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Poésie

Posts Tagged ‘enfermer’

Je suis une enfant des fées (Anne-Marie Derèse)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



Je cours contre le vent,
les branches m’agressent.
Je cours, je ne sens rien
ni les griffes aiguës des épineux,
ni le froid de novembre.
Mes cheveux flottent
comme un drapeau.

Mes pensées s’entrechoquent,
mon souffle s’affole.
Je ne veux pas que l’on m’enferme.
J’ai peur des murs et des barreaux.
Je suis une enfant des fées.
Je voudrais m’envoler,
être un oiseau.

Je cours, je cours,
je bats des ailes,
je vole, oui je vole, je…
je tombe…
l’herbe me recueille.

Je ne veux pas que l’on m’enferme.
Je suis une enfant des arbres,
je suis une enfant du bleu,
ne me coupez pas les ailes.

(Anne-Marie Derèse)


Illustration: Lara Jade

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LIBERTE CHERIE (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



 

Giampaolo Ghisetti__Forse_g

LIBERTE CHERIE

Quand on t’adresse la parole
On dit que tu es timide
Et l’on te défend de répondre

Quand on t’invite
On dit que tu as horreur du monde
Et l’on te défend de sortir

Quand on danse
On dit que tu es boiteuse
Et l’on te défend de marcher

Quand on demande ta main
On dit que tu penses au couvent
Où l’on voudrait t’enfermer

Quand on chante on t’envoie prier
Quand on écrit la vérité
On éteint pour t’empêcher de lire

Mais tu viendras à la fête
Et les chants que tu inventes
Tes enfants les connaîtront

(Ernest Delève)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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L’OEUVRE (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




L’OEUVRE

Avec mes pierres carrées
je t’enfermerai dans une oeuvre
car tu es coureur de chagrins
et la règle est d’apprendre à rire
Homme
avant de mourir.

(Henry Bauchau)

Illustration: Antony Lelgouarch

 

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Avec mes pierres carrées (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2021



Avec mes pierres carrées
je t’enfermerai dans une œuvre
car tu es coureur de chagrins
et la règle est d’apprendre à rire
Homme
avant de mourir.

(Henry Bauchau)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Tu peux, comme il te plaît, me faire jeune ou vieux (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



 

Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Tu peux, comme il te plaît, me faire jeune ou vieux.
Comme le soleil fait serein ou pluvieux
L’azur dont il est l’âme et que sa clarté dore,
Tu peux m’emplir de brume ou m’inonder d’aurore.
Du haut de ta splendeur, si pure qu’en ses plis
Tu sembles une femme enfermée en un lys,
Et qu’à d’autres moments l’œil qu’éblouit ton âme
Croit voir, en te voyant, un lys dans une femme,
Si tu m’as souri, Dieu ! tout mon être bondit ;
Si, madame, au milieu de tous, vous m’avez dit,
À haute voix : Bonjour, monsieur, et bas : Je t’aime !
Si tu m’as caressé de ton regard suprême,
Je vis ! je suis léger, je suis fier, je suis grand ;
Ta prunelle m’éclaire en me transfigurant ;
J’ai le reflet charmant des yeux dont tu m’accueilles ;
Comme on sent dans un bois des ailes sous les feuilles,
On sent de la gaîté sous chacun de mes mots ;
Je cours, je vais, je ris ; plus d’ennuis, plus de maux ;
Et je chante, et voilà sur mon front la jeunesse !
Mais que ton cœur injuste un jour me méconnaisse ;
Qu’il me faille porter en moi jusqu’à demain
L’énigme de ta main retirée à ma main :
— Qu’ai-je fait ? qu’avait-elle ? Elle avait quelque chose.
Pourquoi, dans la rumeur du salon où l’on cause,
Personne n’entendant, me disait-elle vous ? —
Si je ne sais quel froid dans ton regard si doux
A passé comme passe au ciel une nuée,
Je sens mon âme en moi toute diminuée ;
Je m’en vais courbé, las, sombre comme un aïeul ;
Il semble que sur moi, secouant son linceul,

Se soit soudain penché le noir vieillard Décembre ;
Comme un loup dans son trou, je rentre dans ma chambre ;
Le chagrin — âge et deuil, hélas ! ont le même air —
Assombrit chaque trait de mon visage amer,
Et m’y creuse une ride avec sa main pesante.
Joyeux, j’ai vingt-cinq ans ; triste, j’en ai soixante.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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On dirait, ma parole, qu’on est enfermé (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2020



    

On dirait, ma parole,
Qu’on est enfermé.

