Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘engrosser’

Les femmes (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
Les femmes

Les femmes nous les enfermons
dans des cavernes muettes,
des cuisines, des souillardes,
des placards, des caves, des soupentes.

Nous les tenons serrées de linges noirs,
de la tête aux orteils.

Avec zèle, nous les engrossons
de futurs barbus.

Les adultères, nous les enterrons vives.
Les rebelles, nous les égorgeons.

Dieu nous promet une juteuse éternité
de voluptés célestes.

Dans cette attente,
de temps à autre,
nous violons quelques infidèles.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Sur le rivage (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2015



Sur le rivage

L’air tremble au-dessus du rivage
Au milieu d’un délire de mâts
Je respire l’odeur des vagues

La terre presse ses lèvres
Sur la gorge nue de la mer
Entre nuage et écume
Entre vol et immobilité
Un cormoran plane
A ras des flots que rythme
Le diapason du vent

Sous un ciel engrossé de nuages
Nous rêvons sur un tapis de sable
Incrusté de coquillages
Où tu te couvres d’algues
Pour couvrir ta nudité
Au regard des passants
Qui longent les plages
A la recherche de coups d’oeil
Tandis que la mer noie ses poissons

Au bout de nos mains
La mer berce la baie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

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Été avec toi (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2015



Été avec toi

L’été nous rassasie d’odeurs
Et de couleurs qui chatoient
Dans l’herbe grasse
Des prairies où se lève
Une aube de lait
Sur la rousseur des bovins
À l’ombre de l’arbre
Qui tressaille sous son écorce

Blanc visage du jour
Le vent dévale la pente
Et notre village jaillit
Dans un cantique de lumière

Le soleil engrosse la terre féconde
De fruits d’oiseaux
De fleurs hautes comme des arbustes
Où la moindre goutte de rosée
Enfante tout un arc-en-ciel

Le vent du large soulève ta robe
Son souffle humide baigne ton corps
Et ton visage rit comme une fleur
Tu prêtes la couleur de tes yeux
À la vague qui s’en empare à jamais
Et tu laisses tes rêves voguer
Au gré des flots vers des îles
Que tu imagines derrière l’horizon

Le soir tombe sur nous comme un caillou.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Gaëlle Boissonnard

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