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Poésie

Posts Tagged ‘enfantin’

Un nuage énorme sur la lune (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




    
Un nuage énorme sur la lune,
troubles d’encre et d’argent, masque tordu
— qu’entoure le ciel étoilé tranquille, vissé d’astres.

Je pense à l’enfantine poésie de chercher mille ressemblances imparfaites de ce nuage,
mille chameaux, monstres, contrées
— tandis que sa valeur, sa poésie puissante et véritablement illimitée
est justement au contraire d’être informe, lui-même,
inaccessible aux mots, sans images.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Où sont tes peupliers hauts de quinze cents mètres (Hughes Fouras)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Où sont tes peupliers hauts de quinze cents mètres,
Tes champs pleins de Sioux et de courges scalpées?
Charmant pays de mes vacances enfantines,
Tu m’apparais comme un village de poupées.

Tout s’est ratatiné: les peupliers des routes ?
A peine plumes d’oie pour poètes branlants,
Et l’oncle qui jadis m’étonnait par sa force,
Un petit vieux qui pleure en me reconnaissant.

(Hughes Fouras)

 

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IL FAUDRA NOUS AIMER … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019




IL FAUDRA NOUS AIMER …

Il faudra nous aimer par-dessus toutes choses,
Malgré les jours mauvais ou les heures moroses,
Afin que notre amour soit une apothéose.

Il faudra que nos yeux soient purs comme un matin
De Pâques où tout l’air bleu rit d’un rire enfantin,
Dans lequel il y a des cloches au lointain.

Acceptant le travail que le jour leur apporte,
Il faudra que nos mains soient fidèles et fortes,
Jointes encor, même alors qu’elles seront mortes.

Il faudra que par les chemins qui s’offriront
Nous marchions, malgré tous les deuils et les affronts.
Sentant l’ombre d’une aile effleurer notre front.

Nous irons à travers les rires ou les larmes
Calmes et doux, impassibles, sans autres armes
Que ma fidélité tendre et que votre charme.

Nous nous soucierons peu des yeux faux ou moqueurs,
Et, chère, n’est-ce pas que nous serons vainqueurs
De toute chose, avec un tel amour au coeur ?…

(Emile Ripert)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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SI JAMAIS (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



    

SI JAMAIS

Dis si jamais je reverrai
— Jamais! — la fille balancée
Par la mer Méditerranée,

La longue forme confondue
Avec l’eau bleue qui la remue
Et le soleil multiplié;

Crinière humide sur le sable,
Jambes ouvertes au ciel pur,
Grande, enfantine, insaisissable,

Combien de jours aux blancs nuages,
Combien de nuits auront passé,
Et dans ses yeux quelles images?

Vais-je garder, inépuisé,
Le goût de sel de ces baisers
Sur tout son corps, après la nage?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il suffit que l’enfant souffre (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019




Il suffit que l’enfant souffre, et toujours lui revient le même appel à sa mère.
Cette absolue confiance que nous cherchons à retrouver toujours, immédiate autant qu’inexplicable,
n’a-t-elle part au secret qui habite les corps ?

Cette confiance dans l’abîme, au delà de tout réconfort.

Un abîme matériel, maternel, où nous serions tout entiers saisis.

L’intimité retrouvée avec les choses.
Le sentiment merveilleusement pur, comme enfantin, de leur mystère.

(Gérard Pfister)

Illustration

 

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La place et les orangers flamboyants (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



La place et les orangers flamboyants
avec leurs fruits ronds et rieurs.

Tumulte de petits collégiens
qui sortent de l’école, en désordre,
emplissant l’air de la place ombragée
du tintamarre de leurs voix neuves.

Allégresse enfantine dans les recoins
des villes mortes!…

Et une part de nous, d’hier,
que nous voyons errer encore
dans ces vieilles rues!

(Antonio Machado)

Illustration

 

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Et sans ire (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018



Illustration: Lore
    
et sans ire
et sans heure
sans ores
sans implorer
sans labourer dans la mémoire
sans errer dans le passage de la nuit à l’amour
et de l’amour à son attente

et nous partirons dans un coeur abandonné
et nous partirons dans l’espace ouvert de ton regard

et nous partirons dans un coeur qui attend
amarré au bord d’un précipice
ne pas dessiner l’itinéraire
ne pas employer la plume
sauf s’ils parlent d’oiseaux
ne rien prévoir
pour que rien ne vienne pas
et nous partirons comme part l’obscurité
dans le petit matin des prières enfantines

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Je suis… (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018



 

Je suis…

mes ailes ?
deux pétales pourris

ma raison?
des petits verres de vin aigre

ma vie ?
un vide bien pensé

mon corps ?
une entaille sur la chaise

mon va-et-vient ?
un gong enfantin

mon visage ?
un zéro dissimulé

mes yeux?
ah! des morceaux d’infini

***

o soy…

mis alas?
dos petalos podridos

Mi razon?
copitas de vino agrio

mi vida?
vacío bien pensado

mi cuerpo?
un tajo en la silla

mi vaivén?
un gong infantil

mi rostro?
un cero disimulado

mis ojos?
ah! trozos de infinito

(Alejandra Pizarnik)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com

Illustration

 

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Tournez, tournez, chevaux de bois (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration: Alain Le Nost
    
Tournez, tournez, chevaux de bois.
Verlaine.

Pégases, jolis pégases,
petits chevaux de bois.

Enfant, j’ai connu
la joie de tourner
sur un rouge coursier
en une nuit de fête.

Dans l’air poussiéreux
brillaient les lampions,
et la nuit bleue étincelait,
parsemée d’étoiles.

Joies enfantines,
pour un sou seulement,
jolis pégases,
petits chevaux de bois!

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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SONGE ENFANTIN (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018




    
SONGE ENFANTIN

Une claire nuit
de fête et de lune,
nuit de mes rêves,
nuit d’allégresse,

— mon âme était toute lumière,
aujourd’hui elle est toute brume;
et mes cheveux n’étaient
pas noirs encore —

la plus jeune fée
m’emmena dans ses bras
à la fête joyeuse
qui flambait sur la place.

Sous le crépitement
des lampions,
l’amour tissait
l’écheveau des danses.

Et dans cette nuit
de fête et de lune,
nuit de mes rêves,
nuit d’allégresse,

la fée la plus jeune
baisait mon front…
et de sa main jolie
me disait son adieu…

Tous les rosiers
livraient leurs parfums;
l’amour épanouissait
toutes les amours.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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