Et pourtant,
On fait bien ce qu’on veut
Ou à peu près.

Alors, enfermés,
Mais par qui, bon Dieu ?

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Ouvrir
Traduction:
Editions: Gallimard

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SOUFFLE (Paolo Rufilli)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2020



Illustration: Pablo Atchugarry  
    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Gujarati

Poem of the Week Ithaca 653
« Soffio » Paolo Rufilli , Italy

From: “Il polline delle stelle”, Poesía italiana, Editoriale POINT 2000

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

SOUFFLE

C’est dans ce souffle lointain,
tout au fond du cœur,
que chacun
reconnaît son destin.
Le rêve le plus interdit :
la notion
d’un infini
même quotidien
qui échoit
au corps de l’amour.
Bridé, enfermé,
pour conserver son goût
intact,
soustrait à la vacuité
maintenu entre les cuisses
longtemps, en vain,
semblable à l’eau
qui de toute façon
glisse entre les mains.

Traduction Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

(Paolo Rufilli)

***

ADEMTOCHT

Het is in die verre ademtocht,
diep in het hart,
dat eenieder
zijn lot herkent.
De meest verboden droom:
het denkbeeld
van een zelfs dagelijkse
oneindigheid
die het lichaam
van de liefde ten deel valt.
Tegengehouden, opgesloten,
om haar smaak ongerept
te bewaren,
onttrokken aan de leegte
vastgehouden tussen de dijen
langdurig, tevergeefs,
zoals het water
dat hoe dan ook
aan de hand ontglipt.

Vertaling Germain Droogenbroodt – Annie Reniers
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt – Annie Reniers

***

SOPLO

Es en ese remoto
soplo, dentro del corazón,
donde todo el mundo reconoce
su destino.
El sueño más prohibido:
la idea de un
infinito incluso cotidiano
abandonado en suerte
al cuerpo del amor.
Rendido, encarcelado,
para mantener intacto
su sabor,
sustraído al vacío
sostenido entre los muslos
largo tiempo, en vano,
como el agua
que sin embargo escapa
de la mano.

Traducción Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

BREATH

It is in that remotebreath,
inside the heart,
that everyone recognizes
his destiny.
The most forbidden dream:
the idea
of an infinite,
even ordinary
left by fate
at the body of love.
Surrendered, imprisoned,
to keep intact
its flavor,
subtracted from the void,
held between the thighs,
for a long time, in vain,
like water
that drips anyway
from the hand.

Translation into English by Germain Droogenbroodt

***

SOFFIO

E’ in quel remoto
soffio, dentro al cuore,
che ognuno riconosce
il suo destino.
Il sogno più prohibito:
l’idea di un
infinito perfino
quotidiano,
lasciato in sorte
al corpo dell’amore.
Arreso, imprigionato,
per conservare intatto
il suo sapore,
sottratto al vuoto
tenuto tra le cosce
a lungo, invano,
come l’acqua
che scivola comunque
dalla mano.

Traduzione Germain Droogenbroodt – Annie Reniers
Translation into Italian bij Germain Droogenbroodt – Annie Reniers

***

ATEMZUG

In jener Ferne
ist Atem, im Herzen,
dass ein jeder
sein Schicksal erkennt.
Der meistverbotene Traum:
die Idee einer
gar alltäglichen Ewigkeit,
als Schicksal
im Körper der Liebe gelassen.
Aufgegeben, eingesperrt,
um unversehrt
seinen Geschmack zu bewahren,
der Leere entzogen
zwischen den Schenkeln gehalten
lange Zeit, vergeblich,
wie das Wasser
das ohnehin
der Hand entrinnt.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

SOPRO

É nesse remoto
sopro, dentro do coração
onde todo mundo reconhece
o seu destino.
O sonho mais proibido:
a ideia de um
infinito até mesmo cotidiano,
deixado ao fado
ao corpo do amor.
Dominado, aprisionado,
para conservar intacto
o seu sabor,
subtraído ao vazio
abarcado entre as pernas
muito tempo, em vão,
como a água
a escorrer mesmo assim
da mão.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

