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Posts Tagged ‘enfoncé’

HÉRON MORT (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



 

    

HÉRON MORT

Enfoncé dans la boue du chaud marais,
aimé des insectes, en moi souffre
un héron mort.

Je me gave de lumière et de son;
en échos désolés
de temps en temps se plaint un souffle
oublié.

Pitié pour que je ne sois pas
sans voix et sans forme
dans la mémoire un jour.

***

AIRONE MORTO

Nella palude calda confitto al limo,
caro agli insetti, in me dolora
un airone morte.

Io mi divoro in luce e suono;
battuto in echi squallidi
da tempo a tempo geme un soffio
dimenticato.

Pietà, ch’io non dia
senza voci e figure
nella memoria un giorno.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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SILLAGES (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



SILLAGES

La neige où s’étouffent les vols
A retenu l’empreinte agile de ces pattes,
Les dessins envolés des oiseaux sur le sol.
Neige, feu blanc qui dors, épaisseur d’âme, ouate
Froide où je m’engourdis, quelles traces de pas
Enfoncés dans ma nuit tu me gardes sans moi !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

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Pour penser le malheur il faut le porter dans sa chair (Simone Weil)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

Pour penser le malheur il faut le porter dans sa chair
enfoncé très avant comme un clou,
et le porter longtemps afin que la pensée ait le temps
de devenir assez forte pour le regarder.

Heureux ceux pour qui le malheur entré dans la chair
est le malheur du monde lui-même à leur époque.
Ceux-là ont la possibilité et la fonction de connaître dans sa vérité,
de contempler dans sa réalité le malheur du monde.

C’est là, la fonction rédemptrice elle même.
Il y a vingt siècles dans l’Empire Romain,
le malheur de l’époque était l’esclavage,
dont la crucifixion était le terme extrême.

(Simone Weil)

Illustration: Jacques Barcat

 

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J’ai une peine (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




    
J’ai une peine, quelle peine!
J’ai une douleur, quelle douleur!
J’ai un clou enfoncé
dans le mitan du coeur.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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Nous vivons enfoncés dans la mort (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2016



 

Nous vivons enfoncés dans la mort,
si vivre est l’oubli de l’agonie que nous devons mener pour naître à notre vie.
Nous vivons enfoncés dans la mort comme les racines dans la terre.
Nous vivons notre mort.

Le soleil, chaque jour, monte et descend dans le ciel,
et sa lumière est cette boue où nos actes et nos regards font leur percée.
Mais la racine pourrit si le tronc est coupé et meurt d’être privée de ce qu’elle doit donner.

Pourquoi est-ce seulement dans le sommeil que nous nous dressons en sueur
au milieu de ces lianes, de ces graines en poussière et de ces jets de sève ?

Mais c’est tout éveillé qu’il nous faudrait craquer comme la graine crie et se fend,
jaillir au-dessus des insectes, des épis, des grands arbres,
des grands rocs, des grands nuages oublieux, de la nuit froide et creuse sous qui les astres pendent,
enfoncer la croûte du ciel et marcher dans les chemins où nous rencontrerons nos fruits.

(Luc Dietrich)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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L’absence (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



Ici présente
la vie même,

Et tout à coup
l’absence comme une pierre
comme des pierres
une à une enfoncées dans l’âme.

(Jean-Paul Hameury)


Illustration

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Reste l’amour (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016



 

Reste l’amour qui nous enlève de tout sans nous sauver de rien.

La solitude est en nous comme une lame, profondément enfoncée dans les chairs.
On ne pourrait nous l’enlever sans nous tuer aussitôt.
L’amour ne révoque pas la solitude. Il l’a parfait. il lui ouvre tout un espace pour brûler.

L’amour n’est rien de plus que cette brûlure, comme au blanc d’une flamme.
Une éclaircie dans le sang. Une lumière dans le souffle. Rien de plus.
Et pourtant il me semble que toute une vie serait légère penchée sur ce rien.
Légère, limpide : l’amour n’assombrit pas ce qu’il aime.
Il ne l’assombrit pas parce qu’il ne cherche pas à le prendre. il le touche sans le prendre.
Il le laisse aller et venir. Il le regarde s’éloigner, d’un pas si fin qu’on ne l’entend pas mourir :
éloge du peu, louange du faible.

L’amour s’en vient, l’amour s’en va. Toujours à son heure, jamais à la nôtre.
Il demande, pour venir, tout le ciel, toute la terre, toute la langue.
Il ne saurait tenir dans l’étroitesse d’un sens.
Il ne saurait même pas se se contenter d’un bonheur.

L’amour est liberté.
La liberté ne va pas avec le bonheur. Elle va avec la joie.
La joie est comme une échelle de lumière dans notre coeur.
Elle mène à bien plus, plus haut que nous, à bien plus haut qu’elle :
là où plus rien n’est à saisir, sinon l’insaisissable.

(Christian Bobin)

Illustration: Bill Viola

 

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J’ai envoyé trois fleurs séchées (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2015



J’ai envoyé trois fleurs séchées
Pour donner de mes nouvelles
Puis je me suis enfoncé dans la forêt

(Thierry Cazals)

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