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Posts Tagged ‘enflammée’

Tu es mon auréole absente (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Tu es mon auréole absente

Mon armure enflammée, si je me désaltère
À ce fleuve d’absence il irrigue ma terre
D’angoisse — où je me vois comme un dragon sans feu
Sans arme, sans éclat,
mais reposant ses yeux.

(Olivier Larronde)

Illustration: William Blake

 

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J’avais froid (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Abdalieva Akzhan -  4

J’avais froid

Je l’ai rêvé ? c’eût été beau
De s’appeler ta bien-aimée ;
D’entrer sous ton aile enflammée,
Où l’on monte par le tombeau :
Il résume une vie entière,
Ce rêve lu dans un regard :
Je sais pourtant que ta paupière
En troubla mes jours par hasard.

Non, tu ne cherchais pas mes yeux
Quand tu leur appris la tendresse ;
Ton coeur s’essayait sans ivresse,
Il avait froid, sevré des cieux :
Seule aussi dans ma paix profonde,
Vois-tu ? j’avais froid comme toi,
Et ta vie, en s’ouvrant au monde,
Laissa tomber du feu sur moi.

Je t’aime comme un pauvre enfant
Soumis au ciel quand le ciel change ;
Je veux ce que tu veux, mon ange,
Je rends les fleurs qu’on me défend.
Couvre de larmes et de cendre,
Tout le ciel de mon avenir :
Tu m’élevas, fais-moi descendre ;
Dieu n’ôte pas le souvenir !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Abdalieva Akzhan

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Ame et jeunesse (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Sol Halabi - (11)

Ame et jeunesse

Puisque de l’enfance envolée
Le rêve blanc,
Comme l’oiseau dans la vallée,
Fuit d’un élan ;

Puisque mon auteur adorable
Me fait errer
Sur la terre où rien n’est durable
Que d’espérer ;

A moi jeunesse, abeille blonde
Aux ailes d’or !
Prenez une âme, et par le monde,
Prenons l’essor ;

Avançons, l’une emportant l’autre,
Lumière et fleur,
Vous sur ma foi, moi sur la vôtre,
Vers le bonheur !

Vous êtes, belle enfant, ma robe,
Perles et fil,
Le fin voile où je me dérobe
Dans mon exil.

Comme la mésange s’appuie
Au vert roseau,
Vous êtes le soutien qui plie ;
Je suis l’oiseau !

Bouquets défaits, tête penchée,
Du soir au jour,
Jeunesse ! On vous dirait fâchée
Contre l’amour.

L’amour luit d’orage en orage ;
Il faut souvent
Pour l’aborder bien du courage
Contre le vent !

L’amour c’est Dieu, jeunesse aimée !
Oh ! N’allez pas,
Pour trouver sa trace enflammée,
Chercher en bas :

En bas tout se corrompt, tout tombe,
Roses et miel ;
Les couronnes vont à la tombe,
L’amour au ciel !

Dans peu, bien peu, j’aurai beau faire :
Chemin courant,
Nous prendrons un chemin contraire,
En nous pleurant.

Vous habillerez une autre âme
Qui descendra,
Et toujours l’éternelle flamme
Vous nourrira !

Vous irez où va chanter l’heure,
Volant toujours ;
Vous irez où va l’eau qui pleure,
Où vont les jours ;

Jeunesse ! Vous irez dansante
A qui rira,
Quand la vieillesse pâlissante
M’enfermera !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Sol Halabi

 

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ETÉ (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



ETÉ
ET l’enfant répondit, pâmée
Sous la fourmillante caresse
De sa pantelante maîtresse :
« Je me meurs, ô ma bien-aimée !

« Je me meurs; ta gorge enflammée
Et lourde me soûle et m’oppresse;
Ta forte chair d’où sort l’ivresse
Est étrangement parfumée;

« Elle a, ta chair, le charme sombre
Des maturités estivales, —
Elle en a l’ambre, elle en a l’ombre;

« Ta voix tonne dans les rafales,
Et ta chevelure sanglante
Fuit brusquement dans la nuit lente. »

(Paul Verlaine)

Illustration: Irina Kotova

 

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TROP LOIN (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016



 

Peter Panov  - (5) [1280x768]

TROP LOIN

Tout se passe en silence
Le ciel est rétabli
Le soleil se balance
On vit sans rien de plus dans la douceur du sang

Où es-tu maintenant
Les jours se suivent se ressemblent
Les mains fragiles se rassemblent
Et la lumière est dure
L’homme a perdu son ombre au fond de la verdure

J’écoute
C’est bien moi
Je suis seul sur la route
Mon passé sur le dos
Dans ma gorge enflammée un bouquet de sanglots

(René Guy Cadou)

Illustration: Peter Panov

 

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