CIATU

È nta ddu rimotu
ciatu, dintra u cori,
ca ognunu ricanusci
u so distinu.
Lu sognu chiù pruibbitu:
l’idea di un infinitu
p’ansina d’ogni jorru,
lassato in sorti
a lu corpu di l’amuri.
Arristatu, mpriggiunatu,
pi cunzirvari intattu
u so sapuri,
livatu a lu vacanti,
tinutu ntra li cosci,
a longu, invanu,
comu l’acqua
ca sciddica in ogni modu
di la manu

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

SUFLARE

În acea depărtată
suflare din adâncul inimii
își recunoaște fiecare om
propriul destin.
Visul cel mai oprit:
ideea unui infinit
fie el chiarși cotidian,
lăsat în voia
corpului iubirii.
Predat, întemnițat,
pentru a-ipăstra neatinsă
aroma,
scăzut din neantul
ținut între coapse
îndelung, fără rost,
ca apa
carese prelinge, oricum,
din mână.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

TCHNIENIE

To jest w ukrytym tchnieniu,
w głębi serca
które każdy rozpoznaje
jako własne przeznaczenie.
Najbardziej zabronione marzenie:
idea
perfekcyjnej nieskończonej codzienności
pozostawionej przez los
w ciele miłości.
Poddani, uwięzieni
by zachować jej nietknięty
smak,
odjęty od pustki,
trzymany między udami
długo, na próżno
bo to jest jak z wodą
która i tak ścieknie
z dłoni.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka

***

ΑΝΑΣΑ

Μοναχική ανάσα
μες στην καρδιά
τη μοίρα σου που διακρίνεις
όνειρο απαγορευμένο
έννοια
εφήμερης αιωνιότητας
στα πόδια της αγάπης αφημένη
υποταγμένη, φυλακισμένη
διατηρεί τη γεύση της
απ’ την απώλεια παρμένη
μάταια εγκελεισμένη
ανάμεσα σε δυο γοφούς
και σαν νερό
πάντα της απ’ τα δάχτυλα
μακριά κυλά.

Μετάφραση ΜανώληΑλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***
呼吸

就在那久远的呼吸里,
在内心深处,
每个人都认识到
自己的命运。
最禁忌的梦想:
就是一个甚至
日常无穷大的信念
由命运遗留
在爱的身体里。
屈服,被囚禁,
为保持它的
原汁原味,
从虚无中减去,
很长时间里都是徒劳保存,
在大腿之间,
仅仅像水一样
不管怎样,从手上
逃走了。

英译:比利时杰曼·卓根布鲁特
汉译:中国周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

نفَسٌ

في ذاك النفس البعيد
بأعماق القلبِ
يعرف كلٌّ منا قدرَه.
الحلمُ المحرَّمُ بشدة:
فكرة أبدية الأيام
سلمها القدر لجسد الحب.
مهجورة ،
مسجونة ،
بِكْرٌ مذاقُها.. يبقى،
مأخوذٌ من الخواء،
محصور طويلا دون جدوى
بين فخذين،
لكنه كما الماء
لابد أن
يتسلل هاربا
من اليد.

ترجمته عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Slim

***

सांस

यह उस सुदूर सांस में है,
दिल के अंदर,
कि हर कोई पहचानता है
उसकी नियति।
सबसे निषिद्ध स्वप्न:
विचार
एक दैनिक अनंतता का
भाग्य द्वारा छोड़ा गया
प्रेम के शरीर पर।
आत्मसमर्पण, कैद,
अक्षुण्ण रखना
इसका स्वाद,
शून्यता से घटा,
एक लंबे समय के लिए व्यर्थ में आयोजित,
जांघों के बीच,
लेकिन पानी की तरह
वैसे भी बच जाता है
हाथ से।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

息遣いのなかに

心の内にある遠くの息
人はそこに自分の運命を知る
もっとも禁じられた夢
無限は平凡な運命のなかにさえ存在する
愛の身体のなかに
降伏し、投獄されても
その香りを傷つけないために
無から差し引かれる
それは長い時間、両脚の間にあったが
水のように手からこぼれ落ちてしまった

Translation into Japanese by Dr. Manabu Kitawaki

***

نفس

نفسی از راه دور است،
در ميان قلبی
كه میداند
سرنوشتش را.
خوابى ممنوع
ايده ايى
حتى از يك بى نهايت روزانه
كه به تقدير واگذار شده بود
در بدن عشق.
تسليم شده، زندانى شده،
براى اينكه طعم آن،
دست نخورده بماند
از پوچى کم می شود،
برای زمانى طولانى عقیم می ماند
در ميان رانها
اما مثل آب
ناگزير فرارمی کند
از ميان دست ها.

