Que l’un de nos enfants devait cesser de vivre,
L’autre de voir, par ce malheur.
Consolons-nous tous deux, et reviens dans ta cage. »
Le Perroquet dit : « Sire Roi,
Crois-tu qu’après un tel outrage
Je me doive fier à toi ?
Tu m’allègues le sort : prétends-tu par ta foi
Me leurrer de l’appât d’un profane langage ?
Mais que la providence ou bien que le destin
Règle les affaires du monde
Il est écrit là-haut qu’au faîte de ce pin
Ou dans quelque Forêt profonde,
J’achèverai mes jours loin du fatal objet
Qui doit t’être un juste sujet
De haine et de fureur. Je sais que la vengeance
Est un morceau de Roi, car vous vivez en Dieux.
Tu veux oublier cette offense :
Je le crois : cependant il me faut pour le mieux
Eviter ta main et tes yeux.
Sire Roi mon ami, va-t’en, tu perds ta peine ;
Ne me parle point de retour ;
L’absence est aussi bien un remède à la haine
Qu’un appareil contre l’amour. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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L’automne (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



L’automne
Sa mémoire effeuillée

Son sourire d’enfant triste

Son or brûlé
au vif de sa mort

(Georges Bonnet)

 

 

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Un poème d’écolier (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



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Un poème d’écolier
déchiré en mémoire

Le sommeil des feuillages
y était enfant bercé

Les ombres le soir
sortaient leurs lilas

(Georges Bonnet)

 

 

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J’en ai vu plusieurs… (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



J’en ai vu plusieurs…

J’en ai vu un qui s’était assis sur le chapeau d’un autre
il était pâle
il tremblait
il attendait quelque chose… n’importe quoi…
la guerre… la fin du monde…
il lui était absolument impossible de faire un geste ou de parler
et l’autre
l’autre qui cherchait  » son  » chapeau était plus pâle encore
et lui aussi tremblait
et se répétait sans cesse
mon chapeau… mon chapeau…
et il avait envie de pleurer.
J’en ai vu un qui lisait les journaux
j’en ai vu un qui saluait le drapeau
j’en ai vu un qui était habillé de noir
il avait une montre
une chaîne de montre
un porte monnaie
la légion d’honneur
et un pince-nez.
J’en ai vu un qui tirait son enfant par la main et qui criait…
j’en ai vu un avec un chien
j’en ai vu un avec une canne à épée
j’en ai vu un qui pleurait
j’en ai vu un qui entrait dans une église
j’en ai vu un autre qui en sortait…

(Jacques Prévert)


Illustration: René Magritte

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