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Poésie

Posts Tagged ‘engendré’

Amour (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019




    
Amour

Amour, tu ne reviens plus vers mes yeux morts;
et comme mon coeur idéaliste te pleure.
Mes calices attendent tous ouverts
tes hosties d’automne et tes vins d’aurore.

Amour, croix divine, abreuve mes déserts
de ton sang d’astres qui rêve et qui pleure.
Amour, tu ne reviens plus vers mes yeux morts
qui redoutent et désirent tes larmes d’aurore!

Amour, je ne t’aime pas quand tu es distant
balançant entre tes fards de joyeuse bacchante,
et tes traits fragiles et fades de femme.

Amour, viens sans chair, d’un ichor qui étonnera;
et que moi, comme un Dieu, je sois l’homme
qui aime et engendre sans plaisir sensuel!

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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T’en souviens-tu, Sarah ? (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



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T’en souviens-tu, Sarah ?
La mort s’est abattue sur toi et sur les hommes.
Plus pressée que d’habitude. Cette mort-là n’est pas celle que nos sages
nous ont appris à respecter et à aimer.
Mort engendrée par la haine.

T’en souviens-tu, Sarah ?
En ce temps-là – temps de misère et de guerre – des millions d’hommes étaient partis
en croisade contre le nez, la bouche ; contre le front et l’âme d’une fraction de leurs
semblables dont les poitrines se rétrécissaient, dont les paumes avaient glissé le long des hanches.

Sarah, t’en souviens-tu ?
En ce temps-là – ceci se passait à l’intérieur de la parole donnée, glorifiée, répandue –
l’adolescent avait vu père et mère pris au piège, devenir le centre foisonnant d’une rafle,
le fardeau d’une rose humiliée et disparaître avec son parfum…

En ce temps-là, en ce temps-là – Sarah, t’en souviens-tu ? –
le crachat du conquérant, dans la nuit, rivalisait d’éclat avec l’étoile étirée
et le monde voguait sans mât (…)

(Edmond Jabès)

 

 

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Nul être n’est ni engendré, ni détruit (Anaxagore)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Nul être n’est ni engendré, ni détruit
mais tout se trouve composé et discriminé à partir des choses qui existent.
Ainsi conviendrait-il de désigner plus correctement
la génération par la composition et la mort par celui de discrimination.

(Anaxagore)

 

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Le Tao est le vide (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2016



Le Tao est le vide,
mais le vide
est inépuisable.
C’est un abîme vertigineux.
Insondable.
De lui
sont sortis
tous ceux qui vivent.
Eternellement,
il émousse ce qui est aigu,
dénoue le fil des existences,
fait jaillir la lumière.
Du rien, crée toute chose.
Sa pureté est indicible.
Il n’a pas de commencement.
Il est.
Nul ne l’a engendré.
Il était déjà là
quand naquit le maître du ciel.

(Lao Tseu)

Illustration et Vide Quantique

 

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