پوالو‌ روفیلی، ایتالیا، ١٩٤٩
ترجمه: سپيده زمانى
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ШУМ

В този далечен шум
от дълбините на сърцето
човек разпознава
своята участ.
Забранена мечта е тази
за безкрайността
на ежедневието,
оставена в ръцете на съдбата,
въплътена в любовта.
Затворен шум, заключен,
за да може да запази непокътнат
своя дух,
изтръгнат от празнотата,
задържан между две бедра
задълго, но напразно,
като водата, която винаги
се изплъзва от ръцете.

превод от италиански: Цветелина Александрова и Иван Христов
Translation into Bulgarian by Tsvetelina Alexandrova en Ivan Hristov

***

ANDI

Það er í langsóttumandanum,
innst í hjartanu,
semhverogeinnáttar sig
á örlögumsínum.
Leyndastadraumnum:
hugmyndinni
um jafnveldagleganóendanleika
semforsjóninskilureftir
í kjarnakærleikans.
Afhendilátinn, haldiðföngnum,
tilþessaðviðhalda
bragðihans,
dreginnútúrtóminu,
honum var lengihaldiðtileinskis,
milli læranna,
en sleppursamt
einsogvatn
úrlófanum.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

ДЫХАНИЕ

В далеком дыхании,
глубоко в сердце –
там каждый
узнает свою участь.
Запретнейшаямечта:
идея
дажеежедневной
нескончаемости
оставлена судьбой
втеле любви.
Зарешеткой, добровольносдавшись,
чтобывкуссохранить
целиком,
выхваченноеупустоты,
долго, напрасно
удерживаемое между бедер,
словно вода,
все равно
утекает сквозь пальцы.

ПереводнарусскийязыкДарьиМишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

HININGA

Nasa malalimnabuntong-hiningamulasakaibuturan ng pusonakilalaninng bawatisa ang
kanyangkapalaran.
Ang pinaka-ipinagbabawalnapangarap;
ang ideyang isangkahit pang araw-arawnawalanglimitasyonginiwan ng kapalaransakatawanng pag-ibig.
Sumuko, ikinulong,upangmapanatili
ang lasa,
ibinawasmulasakawalan,samatagalnapanahongpinapagingwalangkabuluhan,
sapagitan ng mgahita,
subalittulad ng tubigay nakakatakasparinmulasakamay.

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

נשימה / פאולול רופילי

זֶהבְּתוֹךְאוֹתָהּנְשִׁימָהקְלוּשָׁה,
שֶׁבָּאָהמֵהַלֵּב,
בָּהּאָדָםמְזַהֶה
אֶתגּוֹרָלוֹ.
הַחֲלוֹםהָאָסוּרבְּיוֹתֵר:
הָרַעְיוֹן
שֶׁלנִצְחִיּוּת
בַּדְּבָרִיםהַקְּטַנִּיםהַיּוֹמְיוֹמִיִּים
מֻטְבָּעעַליְדֵיהַגּוֹרָל
בְּגוּףהַנֶּאֱהָבִים.
כְּנוּעָה, כְּלוּאָה,
שׁוֹמֶרֶתשֶׁטַּעֲמָהּ
לֹאיִפָּגַע,
מֻחְזֶקֶת הָאַהֲבָהלַשָּׁוְא
לְאֹרֶךְזְמַן
בֵּיןהַיְּרֵכַיִם,
כִּי בְּכָלמִקְרֶה
הִיא כְּמוֹמַיִם
שֶׁדּוֹלְפִים מֵהַיָּד.

