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Poésie

Posts Tagged ‘enfoui’

ATTENTE AU PRINTEMPS (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



estampe

ATTENTE AU PRINTEMPS

Mon pays ravagé par la guerre
Il ne me reste plus que monts et fleuves

Le printemps arrive
La ville enfouie dans de folles herbes
Affligé, je laisse tomber mes larmes sur les fleurs
Et mes sanglots dispersent les oiseaux pris de peur

Les feux au front brûlent trois mois entiers
J’attends des nouvelles de ma famille
Qui me sont plus chères que l’or
Je gratte ma tête
Je caresse le peu de cheveux grisonnants qu’il me reste
Les épingles n’arrivent plus à les retenir

(Du Fu)

 

 

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La fente (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration:  Gustave Courbet
    
La fente

Si je regarde en toi fente

dans tes pentes dans tes plis sondant
Descendant par l’ombre et la moire à ton noir
Si je rôde et respire à tes alentours
Glissant du relief par la zone rose
Au secret gorgé de ce noir À la faille à la gorge, fente dans sa plissure avisant

Maintenant scrutant la buée belle à voir
Ce glissement à ta chaleur déjà liquide
Madame la fente où règne l’Odeur

O regardant par l’entaille le délice

de sueur, de fétide miel
Dans le val ce silence noir
De sombre suc musicien
Si descendant rôdant encore à cette orée
Je me tue à percer un chemin autre À la caverne visiteur épuisé de zèle
Quand la tonne parfumée exhale
Et coule en pluie à ta paroi

ruisselante robe définitive À ma bouche bien avant le drap des morts

O fente si je viens en toi

Par la langue et l’œil ouvrant ta nuit sacrée

Descendant par les haltes un songe noir comme un fleuve

Enfoui l’oubli muet dans tes pentes
Si j’allume au fond de la chambre
Cette lampe, fente, tes alentours sur la strie
Noire à l’ombre offrant la glu à me tuer
Visiteur encore rêvant mangeant la lumineuse suie

(Jacques Chessex)

 

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Cherche (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018


 


 

Cherche ce qui en toi équivaut aux racines
de l’arbre — nouées, boueuses, invisibles
nourricières. Et tiens tout cela obscur, enfoui,
à l’oeuvre.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Valérie Barcelo

 

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Que dit ton souffle, vent de nuit? (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
Que dit ton souffle, vent de nuit?
Que veut ta rage intempestive?
Ta voix étrange me poursuit,
Sonore ou sourdement plaintive.
Tu parles, dans ta langue à toi,
D’une souffrance sans paroles
Qui creuse et fait jaillir parfois
De l’âme des tempêtes folles.

Ne chante pas les chants enfouis
Du vieux chaos, de l’origine !
L’être de l’âme dans la nuit
Les sent si proches, les devine!
Il brûle, il cherche à fuir le corps,
Il veut se fondre au sans-limite…
Laisse étouffer ce feu qui dort,
C’est le chaos qu’il ressuscite!…

(Fiodor Tiouttchev)

 

Recueil: Le soleil d’Alexandre Le Cercle de Pouchkine
Traduction: André Markowicz
Editions: Actes Sud

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Une dentelle s’abolit (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: Karen Lamonte
    
Une dentelle s’abolit
Dans le doute du Jeu suprême
A n’entr’ouvrir comme un blasphème
Qu’absence éternelle de lit.

Cet unanime blanc conflit
D’une guirlande avec la même,
Enfoui contre la vitre blême
Flotte plus qu’il n’ensevelit.

Mais, chez qui du rêve se dore
Tristement dort une mandore
Au creux néant musicien

Telle que vers quelque fenêtre
Selon nul ventre que le sein,
Filial on aurait pu naître.

(Stéphane Mallarmé)

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De l’eau… de l’eau (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



 

Theodore Clement Steele  morning-by-the-stream-1893 [1280x768]

De l’eau… de l’eau

J´ai traversé plus d´une fois le désert
Pour retrouver tous les trésors enfouis,
Les fabuleuses richesses millénaires,
Mais je n´ai plus qu´un seul rêve la nuit :

{Refrain:}
De l´eau, de l´eau fraîche pour ma gorge
Qui se dessèche, de l´eau…
Par pitié, de l´eau…

Le ciel trop clair, le soleil trop brûlant
M´ont aveuglé, m´ont fait perdre l´esprit.
Je donnerais mon or pour une caresse du vent
Et, pour calmer la soif qui me poursuit,

{Refrain}

Un jour, je sais, la vie quittera mon corps
En plein milieu de ce maudit désert.
Le sable blanc sera mon lit de mort,
Mais je verrai par mes yeux entrouverts

{Refrain}

Alors, mon Dieu qui m´accueillerez là-haut,
Faites qu´avant que je quitte la terre
Je puisse entendre la chanson de l´eau
Et découvrir au creux d´une rivière

{Refrain}

(Georges Moustaki)

Illustration: Theodore Clement Steele 

 

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IL N’Y A PLUS QUE ÇA À FAIRE (Yves Artufel)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



    

IL N’Y A PLUS QUE ÇA À FAIRE

Tes yeux bleu cigale à présent
sont enfouis dans l’étang des regards oubliés
je vais planter ma fleur de détresse
dans ce terreau de tous les amours
et la regarder pousser vers l’écorce vide du ciel

(Yves Artufel)

 

 

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L’occulte est né de la paresse (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




    
Je ne crois pas qu’il y ait un monde occulte ou quelque chose de caché au monde,
je ne crois pas qu’il y ait sous le réel apparent
des étages enfouis ou refoulés de notions, de perceptions, de réalités, ou de vérités.

Je crois que tout l’essentiel surtout fut toujours à découvert et en surface
et que ça a coulé à pic et au fond
parce que les hommes n’ont pas su et pas voulu le maintenir.
C’est tout.

L’occulte est né de la paresse,
mais n’en est pas devenu occulte,
c’est à dire irrévélable, pour cela.

(Antonin Artaud)

 

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Avant d’écrire (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Avant d’écrire, il y a toujours un immense silence,
emmagasiné, intériorisé, enfoui.

Après avoir écrit, on tombe dans un silence nouveau,
où tout vibre, comme de jeunes pousses.

Encore doit-on écrire de telle façon que les silencieux s’ y reconnaissent
et se mettent à parler un peu plus souvent, et plus fort,
inventent à leur tour une parole.

Sinon, l’ écriture ne sert pas à grand-chose

(Alain Jouffroy)

 

Recueil: Être-Avec
Traduction:
Editions: De la Différence

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Une alvéole exiguë (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Une alvéole
exiguë
au plus reculé
du plus enfoui

un silence
d’abîme

hors du temps
mêlé à l’humus
l’être se déploie
vague dans
le sans-limite

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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