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Poésie

Posts Tagged ‘englué’

Maison sans racines (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Maison sans racines

Engluée dans tes mailles
Vissée à tes ancrages
Couvant parures et biens

Je me défais de tes cordages
Te laisse à tes façades
A tes entraves de mille riens

Pour célébrer
La Maison sans racines
Entre ses murs dévêtus.

(Andrée Chedid)

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L’HOMME MORT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

Michael Page 1979 - American Pop Surrealism painter -   (14) [1280x768]

L’HOMME MORT

Lui, parmi les étoiles,
Dans la toile d’araignée des astres englué,
Oscillant comme au vent
A travers les ténèbres,
Lui, marqué au front par les étoiles,
Les étoiles, les étoiles lui consumant le coeur,
Lui, près de l’arbre blanc conçu,
Il s’en va.

Une once de soleil et de vent,
Deux doigts de rire,
Encore une parole
Et tu pourras partir.

Son visage est en sang.
Il s’en va.
Comme parmi les étoiles et les arbres.
Les étoiles le marquent au front.
Il s’en va
Au pays des étoiles et des arbres,
Des orages de l’âme.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Michael Page

 

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La Terre est à jamais fermée sous mes pas (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Pablo Picasso
    
La Terre est à jamais fermée sous mes pas
avec autour d’eux le désir insensé des moissons.
Je ne suis en vie que dans la nuit d’une chambre
située à n’importe quel étage du monde.

Des mots que je ne peux, que je ne sais pas dire,
des visages mal remplis par le souvenir que j’en ai
m’abordent avec l’insistance du feu
qui fait se lever et se coucher chaque jour.

Je passerai toute ma vie à chercher
les mots qui ont soudé mon visage au tien.
Mon front à peine haut comme la main
contient le ciel qui tombe de toutes parts.

Le désir est un souffle chaud qui m’accable
et se plaque contre moi comme le vent :
il ne reste pas sous ma peau une goutte de sang
qui ne vienne, mal éclairée, à sa rencontre.

Le désir est en moi, englué dans ma chair,
comme une forêt l’est en pleine terre.
C’est lui qui me force à crier mon chant de vie
quand la mort bat plus fort que mon coeur
et qu’elle est déjà couchée sur moi, front contre front.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Cette parole innocente, nous l’avons entendue (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2016


 

Cette parole innocente, nous l’avons entendue.
Sans la reconnaître. Englués que nous sommes dans le monde des images.

La parole a surgi de l’obscur. Ne disant rien d’autre que notre silence.
Notre vide. Portant en elle pourtant tout le secret.

Un grand silence nous a saisis.
Et nous n’avons eu à offrir que notre écoute.

Comment notre vie ne serait-elle tout entière pleine de ce silence ?

(Gérard Pfister)

 

 

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Chanson persane (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2015



Corine Dardel ambre

Chanson persane

Celle qui tiens mon cœur m’a dit languissamment :
« Pourquoi donc es-tu triste et pâle, ô mon Charmant ? »
M’a dit languissamment celle qui tient mon cœur.

Celle qui tient mon cœur m’a dit moqueusement :
« Quel miel d’amour a donc englué mon Charmant ? »
M’a dit moqueusement celle qui tient mon cœur.

Moi, j’ai pris un miroir et j’ai dit à la Belle :
« Regarde en ce miroir, regarde, ô ma cruelle ! »
Et j’ai dit à la Belle, en brisant le miroir :

« Comme une perle d’ambre attire un brin de paille,
La langueur de ton teint m’appelle, je défaille,
Je suis le brin de paille et toi la perle d’ambre. »

« Apportez-moi des fleurs fleurantes et des cinnames
Pour ranimer le cœur de mon Roi qui se pâme,
Des cinnames pour son âme et des fleurs pour son son cœur ! »

(Remy de Gourmont)

Illustration: Corine Dardel

 

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Au lacs bleu de tes veines (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2015



 

Alexander Maranov (c2) [1280x768]

Au lacs bleu de tes veines
Des oiseaux se méprennent
Aux branches de ton sang
Des oiseaux ont pris rang
C’est un silence d’oiseaux
Au long de tes vaisseaux
C’est un silence de sang
Qui vers la nuit se rend
C’est un silence de vie
Qui vers la mort descend
C’est un silence d’amour
De vie de feuille d’un jour

Sur l’arbre bleu de tes veines
Ce n’est que prison d’ailes
Capture du chasseur à l’appeau
Qu’il tendait avide aux oiseaux
Chasseur de lui-même englué
Par la proie de lui convoitée
Au lacs bleu de tes vaisseaux
Je ne suis plus qu’un oiseau
Aux branches nues de ton corps
Qu’à voix douce la neige endort
Dans un silence qui ne s’achève
De chair de chaleur de rêve

(Max-Pol Fouchet)

Illustration: Alexander Maranov

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