תרגום מאיטלקית לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
הפסל של
Translation into Hebrew by Dorit Weissman

***

மூச்சு

அது அந்த தூரத்து மூச்சு
இதயத்திற்குள் இருந்து,

ஒவ்வொருவரும் அறிந்து கொள்ளும்
அவரது தலை விதி.
தடுக்கப்பட்ட கனவு.
ஓர் எண்ணம்
ஒவ்வொரு நாளைய எல்லையற்ற
விதியினால் விடப்பட்டது
அன்பின் உடலில்
சரணடைந்து விட்டது, சிறை பிடிக்கப்பட்டது
அதனது உருசியைப்
பாதுகாப்பதற்காக.
பொருளற்ற நிலையினின்று கழிக்கப்பட்டது
நெடுங்காலத்திற்குபயனற்றதாய் வைக்கப்பட்டது
தொடைகளுக்கு இடையில்
தண்ணீர் போல எப்படியும்
கையிலிருந்து நழுவி விடும்!
கவிதை ஆக்கம்

Translation into Tamil by Dr. N V Subbaraman

***

HINASE

Li wê dûriyê
hinase, di dil de,
ku her yek
rojgaraxwezane.
Xewnapirtirtêqedexekirin:
Hizrataseriyê
Yarojane
çawarojgar
di tena evînê de hêştin.
Spardeyî,
liserkilîkirî,
bona ziyannegîhnêyê,
kuçêjaxwe bê parastin,
jivalahiyêvekişandin
di navberaranan de
demekedirêj
bêhêştin, bêhavil e
wekavê
her çijî
destdireve.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

শ্বাস

সেইনির্জনশ্বাসে,
হৃদয়েরঅন্তস্থলে,
প্রতিজনস্বীকৃতিদেয়
তারনিয়তিকে।
সর্বোচ্চনিষিদ্ধস্বপ্নঃ
একটিধারণা
এমনকিএকটিদিনেরঅনন্ত
ভাগ্যদ্বারানির্ধারিত
ভালোবাসারদেহেরসমর্পিত।
আত্মসমর্পিতঅবরুদ্ধকারাবাস,
অক্ষতরাখতে
এরস্বাদ,
শূন্যতাথেকেবিচ্ছিন্ন
দীর্ঘকালীননিরর্থকতা,
উরুরমাঝারে,
তবেপানিরমতো
পালিয়েযায়
হাতথেকে ।

অনুবাদজার্মেইনড্রোজেনব্রুড্ট
Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

શ્વાસ

હ્રદયમાં ખૂણેખાંચરે સાચવેલા
શ્વાસમાં સૌ જોઈ લે છે
પોતાનું પ્રારબ્ધ
પ્રતિબંધિત સ્વપ્ન:
પ્રેમની કાયા પાસે મુકાયેલી
અનંતતા
જે કેદ કરાઈ છે
સ્વાદ જળવાઈ રહે માટે
શૂન્યમાંથી જેની
બાદબાકી કરાઈ છે
જેને જકડી રખાઈ છે
જાંઘો વચ્ચે
સરકી જાય છે
જે આંગળીઓ વચ્ચેથી
જળવત્

-પાઓલો રફિલ્લી, ઇટલી, ૧૯૪૯

Translation into Gujarati by Udayan Thakker

(Paolo Rufilli)

 

Recueil: ITHACA 653
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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L’éphémère et la silhouette (Mariem Mint Derwich)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020




    
L’éphémère et la silhouette

Je te danserai l’éphémère sur la dune endormie
L’imperceptible de la trace
Le vent qui efface, caresse chuchotée,
Les notes envolées, fugitives des histoires d’antan

Je te danserai la lumière de la lune
la lumière tremblotante
au feu assoupie,
ce que murmure l’homme quand il rêve

Je te danserai les palmiers au ciel découpés
le nuage dans le regard des bergers,
les gestes esquissés et qui s’en sont allés,
la paume au sol posée, disparue

Je te danserai l’entre souffle,
les crépuscules, l’instant parfait,
la plénitude d’ici
quand d’autres parlent de demain

Je te danserai l’ailleurs, l’horizon en renaissance,
le lieu secret de l’homme qui s’expire,
il y aura cet à peine visible,
silence

Je te danserai les pistes et les déserts,
un mot balbutié sur la paupière de la nuit,
que tout s’enfuit, que tout reste,
qu’il n’est de battement que celui que l’on porte

Je te danserai la flamboyance de la mer,
la goutte d’eau puisée,
la vague qui fait les mondes,
l’empreinte de ton pied sur le sable mouillé

