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Aussi bien je me dirais joyeux (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Nicholas Roerich drops-of-life-1924 [1280x768]

Aussi bien je me dirais joyeux,
Car la joie est subtile et fait mal
— La pluie en fils soyeux
Traîne sur l’horizon pâle.

Aussi bien je me croirais aimé,
Car l’amour est étrange et cruel
— Le soleil d’un rire enflammé
Met du sang au bord du ciel.

J’ai honte et j’ai hâte de vivre
Dans le deuil et la mort du monde,
Je ne sais quelle route suivre ;
Mais j’entends mourir les secondes !…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



Illustration: Marie-Claude Gironde
    
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Dresse-moi comme un rameau d’olivier et sois ma colombe

Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Oh laisse-moi contempler ta beauté quand les témoins sont partis
Laisse-moi ressentir tes mouvement comme ils le font à Babylone
Montre-moi lentement ce dont je connais seulement les limites
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’au mariage maintenant, fais-moi danser et re-danser
Fais-moi danser tendrement et très longtemps
Nous sommes tout deux sous la coupe de l’amour, et bien au dessus
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’aux enfants qui demandent à naître
Fais-moi danser et passer les barrières que nos baisers ont brisées
Monte-toi un abri de toile désormais, mais sache que chaque fil est brisé
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Touche-moi à mains nues ou de ton gant
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

***

DANCE ME TO THE END OF LOVE

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic ’til I’m gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Oh let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the wedding now, dance me on and on
Dance me very tenderly and dance me very long
We’re both of us beneath our love, we’re both of us above
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dance me to the end of love

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic till I’m gathered safely in
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

(Leonard Cohen)

 

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RÉALGAR (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018


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Encore plus loin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Encore plus loin

Encore plus loin
que la route qui mène nulle part

(Stanislas Rodanski)

Tout entre
en résonance
chez les mordus d’éternité

insurgés plein soleil
toujours prompts au rebond
pied au plancher

ceux-là sont semblables
à des capteurs de particules
soufflées par les vents solaires

ne sommes-nous plus
que des pianos désaccordés
disent-ils

n’avons-nous plus rien
à faire entendre
aurions-nous égaré le verbe

capable
de faire résonner
notre la souverain

écoutons vraiment
écoutons
au plus chaviré

écoutons
ce bleu ardent
la plus ancienne lumière du monde

arpentant ses pistes enflammées
nous pouvons tout délaisser
nous retrouvons notre espace

notre souffle
notre centre
le centre des centres

celui qui se laisse porter
emporter par l’ardeur
est un archange de l’énergie

aimanté
sans fin par l’oeil
de la cible

il enlace les angles morts
glisse en bulle d’éternité
entre deux vies

calligraphiant une poésie ultrasensible
qui défie toute gravité
à l’écoute du chant

au fond des impasses
ou des neurones
il danse à chaque respiration

il sait le secret cher à Michaux
d’une pente
qui dévale vers le haut

bouche d’ombre
en souffle continu
frère d’embuscade

tourbillon somnambule
il retrace l’histoire de la lumière
à travers les espaces-temps

empli tout entier
d’un oui qu’il offre
à perte de coeur

il ne fait qu’un avec le mystère
et sa dimension frémissante
il vibre et vibre encore

une confiance étrange
nous vient soudain
étrange autant qu’illimitée

qui traverse le chant
à l’écoute de l’intuition fusante
à l’écoute du bleu ardent

comment laisser flotter les choses
en rebelle éveillé
comment se redonner de l’espace

comment retrouver cet art
si parfait
du contrôle des accidents

l’absolue justesse
du tempo de l’univers
le continuum de l’énergie

dix mille photons
lancés il y a cinq millions d’années
par quelque géante gazeuse

percutent à l’instant
notre rétine
larmes à ciel ouvert

se dessine
devant nos yeux éblouis
une perle de pur enthousiasme

plus démesurée
plus abyssale même
que le désespoir

sortons du labyrinthe
chevauchons le bleu ardent
captons l’alexandrin du big bang

(Zéno Bianu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Ardeur (Bruno Doucey)(Thierry Renard)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018




    
Étincelle.
Incandescence.
Rougeoiements du charbon enflammé.

Chaleur fiévreuse de l’été.
Vie, vivacité, vigueur et volupté.
Sens, sensualité,excitation, extase.

Fougue batailleuse ou conquérante, généreusement créatrice.
Combustion naturelle de l’existence.
Zèle des dieux qui sommeillent en nous
à la manière des rupestres dans leur abri sous roche…

Ardeur.