Je te danserai les brumes qui rendent aux yeux la fulgurance,
les silences des choses, les chants des mondes,
les animaux de l’aube et les premiers frissons,
la beauté de ce qui est et la silhouette tremblée de toi homme

Je te danserai les couleurs à peine rencontrées,
les livres qu’on n’écrira jamais,
la poésie enfermée dans la main,
les mots et les oiseaux, la trace et le rien

Et, au milieu de la nuit du monde,
l’heure bleue, celle des hommes en prières,
l’immensité de ce qui s’écoute,

Je te danserai l’éphémère et la silhouette…

(Mariem Mint Derwich)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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CETTE ÉCHARDE DE NÉANT (Carolyn Mary Kleefeld)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Carolyn Mary Kleefeld
    
CETTE ÉCHARDE DE NÉANT

Oh toi si éloigné
mais pourtant si intime dans
ta manière sereine de me posséder
Aimerais-je l’inconnu,
plutôt que toi ?

Est-ce la distance que nous gardons
qui fait naître notre intimité ?

Oh inconnu,
pourquoi ta voix enferme-t-elle
une telle richesse –
une richesse qui dilate
mon cœur faiblissant ?

Oh souffle de vie
suis-je à la recherche des étoiles
d’un rêve qui ne se réalisera jamais ?

N’y a t- il que cet oubli
de l’autre côté de la mort ?

Arrache-moi des ombres
qui décapent ma vie.

Prends-moi, enlace-moi
dans cette écharde de néant
où durant un instant
l’on ressent la perfection

***

THAT SLIVER OF NOTHINGNESS

O you, who are so distant,
yet so intimate in
your silent possession of me
Am I loving the unknown,
rather than you?

Is it the distance we keep
that breeds our intimacy?

O unknown one,
why does your voice
hold such richness –
a richness that brightens
my waning heart?

O breath of life,
am I searching for the stars
of a dream never to be?
Is there only this oblivion
outside of death?

Lurch me from the shadows
that leach my life.

Take me, embrace me
in that sliver of nothingness
that for a moment,
can feel so complete.

***

ESSA ESTILHA DO NADA

Ó, tu que estás tão distante,
mas tão íntimo na
tua silenciosa possessão de mim
estou amando o desconhecido
em vez de ti?

É a distância que mantemos
que gera a nossa intimidade?

Ó, desconhecido,
porque a tua voz tem
tais riquezas –
riquezas que iluminam
o meu coração minguante?
Ó, sopro da vida,

estou buscando as estrelas
de um sonho que nunca será?
Existe só este esquecimento
além da morte?

Tira-me das sombras
que misturam a minha vida.
Toma-me, abraça-me,
nessa estilha do nada
que por um momento
pode sentir-se tão completa.

***

ARGINTUL ACESTA VAN

Oh tu, care îmi ești străin,
și cunoscut deopotrivă
tăcut mă iei în stăpânire
oare iubesc necunoscutul,
cu mult mai mult decât pe tine?
E oare spațiul dintre noi
cel care dorul ni-l nutrește?
Oh tu, necunoscutul meu,
de ce îmi pare glasul tău
bogat nespus în nestemate
de ce când inima-mi inundă,
lumina lor, ea tot descrește?
Oh, tu suflare-a vieții mele,
deși te caut printre stele
ai să rămâi numai un vis?
E-adevărat că doar uitarea
va dăinui când vom pleca?
Dezleagă-mă de-acele umbre
care m-au prins în mreaja lor.
Cuprinde-mă-n îmbrățișarea
argintului acesta van
să simt măcar pentru o clipă
că visul mi s-a împlinit.

***

DE SPLINTER VAN HET NIETS

O, jij, die zo ver weg bent,
maar toch zo intiem in
jouw, zwijgzaam bezit van mij bent─
Bemin ik het onbekende,
in plaats van jou?
Is het de afstand die we houden
die onze vertrouwelijkheid doet ontstaan?
O onbekende,
waarom bevat jouw stem
zo een rijkdom─
een rijkdom die opfleurt
mijn tanend hart?
O levensadem,
ben ik op zoek naar de sterren
van een droom die nooit plaats zal vinden?
Is er alleen dit vergeten
aan gene zijde van de dood?
Ruk mij uit de schaduwen
die mijn leven uitlogen.
Neem me, omhels me
in die splinter van het niets
die een ogenblik lang,
zo volkomen voelt.

***

ESA ASTILLA DE LA NADA

Oh tú, que estás distante, tan distante, tú,
pero tan íntimo en
tu silenciosa posesión de mí –
¿Estoy amando lo desconocido,
en lugar de a ti?

¿Es la distancia que mantenemos
la que engendra nuestra intimidad?

Oh, desconocido,
¿por qué tu voz tiene
tales riquezas –
una riqueza que ilumina
mi decadente corazón?

Oh, aliento de vida,
¿estoy buscando las estrellas
de un sueño que nunca se cumplirá?
¿Sólo existe este olvido
fuera de la muerte?

Sácame de las sombras
que disuelven mi vida.
Tómame, abrázame
en esa astilla de la nada
para que, por un momento,
pueda sentirme tan completa.

***

***

FLÍS AF ENGU

Ó þú sem ert svo fjarri
en samt svo náinn
þegar þú gagntekur mig orðalaust –
Elska ég hinn ókunna
fremur en þig?

Er það fjarlægðin milli okkar
sem elur af sér nándina?

Ó ókunni maður,
hvers vegna býr rödd þín
yfir slíkum auði –
auði sem lýsir upp
mitt veikburða hjarta?

Ó lífsandi,
leita ég að stjörnum
úr draumi sem aldrei verður?

Er aðeins hyldýpi
handan dauðans?

Hreinsaðu mig af skuggunum
sem má út líf mitt.

Taktu mig, umvefðu mig
þessari flís af engu
sem andartaksstund
getur virst svo fullkomin.

***

***

JENER SPLITTER DES NICHTS

O du, der du so weit entfernt bist
doch so innig
still von mir Besitz genommen hast –
Liebe ich das Unbekannte,
eher als dich?

Ist es der Abstand, den wir halten
der unsere Vertrautheit erzeugt?

O Unbekannter,
Warum enthält deine Stimme
solchen Reichtum –
ein Reichtum, der
mein verlöschendes Herz erhellt?

O Lebensatem,
suche ich nach den Sternen
eines Traumes der sich nie erfüllt?

Gibt es nur dieses Vergessen
jenseits des Todes?
Ziehe mich aus den Schatten
die mein Leben auslaugen.
Fasse mich, umarme mich
in diesem Splitter des Nichts
der sich für einen Augenblick,
so vollkommen anfühlt.

***

QUELL’ ESILE FILO DI NULLA

O tu che sei così distante,
eppure così intimo nel
tuo silenzioso possesso di me –
amo io lo sconosciuto,
invece di te?

È la distanza che manteniamo
che fa crescere la nostra intimità?

O sconosciuto,
perché la tua voce contiene
tanta ricchezza? –
una ricchezza che illumina
il mio scemante cuore?

O fiato di vita,
son io in cerca di stelle
di un sogno che mai si avvererà?
Esiste solo quest’oblio fuori della morte?

Tirami con forza dalle ombre
che sciolgono la mia vita.
Prendimi, abbracciami
in quell’esile filo di nulla
che per un momento,
può farti sentire completa.

***

***

***

 

***

(Carolyn Mary Kleefeld)

 

Recueil: ITHACA 615
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Américain / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Espagnol Rafael Carcelén / Persan / Islandais Thor Stefánsson / Indi Jyotirmaya Thakur / Allemand Wolfgang Klinck / Italien Gaetano Cipolla / Arabe Sarah Silt / Japonais Naoshi Koriyama / Chinois William Zhou / Hébreu Dorit Wiseman /
Editions: POINT

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Secrets (Georges Friedenkraft)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Sigrid Hofmann
    
Secrets

Je ne peux te dire mes secrets
Car mes secrets mûrissent encore en moi
(Meier, poétesse chinoise contemporaine)

Je ne peux te dire mes secrets

Mes secrets sont des graines de fenouil
Enfermées dans leur prison d’humus
Mais qui rêvent de germer

Mes secrets sont des chenilles
Doucement assoupies dans la chaleur du cocon
Mais qui rêvent de devenir papillons

Je ne peux te révéler mes secrets si troubles
Ils te feraient rougir comme une écolière
Ils te feraient frémir comme un saule à la première brise