Le mot vibre de la charge solaire qui est en lui.
Qu’elles soient provençale, italienne ou espagnole,
ses parentés linguistiques puisent invariablement dans la même matière en fusion:
« ardeur » vient du latin ardor, de ardere qui signifie « brûler ».

(Bruno Doucey)(Thierry Renard)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Attente (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Bai Guowen   9687baiguowen-6

Attente

Monte, écureuil, monte au grand chêne,
Sur la branche des cieux prochaine,
Qui plie et tremble comme un jonc.
Cigogne, aux vieilles tours fidèle,
Oh ! vole et monte à tire-d’aile
De l’église à la citadelle,
Du haut clocher au grand donjon.

Vieux aigle, monte de ton aire
A la montagne centenaire
Que blanchit l’hiver éternel.
Et toi qu’en ta couche inquiète
Jamais l’aube ne vit muette,
Monte, monte, vive alouette,
Vive alouette, monte au ciel !

Et maintenant, du haut de l’arbre,
Des flèches de la tour de marbre,
Du grand mont, du ciel enflammé,
A l’horizon, parmi la brume,
Voyez-vous flotter une plume
Et courir un cheval qui fume,
Et revenir mon bien-aimé ?

(Victor Hugo)

Illustration: Bai Guowen 

 

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Et toi, tu resteras avec ton amour impossible (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



femme-a-cheval

Et toi, tu resteras avec ton amour impossible,
flamboyante, enflammée, chevauchant un cheval noir,
fille nue surgissant de la nuit sur la plage,
courant au son du galop, de la mer et du cœur,
et criant le nom de celui que tu aimes
avec une précision sauvage,
jusqu’à ce que tu crées des éclairs, des ténèbres,
et que l’abîme ouvre à tes pieds son magnifique gouffre
et que tout retourne au chaos primordial.

(Alejandra Pizarnik)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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LA TISSEUSE CÉLESTE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    

LA TISSEUSE CÉLESTE
Inconnu

Pourquoi donc l’homme, enflammé d’amour,
est-il si anxieux et si torturé, loin de l’être qu’il aime ?

L’un à l’ouest, l’autre à l’est du ciel,
nous voyons frémir, entre nous, le Fleuve d’Argent .

Le divin Bouvier , mon amant, ne se plaint pas, lui,
de l’arrêt qui nous condamne à ne nous réunir qu’une seule nuit chaque année.

C’est parce qu’il sait bien
que nous avons à nous toute l’éternité.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Donne-nous la force d’endurer un peu plus longtemps (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



Alexandra Domnec  pain_120916_detail_poisson

Les murs ne tombent pas
[29]

Donne-nous la force d’endurer
un peu plus longtemps,

maintenant que l’albâtre du coeur
est brisé ;

nous pourrions nous nourrir à jamais
du rayon de miel ambré

de ton salut remémoré,
mais le vieux-moi,

encore plus ou moins à l’aise dans le monde,
s’écrie avec colère,

j’ai faim, les enfants réclament à manger
et des pierres enflammées tombent sur eux ;

notre conscience nous laisse sans défense ;
ô, pour ta Présence

au milieu des filets de pêche
près des barques échouées sur la rive du lac ;

quand, dans les volutes de la fumée de bois,
diras-tu encore, comme tu l’as dit,

le poisson grillé est prêt,
voici le pain ?

***

Grant us strength to endure
a little longer,

now the heart’s alabaster
is broken;

we would feed forever
on the amber honey-comb

of your remembered greeting,
but the old-self,

still half at-home in the world,
cries out in anger,

I am hungry, the children cry for food
and flaming stones fall on them ;

our awareness leaves us defenceless;
O, for your Presence

among the fishing-nets
by the beached boats on the lake-edge;

when, in the drift of wood-smoke,
will you say again, as you said,

the baked fish is ready,
here is the bread?

(Hilda Doolittle)

Illustration: Alexandra Domnec

 

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Près de chaque être humain, il est une limite (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Près de chaque être humain, il est une limite
Que ne peuvent franchir ni passion ni tendresse.
Que des lèvres se joignent en un silence affreux!
Que l’amour mette un coeur en pièces!

L’amitié ne peut rien ici, ni les années
De haut bonheur, de bonheur enflammé,
Quand l’âme est libre, étrangère
À la lente langueur des voluptés.

Ceux qui la désirent sont fous, mais ceux qui
Y parviennent sont frappés par l’angoisse…
Voilà. Tu as compris pourquoi
Mon coeur ne bat pas sous ta main.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Irina Kotova

 

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