Non, laisse mes secrets mûrir en moi
Laisse-les exploser à la vie
Alors peut-être, si tu es patiente
Un jour je te les dirai

***

GEHEIMEN

Ik kan je mijn geheimen niet verklappen
Want mijn geheimen rijpen nog in mij
(Meier, hedendaagse Chinese dichteres)

Ik kan je mijn geheimen niet verklappen

Mijn geheimen zijn zaden van venkel
Opgesloten in hun gevangenis van humus
Maar die dromen om te ontkiemen
Mijn geheimen zijn rupsen
Rustig sluimerend in de warmte van de cocon
Maar die dromen om vlinders te worden
Ik kan je mijn warrige geheimen niet onthullen
Ze zouden je doen blozen als een schoolmeisje
Ze zouden je doen huiveren als een wilg in de eerste wind
Nee, laat mijn geheimen in mij rijpen
Laat ze ontploffen en tot leven komen
Dan misschien, als je geduldig bent,
Zal ik ze je op een dag verklappen .

***

SECRETS

I cannot tell you about my secrets
as my secrets are still ripening inside me
(Mei Er, contemporary Chinese poet)

I cannot tell you my secrets.

My secrets are seeds of fennel
locked up in their humus prison
but dreaming to germinate.

My secrets are caterpillars
gently asleep inside the warmth of the cocoon
but dreaming to become butterflies
I cannot reveal to you my shady secrets.
They would make you blush like a schoolgirl.
They would make you tremble like a willow at the first breeze.
No, let my secrets ripen inside me.
Let them explode to life,
and, maybe if you are patient,
one day I will talk to you about them.

***

SECRETOS

No puedo desvelarte mis secretos
Porque mis secretos aún maduran dentro de mí
(Mei Er, poeta contemporánea chino)

No puedo desvelarte mis secretos
Mis secretos son semillas de hinojo
Encerrados en su prisión de humus
Pero que sueñan con germinar
Mis secretos son gusanos
Dormitando suavemente al calor del capullo
Pero que sueñan convertirse en mariposas
No puedo revelarte mis secretos tan enmarañados
Que te sonrojarían como a una colegiala
Te estremecerían como a un sauce con la primera brisa
No, deja que mis secretos maduren en mí
Déjalos que se abran a la vida
Quizás entonces, si eres paciente
algún día te los desvelaré.

***

秘 密
我不能告诉你我的秘密
因为我的秘密还在我体内成熟
——中国当代诗人 梅尔

我不能告诉你我的秘密

我的秘密是茴香的种子
被关在他们的腐殖质监狱里
但在梦想发芽。

我的秘密是毛虫
温柔地睡在茧壳的温暖里
但在梦想着化蝶

我不能向你透露我暧昧的秘密。
它们会让你脸红得像个女学生。
它们会让你像柳树一样在初春风中颤抖。

不,让我的秘密在我体内成熟。
让它们爆炸成生命,
如果你有耐心的话,
总有一天我会和你谈起它们。

***

GEHEIMNISSE

Ich kann dir meine Geheimisse nicht sagen/enthüllen
Den meine Geheimnisse reifen noch in mir
(Mei Er, chinesische Lyrikerin der Gegenwart)

Ich kann dir meine Geheimnisse nicht enthüllen
Meine Geheimnisse sind Samen des Fenchels
In ihrem Gefängnis von Humus eingesperrt
Aber sie träumen davon, zu keimen.
Meine Geheimnisse sind Raupen
Ruhig schlummernd in der Wärme des Kokons
Aber sie träumen davon, Schmetterlinge zu werden
Ich kann dir meine wirren Geheimnisse nicht enthüllen
Sie würden dich wie ein Schulmädchen erröten lassen
Sie würden dich wie eine Weide in der ersten Brise schaudern lassen
Nein, lass meine Geheimnisse in mir reifen
Lass sie explodieren und Leben werden
Dann vielleicht, wenn du geduldig bist
Werde ich sie dir eines Tages erzählen.

(Georges Friedenkraft)

 

Recueil: Germain Droogenbroodt ITHACA 568
Traduction: Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Wan Hua Chapouthier –Stanley Barkan / Espagnol Rafael Carcelén / Chinois William Zhou / Allemand Wolfgang Klinck /
Editions:

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